Atelier éduc’pop « comment arriver à la société qu’on veut? » : Les idées

Sur la Place de la République, nous avons commencé la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées entre août 2016 et mai 2017, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui. Au fil des semaines et des séances, nous regroupons ici l’ensemble des idées formulées au sein de la seconde partie de l’atelier. Cet article est donc en évolution constante et ouvert à vos commentaires et propositions!

Pour plus de détails sur la formulations de ces propositions, ainsi que des interventions/débats organisés par Debout Education Populaire en relation avec certaines proposition, vous pouvez consulter les CR (accompagné d’enregistrement audio) de chaque séance de cet atelier :

Séance 30 : discussion sur la seconde partie « comment arriver à la société idéale?  » (1)

Séance 31 : discussion sur la seconde partie « comment arriver à la société idéale?  » (2)

Séance 32 : le droit de propriété (1)

Séance 33 : les droits locaux et coutumiers

Séance 34 : les enfants et l’éducation (1)

Séance 35 : les enfants et l’éducation (2)

Séance 36 : les enfants et l’éducation (3)

Séance 37 : bien vivre avec les autres (1)

Séance 38 : bien vivre avec les autres (2)

Séance 39 : bien vivre avec les autres (3)

Séance 40 : « les richesses et les biens communs » (1)

Séance 41 : « les richesses et les biens communs » (2)

Séance 42 : l’écologie (1)

Séance 43 : l’écologie (2)

Séance 44 : l’écologie (3)

Séance 45 : les richesses et les biens communs (3)

Séance 46 : les richesses et les biens communs (4)

Séance 47 : les richesses et les biens communs (5)

Séance 48 : le gouvernement (1)

Séance 49 : le gouvernement (2)

Séance 50 : le gouvernement (3)

Séance 51 : le gouvernement (4)

Séance 52 : paix et solidarité internationale (1)

Séance 53 : paix et solidarité internationale (2)

Séance 54 : paix et solidarité internationale (3)

Séance 55 : paix et solidarité internationale (4)

Séance 56 : commerce international (1)

Séance 57 : commerce international (2)

Séance 58 : commerce international (3)

Séance 59 : commerce international (4)

Séance 60 : commerce international (5)

Séance 61 : la santé (1)

Séance 62 : la santé (2)

Séance 63 : la santé (3)

Séance 64 : la santé (4)

Séance 65 : la santé (5)

 


Le droit de propriété

Proposition 1. « passer du régime de la propriété lucrative à la propriété d’usage »

  • en Allemagne : au lieu de jeter ce dont on n’a plus besoin, soit on le donne à quelqu’un, soit on le vend pour quelques centimes symboliques. Cela se répand dans la population et dans des espaces ouverts (par exemple des cabines) ou de particulier à particulier.
  • Les gratifieras : les personnes apportent ce qu’elles veulent et peuvent récupérer ce qu’elles souhaitent, pas de système d’argent. De même, de la nourriture est apportée pour être partagée gratuitement
  • L’association Share Voisins met à disposition des objets dont on n’a pas besoin pendant un temps (les ordinateurs, les voitures), de même on peut créer des lieux communs où l’on se sert de ce qui est mis à disposition, sans que ce soit de la location entre particuliers. Pour que cela soit possible il nous faut développer la relation de confiance, aussi au niveau des jardins partagés : être prêt à perdre ses biens, ou demander à celui qui abîme de réparer. A partir du moment où les choses sont vraiment données ou mises à disposition, il n’y aura plus d’envie ni de besoin de vol ou de destruction.
  • Possibilité d’acheter des biens en commun où chacun met ce qu’il peut de façon a ce que plusieurs aient accès aux outils, sans que cela produise un système d’exploitation (de type actionnariat). Cela peut se mettre en place avec le logement : instaurer un rapport de confiance plutôt qu’un rapport marchand. Cités castors dans les années 50 : les personnes arrivent avec des compétences et chacun aide l’autre a construire sa maison, son jardin, ce qui conduit à construire ensemble son environnement en apprenant des autres. Aussi pour les éco-villages : le matériel est acheté en commun. C’est encore le cas de la monnaie locale alternative qui développe ce rapport de confiance et de proximité, la valeur n’a plus le sens du marché, mais celui du besoin, c’est la qualité de la relation qui compte, l’équilibre est à trouver dans le groupe.
  • Le rapport à la propriété est en cours de transformation avec les modes de partage actuels, nous devons veiller à ce qu’ils ne soient pas mis au service du modèle économique (en créant de nouveaux besoins comme avec Uber). Limiter au maximum le biais monétaire.
  • Droit de propriété : utiliser ou transformer un bien (usage « usus » : par exemple les logiciels libres) // le vendre (posséder sa valeur économique « fructus »: ex logiciel privé). Faire disparaître ce second aspect du droit de propriété pour conserver le premier en dehors de l’aspect monétaire.
  • De même pour les compétences : échanger des services en dehors de la concurrence, des plate-formes existent déjà pour cela. A-t-on besoin de conserver le système de licence ?
  • Est-ce qu’il faudrait que ça passe par l’Etat ou par du local pour que ce rapport de confiance se mette en place ? Certaines choses doivent relever du domaine de la collectivité (eau, énergie, transport) pour que tout le monde bénéficie du même service. Pour les autres, les deux niveaux peuvent exister. Si ça passe par l’Etat, il faut veiller à ce que ce soit au service de ceux qui possèdent le moins, avec un principe d’égalité inaltérable qui limite toute aliénation au travail.
  • Devenir autonome économiquement, ce n’est pas du tout le cas de l’auto-entrepreneur puisqu’il est soumis au marché et que les terres et moyens de production restent la propriété de grands groupes (on paie pour travailler, l’ubérisation c’est la modernisation du travail au noir). L’autonomie devrait se faire au niveau des besoins (alimentaire, logement, vêtements, accès à l’eau et l’énergie) et n’être pas dépendante de la sphère économique (sécurité qu’apporte la théorie du contrat). Comment se défaire de la propriété des moyens de production et des ressources ? Que les ouvriers soient propriétaires de l’entreprise (supprimer l’actionnariat) sur une question d’apport de compétences. C’est le principe des SAPO, c’est donc possible dans la loi, mais peu connu et peu développé. Ce qui légitime la propriété depuis la fin du système féodal, c’est le travail, et cela peut aller dans le modèle libéral jusqu’à la négation de l’autre. On demeure tout de même dans un système inféodé aux grandes richesses : on peut être exproprié pour de grands projets inutiles par exemple. La conservation de soi s’arrête là où commence celle de l’autre : ceci doit faire partie des règles incompressibles jusqu’à ce que ça devienne spontané, le rôle du droit serait de façonner des comportements qui permettent de mieux vivre ensemble.
  • « Les riches ont inventé la morale pour que les pauvres ferment leur gueule » : le droit naturel est une fiction pour que les choses restent figées. Dans la nature ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est l’enchaînement d’équilibres instables : les lois économiques avec le besoin de croissance fonctionnent à l’inverse avec une fiction d’indépendance, la domination est destructrice de cet équilibre. La société elle-même n’existe pas, elle n’a de réalité que du fait de la croyance qu’on a en son immuabilité. On pourrait inventer n’importe quelle société et vivre dedans, le tout est de la supposer possible : les règles sont nécessaires pour limiter la destruction du lien social, elles ne doivent avoir d’autre fonction. Les concepts moraux sont des modèles vers lesquels on essaie de tendre, ce sont des fictions qui structurent notre imaginaire. A partir de quel moment on continue d’être libre, et à partir de quel moment on devient aliéné par le groupe ?
  • On n’est pas propriétaire de la Terre, mais gardien pour les générations futures : comment développer concrètement ce rapport au monde ? Que les biens communs n’appartiennent à personne : Rousseau démontre que la nature et l’homme, c’est la même chose et l’économie doit être au service de l’intérêt général. Mais aujourd’hui nous savons que l’homme n’est qu’un élément dans un écosystème bien plus large.
  • La notion de propriété opère aussi au niveau de l’amour : la volonté est de ne pas poser le corps de l’autre aimé comme étant notre propriété. Est-ce parce que nous avons eu ce rapport de propriété inculqué qui fait que l’on doit s’en couper, ou bien est-ce un besoin psychique associé au sentiment amoureux ? Il y a là aussi une question de confiance et de respect. La protection est souvent prise dans cette question de propriété, en supposant le bien à la place de l’autre, que ce soit dans l’amour mais aussi dans le rapport salariat. Le mariage est un ordre social numérique qui entre dans la biopolitique occidentale.
  • La propriété dans l’art se situe au niveau du nom de l’auteur, ce qui fait que dans la nature, on peut trouver des créations animales ou des beautés que l’on peut associer à une forme d’art, mais la nuance est qu’il n’y a pas de nom pour revendiquer sa propriété. Se passer de la propriété intellectuelle signifie se passer du nom d’auteur. C’est aussi s’autoriser à prendre la parole sans en être propriétaire, en la pensant de façon circulaire, sortir du cadre pré-pensé. Les politiciens se donnent comme propriétaires de la parole publique en dépossédant les citoyens de l’usage de la parole qui ne peuvent exprimer leur opinion que par le biais de leur représentant : il n’y a plus qu’une noblesse, un clergé et plus de tiers État.

