Atelier debout éduc’pop « quelle société veut-on? » session 29 : Commerce international (2)

Dimanche 30 avril 2017 //426 mars à 14h.


Sur la place de la République, nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 30 ème séance de l’atelier est prévue dimanche 7 mai de 14h à 16h.


 CR atelier éduc’pop du dimanche 30 avril 2017 // 426 mars

« quelle société veut-on ? » session 29 : Commerce International (2)

Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact.


 Lecture du CR précédent

  • Les nouvelles technologies favorisent d’extension du commerce international en le rendant plus abstrait et moins accessible. Produire à l’échelle locale est très difficile, autant pour ce qui est de la communication. On est face à des contradictions entre notre dépendance à ce système et l’envie de le changer. On a les moyens techniques pour faire circuler les marchandises.
  • Chacun veut prendre le pas sur l’autre et ça ne fait pas avancer l’ensemble. Il est nécessaire de prendre en compte les logiques de domination dans l’histoire pour réformer le commerce. A partir de Adam Smith (La Richesse des Nations, 1776), l’intérêt particulier est prôné comme servant l’intérêt général (c’est ce qui a été développé sous le terme de « main invisible » : la régulation se ferait d’elle-même à partir du moment où l’on ne freine pas les ambitions individuelles). Ceci pouvait encore fonctionner dans une logique de croissance infinie, et encore sans prendre en compte l’accentuation des inégalités de base. C’est la naissance du libéralisme qui soutient un commerce basé sur l’égoïsme : on pourrait baser le commerce sur l’amour (don, partage, guérison). Donner à l’autre sans attendre en retour dans une logique de construction en soi et autour de soi. Il peut y avoir un commerce harmonieux qui s’appuie sur des règles équitables empêchant l’exploitation : un commerce qui vise l’intérêt public (autosuffisance et préservation) à long terme.
  • Dans les pays où l’on produit du coltan, on peut imposer que ceux qui travaillent pour l’extraire aient un minimum de confort vital et l’accès à tout ce dont ils ont besoin. Si ces conditions ne sont pas remplies, le coltan ne pourra être exporté et restera dans la terre ; idem pour d’autres ressources rares sources d’exploitation telles que le cacao. On ne sort pas un produit d’un territoire tant que les populations de ce territoire n’ont pas leurs droits respectés, ça passerait directement par la population et pas par les dirigeants qui chercheraient à faire pression à partir de là. Attention aussi à ne pas trop exploiter les terres : faire un état des lieux des sols et des besoins fondamentaux partout pour envisager un équilibre mondial et une préservation des ressources. Faire une liste de toutes les choses qui ne devraient pas entrer dans la sphère commerciale (besoin de première nécessité, culture, information, transport…) : voire les ateliers sur Gestion des richesses et des biens communs.
  • Le commerce équitable et l’économie circulaire devraient être enseignés très tôt aux enfants, dans le respect des travailleurs, des conditions de vie et de la réutilisation des biens : ceci va dans le sens d’un développement de l’imagination dans l’aspect circulaire. La culture hors-sol sur terre neutre et sous serre d’azote vise un rendement beaucoup plus fort alors que c’est toxique pour les sols et les consommateurs (les produits sont ensuite plongés dans du nitrate d’argent pour augmenter leur conservation dans la grande distribution). Il y a en plus une exploitation des travailleurs immigrés dans la grande distribution. L’agriculture en France est contrôlée par les subventions qui déterminent la production avec les banques : plus de savoir-faire transmis, d’attention aux ressources disponibles et de respect des cycles, le patron c’est l’administration financière. C’est une perte pour tout le monde car on est dans des visions à très court terme.
