Adèle nous a parlé de la dysmorphophobie

Dimanche 26 juin//118 mars à 15h


 

Le rapport du sujet à son corps est en prise avec l’institution médicale de la naissance à la mort. Si la santé est au cœur de cette emprise, l’image y tient aussi un rôle privilégié, depuis qu’elle est considérée comme constituante du bien-être de l’individu. En effet, dans le domaine de l’ophtalmologie par exemple, les prothèses oculaires proposées au patient ne permettent pas de mieux voir, elles ne tendent pas à réparer ni à remplacer la fonction de l’organe, mais à assurer sa consistance dans l’image, que ce soit celle renvoyée par le miroir ou dans le regard des autres. Et ceci est pleinement pris dans le protocole de soin, ce qui d’ailleurs favorise l’émergence d’une plainte à la fois en dehors et en dedans du corps malade : l’image malade du corps.

La nouvelle définition de la santé comportant le droit au « bien-être » et la transformation du patient en usager est en train de déplacer le diagnostique médical vers un diagnostique de la demande dans une logique préventive. Le texte tente ainsi la responsabilisation du patient, en pariant sur « la vitalité de notre démocratie sanitaire » avec le développement croissant de l’anthropotechnie dans les pratiques de soin. Par la demande de mieux-être, le patient contribue ainsi à son capital santé. Mais quels sont les critères qui déterminent la légitimité de la demande ? Quelle demande est, ou non, susceptible d’être reçue comme bien fondée au regard du droit au « bien-être » ? Le terme de dysmorphophobie apparait comme ce qui fait résistance à une « satisfaction pour tous » de l’offre orthodontico-chirurgicale, sur la base de critères exclusivement médicaux.

Références

 Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 sur les droits des patients et usagers dans le système de santé.

Sauret M., «Incidences du libéralisme sur l’évolution des métiers de la clinique», Recherches en psychanalyse 2011/2 (n° 12), p. 114 à 123.

Birman J., «Sujet et pouvoir dans la contemporanéité», Recherches en psychanalyse 2013/1 (n° 15), p. 11 à 22.

Foucault, M. (1963). Naissance de la clinique. Une archéologie du regard médical. Paris, Presses Universitaires de France, 1963.

Squverer A., «Du malaise dans la culture à une culture en corps», Recherches en psychanalyse 2014/1 (n° 17), p. 17 à 26

Morselli E. Sulla dismorfofobia e sulla tafefobia. Boll Accad Med Genova 1891 ; 6 : 110-119

Linhares A., «De la chair à l’image», Champ psy 2005/3 (no 39), p. 97 à 110.

 


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