Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » (Partie 2) – 44 : l’écologie (3)

Dimanche 15 octobre 2017 à 15h


Sur la Place de la République, debout éducation populaire a fait son atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 44 sur l’écologie. Nous avons commencé la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencé il y a 2 mois à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 45ème séance de l’atelier est prévue samedi 21 octobre de 15h à 17h Place de la République, nous poursuivrons le thème « gestion des richesses et des biens communs ».


CR Atelier éduc’pop session 45 « l’écologie» (15/10/17)

Partie 2 : comment à partir d’aujourd’hui arriver aux propositions récoltées

Sortir de la standardisation pour plus de qualité

  • Éviter les conserves et les surgelés et multiplier les variétés des aliments disponibles : produire d’autres aliments qui sont délaissés alors qu’ils ont de très bons apports (contrairement aux nombreuses variétés de pommes transgéniques dont les pieds ne peuvent pas se reproduire). Que les valeurs nutritives soient écrites sur les aliments pour qu’on ne se fixe plus seulement sur l’aspect esthétique : ça changera le rapport qualité/prix/quantité. Il y a pleins de fruits et légumes que l’on ne connaît pas, dans les années 50-60 en France le producteur arrivait directement auprès des consommateurs pour vendre ses produits et dire comment ils étaient cultivés.
  • Dans le projet contre Europacity, la petite parcelle cultivée a permis de produire plus de 100kg de légumes sans produits chimiques. Mettre des jardins cultivés dans les écoles est d’un grand apport éducatif (connaissance du vivant, rapport à la terre, moindre coût, les enfants sont valorisés en rapportant les légumes chez eux…). A Versailles, ça s’est diffusé grâce au travail d’une paysagiste et cela a été répété aux pieds des cités pour que les enfants puissent continuer avec leur famille. Au niveau de l’hygiène dans les cantines, cela se passe de la même façon que dans une cantine traditionnelle, sauf que les enfants participent. Le fait que les jardins partagés soient ouverts et sur des lieux de passage donne une curiosité et une mixité intergénérationnelle et sociale : c’est le cas à Versailles.
  • Est-ce que les personnes accepteraient de se réguler pour respecter les saisons ? D’un côté on aime bien le cycle saisonnier qui rythme notre année, et la plupart des légumes existent en différentes variétés qui se déploient dans l’année. On peut faire des conserves avec des produits naturels, les sécher, etc et garder ainsi la qualité nutritive des aliments. Cela n’empêche qu’on puisse avoir accès à des ressources qui viennent de plus loin avec un système d’échange.

 

Rester sur la valeur d’usage, sortir des images, limiter l’argent :