Les enfants

Proposition 1. « changer le système d’évaluation »

  • Classes par niveaux et non par années : 1 an où l’on essaie plusieurs activités. Le risque avec les classes par niveaux est que se créé une élite séparée : faut-il une évaluation pour être sûr que tous les enfants aient un socle commun ? Les connaissances de base peuvent être mêlées aux autres apprentissages sans évaluation, on retire la notion même de niveau, le système d’évaluation c’est un contrôle social. L’entraide fera partie de l’éducation, beaucoup de travail en groupe sans que cela bloque la créativité individuelle. Pas de nécessité d’apprendre les bases très tôt (des écoles aux États Unis non obligatoires laissent la possibilité à l’enfant d’acquérir les apprentissages dans l’ordre qu’il souhaite) : « l’école c’est le quartier/village », les compétences peuvent ne venir qu’après les échanges de savoir (appropriation et découverte plus que par-coeur).
  • Cela va engager de grosses résistances car la question est d’emblée politique.

Proposition 2. « Modifier le rapport à l’autorité »

  • Les écoles pourraient être des lieux ouverts, de libre circulation, chacun/chacune pourrait proposer un contenu dans une salle, et cela serait programmé en amont avec aussi des espaces de contenus libres ou spontanés. Dans un premier temps, on met ce système en place seulement l’après-midi, et le matin on conserve les cours classiques. Les parents participeront avec les enfants aux projets scolaires : pour cela le temps de travail adulte doit comprendre un temps réservé au projet éducatif. Comment mettre en place des prises de décisions horizontales ? Ce pourrait être des Assemblées Générales lors desquelles est co-construit le programme de l’année. Dans un second temps, on pourra laisser de côté la notion de programme (comme celle d’évaluation) avec un système ouvert.
  • Changer l’éducation c’est déjà changer la société : dans la formation des enseignants il y aura une vraie culture éducative en prenant connaissance des types d’enseignement existants pour que chacun.e puisse en tirer le meilleur en fonction de sa créativité.
  • Favoriser l’auto-financement dans ces établissements pour apprendre l’auto-gestion et la responsabilité (cf Lycée auto-géré). Résoudre les problèmes de la vie avec créativité et esprit critique, de quelle façon on est capable de mettre en  place les changements plutôt que d’attendre qu’un « responsable » le fasse pour nous. Transmettre des savoirs c’est déjà un engagement et une responsabilité.

