Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? », session 27 : Paix et solidarité internationale (2)

Dimanche 19 // 391 mars 2017 à 14h.


Sur la place de la République, nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 28ème séance de l’atelier est prévue dimanche 9 avril de 14h à 16h, nous continuerons sur le thème « Communication internationale ».


Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact

CR atelier éduc’pop « quelle société veut-on ? » session 27 : Paix et Solidarité Internationale (2)

 

Lecture du CR précédent

 

Interdire les OQT, mettre aux frontières un contrôle pacifique garantissant une libre circulation et une justice internationale

  • Les frontières sont-elles nécessaires, quel est finalement leur but, réguler les hommes et les marchandises ? c’est entre la protection et le contrôle, la barrière entre les deux étant poreuse, ça interroge aussi la souveraineté nationale. Que les humains puissent circuler comme les idées, par contre on garderait les points de contrôle pour les marchandises pour conserver la qualité en pénalisant ce qui consomme beaucoup d’énergie (transports longs) et ce qui exploite les ressources non renouvelables.

 

  • Pas besoin de frontières nationales si on pense en terme de zones locales en correspondances les unes avec les autres. Il serait possible que chacun.e choisisse où il/elle veut aller, pas d’enfermement dans une identité nationale.

 

  • Au Moyen-âge, après l’effondrement de l’Empire Romain, beaucoup de sociétés ont fonctionné sur des bases communales connectées les unes aux autres : beaucoup de circulation de marchandises, de voyageurs, c’était très différent du modèle de l’Etat Nation centralisé. Le commerce était florissant avec une activité industrielle en lien avec les allées-venues, de grandes choses ont été construites à petite échelle (par exemple, c’est à ce moment que le réseau routier s’est établi). Le modèle de l’Etat-Nation a été imposé au XIXè siècle en Europe, avec des autorités séparées.

 

  • Les frontières ne sont pas nécessaires quand on a la notion de territoire : cela implique une responsabilité par rapport à son environnement premier, on s’auto-définit des contraintes pour arriver et repartir, et on donne une réelle implication pour rester. Habiter a un sens, tout comme habiter son corps, c’est y faire attention, se percevoir comme partie du tout car intérieur et extérieur sont en lien, c’est une contrainte qui rend plus libre. Ce n’est pas imposer des règles dans un territoire, c’est développer un rapport aux autres qui soient de s’enrichir en permanence, être toujours en connaissance du fait que la Terre n’est pas notre propriété et qu’on construit mieux à plusieurs.

 

  • La première chose est de s’adapter à l’endroit où l’on vit, tout en pouvant y apporter quelque chose mais dans une logique de construction, partage, pas de destruction ou d’envahisseur. Il y a des outils adaptés aux territoires et aux arts qui y sont développés.

 

  • Dans la Fable des Abeilles de Mainville, ce qui est le plus facile à cultiver est l’envie et cela dirige notre société de consommation. C’est quand il y a impossibilité totale de construire un avenir qui soit autre qu’une illusion, quand toute la société est fondée là-dessus. Aristote disait qu’en bannissant les riches de la cité, il n’y aurait plus de pauvres, mais cela nécessite aussi de revoir la circulation de la monnaie. L’Abée Pierre « il n’y a pas de violence qu’avec les armes, il y a des situations violentes : ceux qui ont remplis leur assiette en laissant les autres vides ». Une grande partie des problèmes vient de la non répartition des richesses : toute politique qui ne pose pas d’emblée cette question, qui est celle du partage, est une politique dangereuse qui va favoriser les clivages.