  • Dans son livre « société de consommation » Jean Baudrillard montre que l’argent a un coût lui-même pour faire fonctionner la société, plus que ça nous apporte. On n’est pas sur la valeur réelle des objets, associée au besoin qu’on en a, mais sur l’image qu’ils évoquent dans le marketing. Que toutes les choses primaires soient de plus en plus en accès direct, sans argent. Edouard Bernays (neveu de Freud) a lancé la publicité aux E.U. Telle qu’on la connait encore actuellement : en distinguant le besoin du désir qui fait vendre (voir aussi Mandeville, La fable des abeilles). La valeur d’échange met les produits en concurrence les uns avec les autres, sans prendre en compte leur valeur d’usage (par ex on regarde la marque d’un tee-shirt plus que sa qualité) : la consommation se fait en fonction de l’offre et la demande et pas en fonction des besoins, au point que ceux-là ne sont pas comblés pour tous. La publicité mensongère nous a fait croire que l’eau du robinet était moins bonne que l’eau en bouteille pour faire du profit.
  • Si l’État était démocratique, les personnes décideraient elles-mêmes et auraient accès aux ressources et à ce qu’elles produisent. La vie elle-même devient une valeur d’échange, nous sommes des produits à vendre sur le marché du travail.  Dans le PNB on additionne produits utiles et produits inutiles : l’économie de la valeur d’échange voile tout ce qui manque au niveau des besoins. Cela est favorisé par les banques et la spéculation, l’argent permet d’avoir le contrôle sur les personnes car tout est marchandise. Commencer par des monnaies alternatives sans spéculation qui favorisent les échanges locaux et le troc : par exemple l’Occitanie https://www.monnaielibreoccitanie.org/#decouvrir
  • Pour se passer de l’argent, apprendre à échanger ce que l’on a et ce que l’on sait faire. Même l’échange de services est pris dans le monopole de l’argent : commencer avec des rencontres de proximité, pour se passer du tiers monnaie avec un rapport de confiance (la monnaie efface le fait qu’au fond on se méfie de l’autre, il faut que la valeur de son produit soit définie par ce tiers monnaie). La cryptomonnaie est décentralisée mais est aussi soumise à la spéculation.
  • Changer la perception des ressources naturelles en les faisant passer dans les biens communs de l’humanité avec une juridiction très stricte. Imaginer une forme de sécurité alimentaire mondiale redistributive avec des cotisations pour que des terres agricoles sociales permettent de nourrir tous ceux qui n’ont pas accès aux besoins premiers. Avoir aussi un droit universel d’accès au numérique.
  • La valeur liée au capital humain fait que pour se développer il faut « être différent des autres » : c’est la course à l’innovation fictive car plus on essaie d’être différent pour être reconnu comme existant, plus on est tous pareils (c’est comme de modifier son corps pour se sentir soi). Revaloriser des choses comme l’ennui, la paresse, la discrétion, la gentillesse… Le pb n’est pas la valeur, c’est qu’elle est attachée à l’économie : penser en terme de qualité humaine, hors compétition. Aller vers le souci de soi de Foucault sans que cela devienne un impératif surmoïque mais un art de vivre, à inventer selon chacun, qui produise des échanges et des rencontres.
  • On est pris dans l’ordre des pronoms et ce qu’ils posent comme divisions : nous/eux/il faut/on doit… Cela efface la responsabilité de ceux qui font des choix pour les autres : repenser en terme de « je ». Ce qui est mis dans le marché c’est de la création, ce n’est pas de soi, ce n’est pas soi que l’on doit vendre, mais ce que l’on veut bien donner. Le cours de Foucault sur « le courage de la vérité » parle de la paresia comme du « dire vrai » : on met sa peau en jeux, on est responsable de sa pensée, de ses dires, et de ce que ça peut engendrer. Celui qui a le courage de vérité devrait être reconnu plutôt que méprisé comme c’est le cas dans notre culture du semblant et du mensonge. Bourdieu parle de la ruse des faibles, dans la capacité d’encaisser qui fonde le contrat social. Peut-on parler de soucis de soi dans une société de méfiance où on attend des retours ?
  • La dématérialisation nous retire l’accès aux ressources et aux autres (rapport de force qui supprime le facteur humain). L’acte de faire est important : ce que l’on fait avec la bibliothèque gratuite « biblio debout » ce n’est que de la valeur d’usage sans lien à l’argent.

 

Passer du système économique à un système écologique

  • un système écologique suppose des échanges entre les milieux sans poser des identités séparées ni des propriétés définies (pas de tiers argent). C’est aussi sortir des déchets et de la dette avec la permaculture et le recyclage. L’enjeu écologique c’est le futur car cela concerne chacun.e et ses enfants, quelle que soit le courant politique (mais les riches croient pouvoir s’en sortir même s’ils continuent de polluer, au détriment des pauvres). Abandonner économisme pour passer à l’écologie sociale : l’économie est pensée en terme d’infini, l’écologie en cycles et en limité. Ce qui disparaît ne revient pas, ce qui est pollué met de plus en plus de temps à se régénérer. L’écologie s’appuie sur la technique et le savoir-faire : on ne ment pas avec la terre comme on peut le faire avec l’argent. Le pb est la pensée technologique et utilitariste plus que scientifique.
  • Beaucoup ne se sentent pas responsables, comme individus, du désastre écologique, pointant les grands industriels : la doxa a développé dans l’opinion qu’on est individuellement responsable pour ne pas les mettre en procès. Le pb est de participer à ce système en consommant leur production. Le tri c’est une injonction à faire des déchets, on devrait s’organiser collectivement pour faire les procès des grands pollueurs pour crime contre l’humanité. Il y a un principe de précaution en France, on devrait refuser sur le marché ce qui nuit à la santé et à l’écologie (OGM, nucléaire) : nécessité d’un contrôle citoyen et pas institutionnel dans les entreprises. Même si on dépend de l’argent, on peut développer autour de nous le maximum pour sortir de l’ordre économique. Penser un système qui ne serait basé que sur du temps, que ce soit l’étalon de valeur ? Même quand l’État cherche à réguler les multinationales, c’est impossible (ex faire payer des impôts à Google).

    https://www.mixcloud.com/Debout_Education_Populaire/atelier-%C3%A9ducpop-45-quelle-soci%C3%A9t%C3%A9-veut-on-partie-ii-sur-l%C3%A9cologie-3/

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