Proposition 3. Décloisonner les savoirs :

  • On pourrait occuper certaines salles dans les universités pour que ceux/celles qui ne peuvent pas s’inscrire (pas de moyens ou pas le BAC) puissent accéder à des cours et en proposer. De même dans des lieux alternatifs tels que les places publiques, cafés, bibliothèques, théâtres… Si on occupe des lieux, c’est avec un projet, en circulation avec les lieux alternatifs.
  • Il faut d’abord une communication et une éducation partagée entre les adultes (les résistances viendront d’eux, pas des enfants) pour qu’il y ait un nombre suffisant de personnes qui s’engagent dans cette nouvelle éducation et se mobilise pour. Communiquer sur ce que ça ouvre et tous les enjeux que ça recouvre, montrer que c’est possible : coupler expérience pratique sur le terrain (ex : par les lieux occupés) et une vraie critique théorique de l’éducation, une vision idéologique. Pour mobiliser le nombre, commencer par de petites actions qui seront réussies. Développer une analyse qui soit convaincante, évidente (arguments forts et formules simples qui parlent aux gens et concerne leur quotidien) : se servir des codes existants pour pouvoir s’en passer avec une démarche inclusive et ciblée.
  • Remettre en place la formation partagée dans les entreprises (ce que faisait l’éducation populaire avec les syndicats), cela est financé dans le salaire socialisé : ce doit être décidé par l’employé, pas l’employeur. Voir le livre de Pascal Ponce : le Mépris de Classe.

Proposition 4 : fermer les écoles

  • Liberté dans l’apprentissage pour les enfants comprenant l’artisanat et la culture, ouverture des bâtiments scolaires. Prendre l’exemple des écoles libres dans les bois en posant par référendum la question aux parents et enfants. La problématique des parents sera sûrement : que faire de ses enfants? Il faut passer par une période de désintoxication en proposant un salaire parental à l’éducation des parents pour réorganiser le temps de travail : engagement et responsabilité dans le désir parental
  • Passer par le collectif pour l’éducation (avec la famille et le quartier plus ouverture aux intervenants extérieurs). Pour sortir de l’obligation, commencer par se détacher de l’expertise qui met le savoir au dehors.

Proposition 5 : changer le rapport au savoir

  • Idéologie dans les programmes : l’éducation est une arme de propagande où les connaissances transmises sont au service de l’idéologie du moment. Passer par l’expérience de chacun pour développer une critique de ce qui est enseigné. Parler du colonialisme, des inégalités en France, des différents points de vue historico-politiques…
  • Accès gratuit à l’éducation : fournitures scolaires données par le lieu d’accueil (ça l’était avant), plus dans les supermarchés. L’école privé nécessite un financement privé non accessible à tou.te.s et provoque une disqualification des enseignements en public et une non mixité sociale qui perdure dans le travail ensuite. En même temps interdire le privé est un problème, ou alors accepter les diversités d’enseignement pour que ce qui s’autorise dans le privé puisse s’autoriser ailleurs avec un accès gratuit. Que cela soit répartie géographiquement.
  • Regarder comment les peuples premiers  accompagnent plutôt qu’éduquent leurs enfants pour voir ce qui s’éveille en eux et laisser émerger ce qu’il s veulent faire/être/devenir.
  • Utiliser l’art (aussi street art) pour éduquer et échanger sans compétition mais en coopération. Favoriser les solidarités entre les cultures et entre les peuples.

Proposition 6 : Formation des adultes : « sécurité sociale professionnelle »

  • Les heures de travail limitent l’accès à la culture ainsi que le coût et l’abord (il faut connaître). Nécessité d’une volonté politique pour que les médias aient ce rôle de relais culturel (les gens prennent ce qu’on leur donne : si on leur propose des événements culturels plus que des télé-réalités ou des faits divers cela va créer de la curiosité). La connaissance officielle est cloisonnée dans le monde universitaire et la culture dans les domaines artistiques, ce qui fait qu’on peut manipuler plus facilement (effet de l’expertise).
  • Tout doit-il êtres accessible à tou.te.s ? La culture est une croissance de la personnalité, avec des étapes, une maturation. On pourrait poser des passages entre les étapes de l’enfance : un accompagnement sous forme d’initiation marquée par un événement à partir duquel on devient responsable de ses actes et on les assume. C’est le passage de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective : l’apprentissage des conséquences de ses actes doit être progressif, comme sous forme d’extension des cercles de pensée en rapport avec l’extension de la perception de ce qui nous entoure et sur quoi on peut impacter. Une société ne peut probablement pas vivre sans règles , mais ces règles peuvent être requestionnées à chaque génération. Toutes ces règles avec leur histoire/enjeux sont ce qui devrait en premier être expliqué et débattu à l’école pour que la compréhension entraîne l’adhésion plus que l’imposition.
  • L’enseignement actuel fonctionne sur la certitude de la part du savoir et l’interdiction de la part du pouvoir. La transgression peut être prise comme une expérimentation qui permet de questionner les règles, la transgression ça éveille !
  • Le système actuel est linéaire : ça vient d’un point (marché, politique, pub, média) et le citoyen est la cible, il ne réagit plus, il n’y a pas d’action possible dans l’autre sens.

Proposition 7 : Ecole lieu de relais des informations actuelles en lien avec les enseignements

  • Parler de sujets d’actualité suppose une ouverture et une responsabilité de sa parole : ne pas se cacher derrière des concepts ou des préjugés. Avec la vision et l’expérience de chacun, la seule chose imposée serait le cadre de respect de la parole de l’autre. Ceci pourrait se développer dans tous les enseignements. Que tou.te.s les concerné.e.s puissent aussi venir raconter leur version de l’histoire (immigrés, prisonniers, CRS…), mais aussi que chacun.e vienne raconter les contes et légendes de sa culture, sa philosophie, son mode de vie, sans aller vers imposer une vision meilleure ou unique. Idem pour les maths et la socio, voire l’application dans la science et les algorithmes.
  • Ça peut être mis en place dès maintenant avec un apprentissage au rôle de modérateur/trice pour les enseignant.e.s et un autre rapport à la transmission (savoir de quoi et d’où on parle, la fonction ne fait pas le tenant et aboutissant du discours).