 

 

Mettre fin aux racismes et discriminations :

 

  • C’est le même problème que les frontières, on pose des barrières par rapport aux couleurs de peau et modes de vie alors qu’on ne sait même pas à qui on a affaire. C’est un problème de communication et de médias, créer des passerelles au niveau inter-individuel pour aller au-delà des représentations. C’est définir un « il/nous » essentialisé, alors qu’il existe 1000 variantes dans chaque culture, on stigmatise des populations. La violence n’est pas culturelle, elle existe partout, le racisme nous empêche de percevoir la complexité humaine, on suppose une nature/essence qui nous rassure pour nous conforter dans une identité morale et justifier nos actions. La différence est partout, déjà dans notre vie : on n’est pas le/la même dans différentes périodes de notre vie. C’est aussi la capacité de se pardonner, mais cela ne doit pas se poser au niveau des statuts et des hiérarchies.

 

  • Comment se défaire de l’idéologie raciste ? Le racisme a été développé et relié à l’immigration, à l’exploitation des peuples par d’autres, c’est une manière de nous diviser qui sert aux gouvernants. C’est aussi toute une lecture de l’histoire qui nous a imprégné, avec certains qui ont un sentiment de puissance et d’autres qui se perçoivent eux-mêmes comme inférieurs, tellement ça a été renforcé par l’éducation et le regard des autres. On essaie même de faire croire aux blancs qu’ils ont aidés des peuples en les colonisant, le problème est encore de poser et d’entretenir un « vous les français, nous les étrangers » et inversement qui confortent ces oppositions. Il y a de plus en plus de méfiance parce que les gens ne se rencontrent plus et ont peur les uns des autres, ce qui est entretenu par l’idéologie sécuritaire. Il y a un mensonge étatique qui se déploie au niveau identitaire pour faire Union Nationale et donner un ennemi commun à l’extérieur pour que le peuple s’allie avec le gouvernement.

 

  • Si demain les immigrés arrêtent de travailler en France, tout sera bloqué ! Mais cela semble improbable car ils sont maintenus dans une peur et un sentiment d’illégitimité très puissant qui leur est renvoyé partout. Le racisme, c’est penser qu’une race est supérieure à une autre, pour permettre une exploitation justifiée moralement. La religion comme la science portent une descendance humaine commune, ce sont les rapports de force qui se sont institués et ont donné l’illusion des races supérieures. Il faut faire attention à ne pas mélanger racisme et hiérarchie des statuts sociaux qui produisent aussi des différences et de la haine, même si les deux sont bien souvent corrélés.

 

  • Le racisme est intensifié par le bras armé de l’Etat qui stigmatise certaines populations, cela provoque de la haine des jeunes contrôlés contre la police, puis contre l’Etat, puis contre la population censée représentée par cet Etat. Et dans l’autre sens, à force de voir des personnes de couleur contrôlées, une majorité de la population se dit qu’ils sont souvent en faute et finissent par se persuader qu’il faut s’en méfier, c’est la boucle bouclée… Il y a aussi une non mixité sociale qui s’est instaurée avec les cités : la pauvreté a une couleur de peau et une localisation aujourd’hui et on met ça à distance comme si c’était un fait acquis, on essentialise. De même on a laissé la délinquance s’installer pour y opposer un contrôle plus fort « justifié », alors que la délinquance est d’abord corrélée à la pauvreté. Cela permet de grillager les territoires et conforte l’idée des policiers que certaines populations sont plus « à risque » que d’autres, d’autant plus que c’est ce qu’on leur enseigne.

 

  • Le racisme est lié à une idéologie d’expansion impérialiste, aujourd’hui associé au sécuritaire avec la fermeture des frontières. Abandonner l’empire militaro-industriel, culturel, langagier, économique, doit être la première des choses. Le raisonnement n’est pas national mais en terme d’empire, l’international est pratiqué dans cette logique (ex Bolloré). C’est ce qui est sous-entendu par le terme « ordre mondial » qui prend déjà une connotation policière. Sortir de cela commence par aller à la rencontre des réfugiés, sortir de ses lieux habituels, oser entrer en contact avec ceux/celles à qui on ne s’adresse jamais.

 


Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.

l’enregistrement complet de la discussion.

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