  • Le problème, c’est qui décide quoi : on forme les commerciaux et les administrateurs dans un moule qui ne peut que reproduire le système en place. Les Big Data en viennent à nous gouverner, à orienter nos comportements et définir nos styles de vie sans même que l’on s’en rende compte. Le Big Data, c’est aussi la commercialisation d’info, mais encore une fois c’est pour le profit des GAFA. Il faudrait que les producteurs et consommateurs se retrouvent pour décider ensemble des prix en fonction des ressources disponibles (réussite des récoltes, ce qui reste en stock….) et des besoins : pas besoin d’administration pour cela, ce sont des rapports directs. C’est différent de parler de son propre travail que de gagner de l’argent sur la vie et le travail des autres, on n’est pas dans un rapport d’échange économique pur, mais de rencontre et d’échange humain. On peut installer ce rapport de force sans violence en se mettant d’accord (désobéissance pacifique) : chacun peut décider parce qu’il sait de quoi il parle. Dans chaque pays, voire dans chaque région, il y a une façon de penser et d’échanger qui définit un rapport à la production et la consommation : cette pluralité doit être respectée comme une valeur en soi.
  • Besoin tout de même d’une organisation globale pour que la personne qui travaille gagne plus que l’intermédiaire ou le distributeur : les profits doivent êtres limités pour que ceux-ci reviennent d’abord aux travailleurs et qu’ainsi les prix soient bcp plus justes. Qui actuellement a les rênes du commerce international (Lafarge, Bolloré… ?) et quels sont les réseaux réellement constitués? Le CAC 40 fait un bénéfice de plus de 40 milliards d’euros redistribués aux actionnaires en bourse. La robotisation leur permet d’éviter d’avoir affaire aux travailleurs car le travailleur est une gêne pour le commerce et le profit, d’où la nécessité de le contrôler au mieux pour qu’il remplisse son unique rôle de consommateur.
  • Les conditions de travail indignes sont liées à ce qui nous est imposé au nom de la compétition internationale (concurrence, rentabilité) : humain et économique sont actuellement opposés, voire l’économique définit aujourd’hui la valeur même des individus. Le mérite est lié à la valeur économique d’un individu plus que son propre bien-être et ce qu’il partage avec les autres, d’où l’isolement, la peur et la haine.
  • Dans le modèle actuel, c’est le marché qui régule les échanges, notamment l’OMC qui n’est pas du tout en lien avec les réalités du terrain. Il faudrait une auto-suffisance locale pour ce qui relève de l’existence, et que cela ne soit pas dépendant de la monnaie, ou alors avec une monnaie locale non convertible pour que ces ressources ne puissent entrer dans un système de compétitivité. Au niveau global, tout ce qui est de l’ordre du confort ou du surplus pourrait être régulé avec une monnaie inter-locale mondiale. Cette monnaie servirait donc seulement comme valeur d’échange mais ne pourrait être convertie en valeur d’usage (elle ne pourrait vampirisation l’accès premier aux ressources). Il est aussi nécessaire de repenser le droit à la propriété : la liberté de propriété s’arrête là où commence le droit d’existence de l’autre. C’est aussi le problème du clivage entre villes et campagnes qui accentue le déséquilibre au profit des gros distributeurs. En Egypte pharaonique, c’était ce fonctionnement : l’argent n’était utilisé que pour les échanges avec l’extérieur, au local c’était du troc, ça a fonctionné 4000 ans.
  • Il y a déjà une monnaie locale en Loraine qui dépasse les frontières nationales : on peut renommer « commerce international » par « commerce inter-local » pour aller au-delà d’un rapport de nations. Les Montagnards pendant la Révolution Française avaient fixé la loi du maximum : limite dans l’augmentation des prix pour que chacun ait accès à ce dont il a besoin pour sa subsistance. Ça pourrait se faire au sein de l’ONU ou déjà de façon locale avant de l’étendre. Commerce inter-local et politique doivent être dissociés pour sortir de la bio-politique (Foucault, Naissance de la Biopolitique, 1979) dans laquelle l’humain est un produit commercial comme un autre. A chaque commerce dans lequel on s’engage, penser l’impact, l’intérêt, la nécessité et la possibilité de faire différemment.
  • Le commerce de l’armement est lié à des contrats entre dirigeants et pas du tout au profit des populations. On pourrait faire un Boycott de l’armement au niveau mondial. De même, la science est utilisée pour le profit de certains dans le commerce, aussi la publication des résultats est fixée en ce sens. Les recherches scientifiques et leur connaissance sont dépendantes de ceux qui les financent. Concernant la corruption, Robespierre proposait de faire entrer à l’Assemblée Nationale le peuple, qu’il puisse assister à toutes les séances comme juge de ce qui se passe : que rien ne se fasse à huit clos, mais que tout ce qui concerne le peuple soit l’objet d’une large diffusion.

À vous!

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.


l’enregistrement complet de la discussion.

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