Proposition 8 : Logiciel libre et apprentissage du numérique

  • S’assurer que chaque foyer ait accès à un ordinateur et à internet (comme l’eau, l’électricité…). Formation pour tous les âges aux logiciels libres : apprendre à s’en servir et les transformer, à exploiter les ressources d’internet (chercher l’origine des infos pour les critiquer, savoir ce qui est de la pub, ce qui collecte nos données…) : cela nécessite un temps laissé à chacun.e pour développer sa curiosité.
  • L’ordinateur est-il un moyen d’émancipation ? Ça sert à fabriquer des réseaux et donne un accès à des savoirs qui nous sont inconnus et à d’autres logiques (bcp ne savent pas qu’ils en existent), il y a un véritable enjeux de pouvoir là-dedans. On pourrait s’en passer mais ce serait laisser cette arme à d’autres.
  • Plutôt que de donner du tout fait, partir de l’information brute et apprendre à la traiter. Ce sont des outils qui nous paraissent intuitifs alors que ce sont des armes idéologiques. Des personnes directement impliquées (ingénieurs, programmateurs…) pourraient venir en parler directement.
  • Le numérique fait que les enfants ne sont plus intéressés que par l’écran, leur curiosité est happée par cela, importance de la mettre en lien avec le monde environnant. La machine permet aussi d’avoir un rapport autodidacte même si limité par l’outil : ça peut ouvrir la curiosité.
  • L’apprentissage par le jeux aussi bien virtuel que pratique peut aller avec tous les types d’enseignement. Transposer les codes du jeux dans des applications pratiques (principe de récompense, de découverte, de coopération via les jeux de rôle en réseaux, plaisir de créer, projection dans un personnage et une autre vision du monde). Le jeux reste un médium, le risque est qu’il devienne une fin car ça peut aussi couper les personnes des luttes du quotidien et/ou devenir un outil idéologique ou publicitaire.

Bien vivre avec les autres

Travail sur soi encouragé

  • Simplement dire bonjour et sourire aux personnes que l’on croise, avec politesse et respect, comme cela se fait dans les lieux moins peuplés. Engager une conversation n’est pas si difficile, ça commence par un sourire. Décrocher des réseaux numériques quand on est dehors : le portable n’est pas la cause de l’isolement mais l’option de fuite, ça marche aussi par mimétisme. Les réseaux virtuels peuvent permettre de rencontrer celles/ceux que l’on ne croiserait jamais (par exemple des personnes avec un handicap). Ce sont des instruments qui doivent rester au service des individus et pas servir à collecter des données pour mieux les contrôler.
  • Les chauffeurs de Bus disent bonjour car c’est un mot d’ordre : si toutes les institutions et commerces avaient ce mot d’ordre dans le quotidien, ça généraliserait ce comportement. On peut donner l’excuse du temps : on a parfois besoin d’être tranquille dans les transports entre le travail et la maison, c’est aussi une habitude et un mimétisme, on ne pense qu’en terme d’horaire et de gain de temps.
  • On pourrait créer des « zones amicales » à prix libre dans lesquelles les personnes puissent se retrouver après le travail ou le weekend. Utiliser pour cela le mobilier urbain ; ouvrir la création culturelle pour que les personnes ne se sentent pas passives devant les « grandes œuvres » : faire des lieux de création libre où chacun.e amène du matos, fasse et expose. Utiliser les marionnettes, les jeux de rôles, sans « organisateur/arbitre ». ça peut aussi êtres des lieux de recyclerie, de jardinage, de méditation, de débats sur des sujets divers, de lectures ou de visionage…. Tout type d’activité peut être proposée chez un particulier, dans des bureaux ou des espaces publics, sans bénéfice (en dehors du système économique capitaliste). N’importe qui peut proposer un lieu dans un temps donné, ouvert à tou.te.s. Si l’on n’essaie pas, tout le monde continue d’attendre, c’est aussi sortir de son isolement et du quotidien.
  • Savoir de quoi et de qui on a peur : sortir du rapport de force en commençant par pardonner à l’autre, à prendre en compte sa propre souffrance. Faire du jardinage c’est un rapport de force avec le temps, d’échange avec d’autres éléments et de respect des limites. On s’attend à ce que les autres agissent en fonction des clichés, comme s’ils devaient s’y conformer pour contrôler la différence. Actuellement on est surprotégé, ce qui rend les contacts hors zones de confort impossibles. Tout doit être pré-fait et on ne connaît pas le plaisir de faire ensemble. Comment la curiosité peut-elle sortir de l’aspect consumériste ? On a souvent le politique qui s’y mêle avec une manipulation idéologique (pour prendre des voies, se faire aimer)
  • La création de pots communs : pour étendre ce qui est fait dans ces lieux de création et d’échange, pour mener des projets plus complets (faire des repas en communs, reconstruire des logements, des écoles, des jardins…). Actuellement on doit avoir un diplôme/fonction/statu pour être autorisé à faire qqchose : s’autoriser soi-même à changer la société ça commence par une petite chose, acquérir par soi cette légitimité : il y a bcp de choses que l’on a le droit de faire mais on ne se l’autorise pas.
  • Ouvrir des espaces de méditation avec du silence et/ou des sons naturels. Sortir du cadre où l’on est ça peut aussi être fait via des échanges (sans renter dans le système AirBNB) avec des pots communs et l’envie de transmettre. Possibilité de passer par une obligation : 1 journée par mois on doit aller rendre service à une autre personne tirée au sort par proximité géographique, quelqu’un que l’on ne connaît pas. Ça pourrait être une expérimentation comme un devoir civique, sans argent, mais cela doit-il d’abord dépendre d’une autorité pour entrer dans les mœurs ?

