Atelier éduc’pop 48 « quelle société veut-on? » Partie 2 : Gestion des richesses et des biens communs (6)

Dimanche 19 novembre 2017


Sur la Place de la République, la 48ème session de notre atelier educ’pop a eu lieu. Nous avons commencé la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.
Cette fois, nous avons parlé de la gestion des richesses et des biens communs.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

L’enregistrement audio est à la fin du compte rendu écrit.

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencé il y a quelques mois à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

Prochain atelier prévu Place de la République dimanche 26 novembre de 14h à 16h, nous ouvrirons les propositions portant sur le gouvernement…


CR atelier éduc’pop 48 « quelle société veut-on ? »

Gestion des richesses et des biens communs Partie 4

 

 

Lecture du CR précédent

 

Une société sans argent ?

 

  • Cela suppose de changer les mentalités, ne plus poser l’argent comme but. Au niveau local, commencer par des échanges de service, des matières premières et des compétences sans en passer par l’argent. Le problème est surtout au niveau des moyens de production. Remplacer les échanges monétaires par un échange de service avec un co-apprentissage. A la ZAD, il y a ce fonctionnement local mais qui reste en partie dépendant des apports monétaires extérieurs.
  • Que tout le monde soit mis à zéro en redistribuant ce qui est disponible, arrêter la création monétaire, les crédits et la spéculation. Utiliser seulement l’argent qui circule actuellement.
  • La monnaie locale peut autant être détournée que l’argent actuellement. C’est un outil supplémentaire qui renforce aussi la dimension identitaire. Sortir de l’argent ne permettra pas de sortir des logiques de domination. Cela suppose au niveau national une société de droit avec une propriété d’usage de base (on a le droit de disposer d’un bien tant qu’on en a besoin) et sa limite à partir de laquelle ce serait redistribué. Dans ce cas l’argent demeurera un simple moyen et non plus une fin. Pour ce qui est des ressources rares, ce serait propriété de l’humanité à penser seulement en termes d’usage à long terme. Cela ne signifie pas faire un tout étatique comme dans le communisme.
  • Diminuer la valeur de l’argent en démonétisant le travail et en retrouvant une société de droits inaliénables : accès à un logement, à la nourriture, eau, etc… Le travail servirait alors à développer des services, faire des projets ensemble dont chacun.e est directement bénéficiaire sans argent, donc un travail déspécialisé.
  • Il y a du gratuit qui se met en place (bus, vélo) et ça pourrait être étendu à la culture, comme participatif et pas comme un dû : rendre nous-mêmes ce dont nous n’avons pas besoin en libre-accès gratuit ou à échanger. Dans certains lieux (immeubles, caves…) il y a déjà des échanges, comme dans les relations amicales nous devons être capables d’étendre la confiance. Il y a aussi des boutiques de réparation/échanges qui existent en ce sens. Solliciter les grosses enseignes pour qu’elles soient aussi des lieux où l’on peut ce dont on ne se sert plus et récupérer ce qui est laissé. Cela éviterait de diviser les lieux et une plus grande mixité : on verra à ce moment là ce qui manque réellement et doit être créé, par rapport à ce qui ne répond qu’au désir de consommation. Si les grandes surfaces refusent, on pourrait installer des stands devant, également sur des lieux de passage (c’est le système des vides greniers). Est-ce que l’Etat pourrait créer un service public du troc sans bénéfices, dans une visée écologique ? Qu’il y ait des ressourceries partout dans les milieux urbains, de même dans les décharges.
  • Mettre en place des pots communs de compétences à échanger : des quartiers entiers ont été construits par les ouvriers eux-mêmes dans les années 50. ça n’a pas duré car on a imposé aux entrepreneurs de s’en charger (commandes d’Etat).
  • Une société sans argent est plus facile à mettre en place en campagne qu’en ville car l’économie monétaire y est limitée, les relations de proximité et les échanges directs sont restés. Vivre sans argent c’est facile seulement en microsociété car ça suppose une autonomie. Ça pourrait commencer en ville par brasser sa propre bière, ce qui suppose de changer la temporalité par rapport à notre mode de consommation : le numérique peut aider la simultanéité des besoins réciproques.
  • Pour Aristote, l’origine de l’argent s’est faite dans l’Agora : le troc posait souvent le problème de disjonction temporel entre ce qui est dispo et ce dont on a besoin, d’où la classe des commerçants s’est développée pour acheter les produits des artisans et les revendre en même temps au même endroit, avec une commission prise. Pour les sumériens, c’était seulement pour les transactions lourdes internationales qu’on utilisait l’argent. Dans une société sans argent, les commerçants seraient ceux qui font circuler les produits, l’échange se situerait dans un accueil chez les habitants de ces commerçants. C’est ce qui se passait dans les politiques africaines, des nomades faisaient circuler des matières non accessibles en fonction des lieux et ils étaient hébergés chez l’habitant. Ça s’est arrêté avec la colonisation par la monopolisation des matières premières.
  • Au niveau de la santé, même si on retrouve les savoirs ancestraux, il y a un coût de plus en plus important avec la technicisation. Peut-être qu’avant de développer des technologies très couteuse, on devrait d’abord se demander comme limite si tout le monde pourra y avoir accès (penser la qualité des soins sous condition de l’égalité d’accès). Pour tout ce qui est technique, il y a ce problème de coût de fabrication, même s’il est socialisé. Déjà si on enlève les brevets ça réduit considérablement des coûts, ne reste que celui des matières premières et de la fabrication. On pourra aussi retirer tous les problèmes que l’argent et la précarité produisent sur la santé : mal-bouffe, stress, insalubrité, abus, pollution… Cela suppose aussi de cesser la surmédicalisation, revoir le rapport à la maladie et à la mort. Transmettre les savoirs de l’herboristerie et les autres médecines naturelles, qui seraient alors accessibles sans argent comme pour les jardins partagés. Dans la culture de l’échange symbolique, c’était un honneur d’être guérisseur, alors que l’argent a rendu le rôle de médecin comme marchand parmi d’autres, ce qui produit bcp de souffrance au travail.

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