Comment changer les idéaux de consommation :

  • Il faut changer les indicateurs établis en restructurant les rapports de force, de consommation ou de classe . Il n’y a plus de riche, de pauvre ni de classe moyenne. Tous le monde sera à la même échelle.
  • Continuer à développer l’économie circulaire afin de limiter notamment le gaspillage. Pour cela il faut revoir notre façon de consommer, sortir des barrières psychologiques comme la date de péremption, les fruits et légumes moches, sortir de l’obsolescence programmée. Tout pourra être récupéré, recyclé, donné, échangé. Cette façon permet de ne plus sur-consommer et d’arrêter de vouloir plus que son voisin. La manière de produire et de construire doit être complètement revue avec une production qui dure dans le temps. Le zéro déchet comme avec les appartements battis avec seulement des matériaux qui ne se détériorent pas est à développer. Il faut arrêter le pétrole donc le plastique. On pourra faire comme au Danemark qui a 45 % de déchet en moins que la moyenne avec la création de zone à déchet. Lors de la journée des artisans, ils font des objets avec les déchets collectés et sensibilisent les enfants au passage. Les gens sont incités à faire ce geste avec une réduction d’impôt à la clef.
  • On peut aussi mettre en place le « faire en commun » et mettre des objets ou encore des savoirs à disposition de tous comme un ordi ou le fait de savoir tricoter par exemple. Ces moments peuvent remplacer la TV le soir en rentrant chez soi. Ces lieux existent déjà mais n’importe qui pourrait en ouvrir à toutes les échelles, rue quartier, bloc, village, place… Toujours en ce sens le droit à la déconnexion notamment pour les smartphones pourrait être fait naturellement. Le but n’est pas d’interdire mais de faire autrement, en détournant ou en prenant de nouvelles habitudes. Les échanges doivent être facilités en ce sens et les nouvelles générations éduquées avec ces valeurs.

Bien être au travail :

  • Il faut stopper le cercle vicieux consistant à perdre sa vie à travailler. Le travail, comme ça devrait être le cas actuellement, doit s’adapter à l’homme et non l’inverse. On arrête les systèmes de classement, de comparaison type benchmark qui mettent en compétition les salariés et sont nocifs à leur santé physique et mentale. Il faut donner les moyens à chacun afin de retrouver du sens à ce que l’on fait en arrêtant l’industrialisation des processus de production à outrance, en freinant la digitalisation du monde de travail. On peut retrouver plus de communication dans les entreprises afin qu’on ne nous impose plus de modèle. Par exemple tous le monde ne souhaite pas avoir son bulletin de salaire ou ses relevés de compte par internet.
  • La société doit permettre et faciliter les reconversions professionnelles. Les inaptitudes et les conditions de travail doivent faciliter l’emploi. Le cv devra être supprimé, les diplômes ne doivent plus être bloquant. Les bilans de compétences peuvent être utiles mais si et seulement si ce n’est pas une méthode pré établie qui impose ce que doit faire la personne. La première question devra être « qu’est ce que tu as envie de faire ». La direction des ressources humaines ne doit plus exister en l’état, les salariés ne doivent pas être des ressources. L’humain doit revenir au cœur des entreprises, il faut sortir de l’élitisme, de la culture de l’échec, de la stigmatisation.

Circuits courts, production locale

  • On cherche d’abord la rentabilité avec des moyens mécaniques et de grandes surfaces, des OGM… Aller vers partager, dépolluer, assainir les terres. Actuellement des expérimentations vont dans ce sens avec des ventes locales directes ou en bas de chez soi. A-t-on les moyens pour bloquer les grands industriels, est-ce une étape nécessaire ? C’est aussi une autre relation au temps, végétaliser demande un investissement et de penser à moyen ou long terme. S’approprier la production nécessite du temps et une gestion de l’espace en commun.
  • Baisser le prix des terres (arrêter l’achat des terres avec spéculation par des investisseurs étrangers) en favorisant les acheteurs locaux et les ventes de terrains limités. Actuellement il faut avoir un accord de la Mairie pour acheter des terres et payer pour végétaliser si c’est au-dessus d’un hectare en ville : il faudrait importer les modalités rurales au milieu urbain, que chacun ait accès à un jardin partagé (pas sous forme de propriété mais de participation, l’idée n’est pas tellement de produire mais de cultiver un savoir-faire et un écosystème via un travail en commun, en contact avec le vivant), qu’un système de dons et échanges permette une diversité entre production et consommation de façon locale. Historiquement la vile s’est faite contre la campagne : espace de consommation // espace de production. Depuis la révolution industrielle on a renforcé la spécialisation et la division du travail, comment organiser une solidarité organique dans un espace géré par une solidarité mécanique ? Le numérique coupe d’autant plusle lien entre production et consommation.
  • Faire des fermes plutôt que des zoo, aussi dans les villes (les parcs). Bcp de territoires sont abandonnés (couronne des villes, anciennes usines…), il faut tout de même être organisé pour cultiver un espace et trouver un fonctionnement équilibré pour qu’il soit géré en commun et ne rentre pas dans le système de profit. Commencer par une agriculture éducative à l’école : ça existe déjà pour les personnes en ITEP de façon ludique. Toutes les écoles pourraient être quasi autonomes au niveau alimentaires, ce qui sortirait une partie de la population de la propriété industrielle ou étatique : les enfants cultivent un espace qui leur appartient comme il appartiendra à ceux qui les suivront, donc un espace qui s’appartient à lui même et nourrit ceux/celles qui y passent.
  • Les AMAP sont peu présentes dans les quartiers populaires, elles s’adressent plutôt aux classes moyennes qui ont plus de temps pour s’impliquer (participer à la production) : ce n’est pas vraiment une question de prix car il y a souvent des restes gratuits. Plus les surfaces sont grandes, moins ça demande du temps (ex : « la Ruche qui dit oui ») et plus ça demande une coopération. Une des luttes à mener est de dégager du temps pour tout le monde, de façon à ce que les personnes puissent s’impliquer et participer à leur consommation.

Généraliser les espaces communs en ville :

  • lieux dans lesquels on fait de l’agriculture/musique/sport/art/cuisine/lectures…. Des personnes peuvent venir pour une activité et découvrir les autres, ça créé des espaces auto-gérés qui se multiplient et deviennent des lieux de vie et d’échange. On peut d’abord faire cela en accord avec les institutions locales (mairie) car en France la brigade anti-squatt ne permet pas d’investir des lieux à long terme autrement que pour en faire des résidences d’artistes pluridisciplinaires en accord avec les autorités.
  • A Barcelone, ce sont des lieux auto-gérés indépendants avec des assemblées populaires toutes les semaines et un secrétariat qui gère le lieu grâce aux recettes du bar et des ventes sur place. Les salles sont gratuites et il y a une proximité avec les habitant.e.s du quartier.
  • On ne doit pas forcément définir une forme d’organisation précise mais construire ces espaces avec des projets et la possibilité d’y faire émerger de nouvelles choses.

La publicité :

  • Libérer les murs pour les artistes (comme à Londres, à Vitry….) en favorisant des espaces de street-art avec une logique promotionnelle. Sous la pression des publicitaires, on a fait la guerre contre les tags. Utiliser les espaces aujourd’hui emplis de pub comme des lieux d’information et de transmission comme les médias et les arts.
  • La première étape serait de réglementer de plus en plus les publicitaires avec des critères restrictifs (pub informatives plutôt que mensongères, limitée par rapport à la marchandisation du corps de la femme…) plutôt que d’interdire, pour ne pas couper tout un secteur de travail. La publicité est vraiment présente partout, dans tous les médiums, c’est devenu une habitude qui oriente inconsciemment nos comportements. Ensuite créer des espaces sans pub ou anti-pub car il y a un aspect manipulatoire (jeux sur les émotions, les comportements, but de confondre les besoins et envies). On imagine que l’on n’est pas affecté mais on ne choisit pas ce que l’on voit, il y a des messages subliminaux et un formatage (par ex, on croit que les sodas sucrés peuvent nous hydrater). L’indifférence est aussi renforcée, on devient passif face aux infos reçues : historiquement, la pub c’est de la propagande, la remplacer à long terme par des œuvres critiques.

les richesses et les biens communs

Partage des richesses et des moyens de production en amont

  • Il y a actuellement de grands propriétaires des terres, des ressources, et des moyens de production. Le système propriétaire/locataire est aussi ancré que celui de patron/ouvrier. Une copropriété des outils de travail, de la nourriture, des logements et vestimentaire est possible de façon locale : la mise en commun réduit les dépenses individuelles et permet d’augmenter les achats de meilleurs outils (exemple d’une coopérative en Ardèche dans la production de laine, exemple de l’usine Ambiance Bois).
  • Il est difficile de trouver les informations nécessaires au lancement de coopérative, il y a des limites administratives. Il faudrait que ces initiatives soient diffusées, pas seulement ce qu’elles produisent mais leur installation et leur fonctionnement (par exemple coopcycle est en train de se créer face à deliveroo, pour sortir du modèle de l’ubérisation). La SIC permet d’inclure dans un projet des parts à des collectivités en plus des ouvriers ; en coopérative toutes les décisions sont prises en collectif (aussi les SCOP). A Paris, COPANAM est organisé par des entrepreneur qui ont choisis de mutualiser leur outils et savoir-faire. Même au niveau politique on pourrait avoir des coopératives pour la prise de décision.
  • Aux E.U., il y a une ville où les SDF sont pris en charge par une association pour être hébergés dans un foyer et retrouver une autonomie. Dans un autre programme, on donne de l’argent sans contrepartie aux personnes en besoin : le résultat a été positif, soit les personnes en mettaient une partie de côté pour l’investir, soit elles le redistribuaient autour d’elles. Commencer par donner un logement gratuitement permet de limiter les problèmes de vol, de violence, d’incivilité, de santé et ouvre un accès à la culture et à l’éducation.
  • L’eau est aussi privatisée, une commune en France applique le concept de bien commun pour l’eau : elle est distribuée presque gratuitement et chacun est plus responsable ce qui donne moins de gaspillage. On pourrait faire de même pour l’électricité, l’accès à internet, le gaz. Par exemple pour l’électricité il y a actuellement de gros groupes centralisés qui produisent beaucoup mais ont aussi un forte déperdition d’énergie dans l’acheminement alors qu’un production locale serait plus faible en production mais donnerait au final accès à la même consommation avec un meilleur rendement et en évitant tout ce gaspillage. Pour mettre en place le prix coûtant,il suffit que ce qui est produit soit limité aux besoins du nombre d’habitants desservis, puis que le coût total soit divisé entre eux. Presque toutes les lignes internet appartiennent à Orange, qui était avant France Telecom, il est donc possible de rendre public l’accès au WIFI comme c’est le cas à certains endroits : ça peut donc aussi être géré comme bien commun.
  • Il y a eu une expérience de transport gratuit en France et on s’est rendu compte qu’il y avait moins de dégradation et plus d’entraide entre les personnes, que ça réduisait le trafic routier ainsi que tout ce qu’il occasionne (pollution de l’air et sonore, accidents, incivilités…). A Vancouver, il y a des réseaux de bus qui fonctionnement gratuitement, cela fait tourner l’économie et limite le problème de désertification.
  • L’extension de la robotisation nécessite de territorialiser le travail : que les personnes travaillent dans leur cadre de vie, pour s’organiser en local en vue de faire prospérer sa région. A partir du moment où on veut des choses, on doit apprendre à s’organiser pour les obtenir et non plus demander à un tiers supérieur puis se plaindre (ex politique). La limite est peut-être plus idéologique que pratique ou juridique. Cela doit passer par l’éducation et la diffusion de ce qui fonctionne dans ce sens. Quand on pense organisation on le pense trop souvent en terme pyramidal et on perd plus de temps à chercher comment devenir chef (par la reconnaissance et la compétition) qu’à produire pour soi et le collectif. Par la désertification, nombre de personnes ont été contraintes à s’auto-organiser (car nul ne veut « gérer » ces régions, elles ne sont pas « profitables »). Cela a produit la diversification des savoirs par échanges. On est trop habitués à demander, obéir et se plaindre, c’est le politique qui gère ainsi la frustration collective. Dans le cas de prises de décisions en commun, la question de la frustration supposera l’auto-discipline et l’apprentissage positif de l’échec par la possibilité de s’investir dans différents projets. Quand on sait qu’on décide, on est plus responsable.
  • La fonction publique est actuellement attaquée contre le privé sous une critique de privilège alors qu’elle peut servir d’exemple de ce qui peut fonctionner dans la gestion des biens communs. Le problème est qu’en étant fonctionnaire, la responsabilité collective inhérente au travail lui-même (ex éducation, santé…) est souvent limitée par la verticalité des prises de décision. Plutôt qu’une nationalisation des biens communs, il y aurait la possibilité que l’accès à prix coûtant implique de s’investir dans la production/distribution de ceux-là (de façon temporaire, par ex qq heures par semaines ou deux jours par mois…) : ceux qui ne le souhaitent pas ou ne disposent pas de ce temps auraient un tarif supérieur comprenant la main d’œuvre. C’est déjà ce qui fonctionne avec les AMAP. Proudhon a défendu le mutualisme comme une miction entre société civile et État, il n’y aurait pas de séparation entre d’un côté les trois pouvoirs et de l’autre la société. En Grèce Antique, chaque cité était autonome, la justice était donnée par les citoyens tirés au sort. On peut donc garder le droit de propriété mais sans monopole : les petits producteurs s’allient entre eux pour créer des coopératives et celles-ci seront limités juridiquement (dans leur taille et leur capacité productive), la justice étant dans les mains de la collectivités puisque les textes de loi sont là. Sans État, il y a le risque que les biens publics soient délaissés, quand il n’y a pas de transition pensée, car la seule que l’on voit aujourd’hui est celle vers le privé. La richesse de l’État est souvent bloquée par la corruption, ce qui rend les espaces publics délaissés car encore propriété de l’État mais sans moyens pour payer des employés. Du coup, on pourrait proposer aux populations de gérer ces espaces en collectif sans contrepartie, l’État reste propriétaire mais n’en tire pas de profit financier, celui-ci étant d’abord l’entretien et le développement mutuel de ces espaces. Il faudrait passer par une interdiction de vente au privé des espaces publics : la propriété de l’État est celle des citoyens, cela imposerait que tout ce que laisse l’État soir repris par des collectifs sans qu’ils soient propriétaire mais avec confiance régulée juridiquement. Cela gênerait seulement ceux qui cherchent la corruption : ça nous ferait aller vers un régime de justice plutôt qu’un régime souverain. On pourrait ainsi penser un État fédéral avec des collectivités autogérées et régulées juridiquement dans le sens des girondins.
  • Au Brésil à Porto Alegre, il y a un impôt participatif avec des réunions par quartiers lors desquelles les personnes votent pour des projets en fonction de l’argent disponible, tout est transparent. La mairie a organisé cela en 3 ans sans poser des statuts particuliers, ça s’est mis en place dans le pratique avec une gestion précise des rentrées et sorties. Problème des partenariats public/privé notamment pour les hôpitaux, centres culturels, qui bloquent ensuite la prise de décision pour le social pour aller vers la rentabilité. De même, on devra interdire l’investissement privé pour aller vers l’investissement collectif participatif quand il y a des manques financiers.

Gérer les communs

  • Égalité des territoires : au nom de l’égalité, on voit le risque d’uniformiser les pratiques et les cultures ce qui limite la création. On peut renverser la notion d’inégalité par rapport aux richesses locales (beaucoup plus dans les zones rurales, plus de possibilités d’y faire des projets concrets, que ce soit sur le plan agricole, culturel, industriel..). On l’associe surtout aux ressources minières et commerciales (proximité de fleuves, etc). Avec une économie locale, ces territoires retrouvent tout leur intérêt: on pourrait promouvoir l’accès direct aux ressources (quasi autonomie alimentaire), l’amélioration du lien social (développement des commerces de proximité) en favorisant l’accès à la propriété (coût très bas) et en interdisant les monopoles (limiter la surface que peut acquérir un acheteur).
  • Qui décide dans le territoire ? Il y a le problème de la souveraineté (au niveau régional, national, européen), donc de l’organisation, cela doit être soutenu juridiquement. Apprendre à travailler en réseaux pour faire contre-pouvoir car les pressions extérieures seront multiples. Il y a bcp de bâtiments, granges, entrepôts qui sont vides, donc le retour dans les zones rurales présente d’abord un intérêt pour l’État et la collectivité, et ce premier pas qui ne sera pas réprimé permettra que les mentalités changent. La robotisation peut aussi pousser les personnes à s’extraire du modèle de travail/dépendance aux grandes entreprises : c’est ce que la Grèce a essayé de faire récemment et il y a eu un blocage de l’Europe. Peut-être que nous devrons passer par une lutte directe pour ne pas subir les répressions extérieures, cela suppose de développer en interne une autonomie suffisante pour qu’ils n’aient pas de moyen de pression, dans le sens de la désobéissance civile.
  • Pour financer la réimplantation de la population, cela peut passer par l’emploi : pôle emploi finance de nombreuses formations qui servent bien souvent plus de trompe-l’œil pour rendre les personnes « actives ». On pourrait par le même biais financer des projets dans les zones rurales, de façon individuelle ou collective, à court ou moyen terme (ex : rétablissement d’un réseau, aménagement de lieux délaissées..) avec beaucoup plus d’ouverture que les formations proposées actuellement.
  • Au niveau de la santé, on pourrait imaginer des lieux pluridisciplinaires d’échange de savoir et pratiques dans les zones sans médecins où les étudiants devront passer une à deux années de leur cursus et où chacun pourra aller apprendre les bases et se soigner. On gardera la fonction des hôpitaux publics et des universités dans les grandes villes, mais ces centres permettront une meilleure distribution de l’accès aux soins de bases et apporteront une autonomie. Le risque est que cela pose plusieurs niveaux de soins dans la qualité fournie, ça devra fonctionner comme interface. De même, dans la recherche médicale, les brevets seront interdits ainsi que la commercialisation privée dans le domaine de la santé : il y a un écart immense et non justifié entre le coût de fabrication et le coût final du médicament. De plus, on est trop dépendant des médoc : ces centres permettront l’accès à d’autres formes de thérapeutiques.
  • La sécurité sociale masque le problème de fond qui est celui du profit des entreprises pharmaceutiques : si tous les brevets sont publiques, l’accès au médicament comprendra seulement le prix de fabrication et de transport. Il devra être gratuit mais avec une forte diminution, grâce à une politique « sans médoc » qui traite les causes de la maladie plutôt que les symptômes en réduisant les capacités de défense du corps.

Nationaliser les banques ?

  • Garder les banques de proximité avec la gestion des services par les personnes elles-mêmes : les banquiers sont là pour expliquer le fonctionnement comme conseillers et non pas comme commerciaux. Supprimer les intérêts et fonctionner avec l’argent disponible et les monnaies locales avec un principe de redistribution directe et de projets en commun.

Étatiser le monde bancaire, rendre au citoyen le pouvoir de création monétaire 

  • Des expériences de monnaies locales fonctionnent bien, leur principe reste de ne pas s’étendre trop géographiquement. Par contre on pourrait en faire dans tous les départements, ça pourrait être un don à la base pour chaque personne par département, comme un salaire universel, cela va ensuite se redistribuer. C’est une création monétaire donc il suffit de décider de sa création pour que chacun puisse participer au circuit économique. On garderait l’euro pour ce qui est des échanges au niveau national et plus, il n’y aurait pas de change possible entre les deux, la monnaie locale aurait un taux fixe lié aux valeurs d’usage. La TINDA est une monnaie locale qui fonctionne, liée à une association : ce sont les adhérents qui décident, il y a une entente avec des crédits coopératifs et des mutuelles, ils ont donc un système bancaire.
  • Jusqu’à Mitterrand, c’est l’État qui avait la main sur la création monétaire, maintenant ce sont les banques mais cela ne produit pas de redistribution. Pour la monnaie locale, on pourrait donc mettre en place un établissement de prêt qui gère les échanges et transferts, ou alors que les projets soient décidés et financés en communs ce qui retire la nécessité d’une banque.
  • Est-ce que le problème n’est pas plutôt ce que représente l’argent ? Plus on imprime de la monnaie, plus elle perd de la valeur, plus les prix sont élevés. Il faudrait fixer des prix maximums pour les loyers, l’alimentation, les vêtements, à quoi devrait répondre le salaire minimum. La monnaie locale serait une monnaie constante qui ne pourrait être dévaluées, après le don de base, qui peut être renouvelé sur une année, elle circulerait via les échanges et serait nécessairement redistribuée ou mise en circulation à partir d’un certain montant par personne (pas de possibilité d’accumulation). Cela nécessite un organisme qui le gère, ça pourrait être des fonctions tournantes.
  • Il faudrait être payé au prix réel du coût de son travail. Réduire l’impact et l’importance de l’argent en développant d’autres formes d’échange : travail partagé, service contre service, troc… En fait l’argent nous rend méfiant alors que c’est lui qui permet la tromperie : s’en passer nécessite la confiance et la confiance nécessite de s’en passer le plus souvent. Tout est traduit en argent, c’est ce qui guide une grande partie de nos choix et modèle les relations sociales, professionnelles… La BCE ne rend de compte à personne ; quand les États empruntent à la BCE, il ne devrait pas y avoir d’intérêts car ils s’empruntent à eux-mêmes. Or nous sommes obligés de passer par des banques privées avec de forts taux d’intérêts. La France devrait emprunter à la Banque de France qui serait gérée publiquement. Il est obligatoire en France d’avoir un compte bancaire et le salaire doit obligatoirement être versé dessus.
  • On est passé à une monnaie fiduciaire, c’est-à-dire qu’elle n’est plus liée à une valeur matérielle. Aujourd’hui ce sont des institutions qui déterminent la valeur de l’argent, et cela s’étend de plus en plus à de l’argent dématérialisé. La privatisation de la monnaie a été actée en 1973 par Giscard d’Estaing ministre des finances sous Pompidou. La monnaie virtuelle n’a pas de valeur en soit, elle est basée sur la spéculation.
  • Proudhon voulait créer une banque du peuple, Galbraith a parlé de technostructures : l’argent est géré par des experts. Mettre en place une parité sociale chez ceux qui contrôlent la monnaie pour qu’ils prennent en compte les réalités du terrain. On est actuellement totalement impuissants face au contrôle des banques. En cas de révolution, il faudrait commencer par les banques !!
  • L’argent ne devrait pas réguler les biens communs et la forme monétaire ne devrait pas pouvoir s’accumuler. Non privatisation des ressources premières : eau, électricité, logements à vie. Les amérindiens commerçaient d’une tribu à l’autre le fruit de leur travail. Le problème du revenu universel, même s’il nous permet de nous émanciper du salariat nous laisse dans ce « tout argent » géré par les banques, il est important d’accéder directement aux ressources. Repenser le système de partage du fruit de notre travail, transformer la monnaie en propriété sociale sous contrôle des citoyens.
  • Les matières premières telles que les minerais sont seulement disponibles en petites quantités alors qu’elle sont exploitées sous spéculation : on devrait considérer ces matières comme capital imprivatisable de l’humanité, à utiliser seulement pour la nécessité de la communauté. Pour l’alimentation, les logements, l’eau, l’électricité, si cela est gratuit se pose le problème du travail humain et non humain sous-tendu. Ça passe par l’accès aux parcelles pour cultiver soi-même, aussi récupérer l’eau de pluie, générer sa propre électricité ou en commun. Plutôt que le revenu universel, rendre accès pour chacun aux ressources : c’est d »abord cela qui doit être distribué, l’argent sera secondaire. A l’époque des physiocrates, la richesse était liée à la terre.

Une société sans argent ?

  • Cela suppose de changer les mentalités, ne plus poser l’argent comme but. Au niveau local, commencer par des échanges de service, des matières premières et des compétences sans en passer par l’argent. Le problème est surtout au niveau des moyens de production. Remplacer les échanges monétaires par un échange de service avec un co-apprentissage. A la ZAD, il y a ce fonctionnement local mais qui reste en partie dépendant des apports monétaires extérieurs.
  • Que tout le monde soit mis à zéro en redistribuant ce qui est disponible, arrêter la création monétaire, les crédits et la spéculation. Utiliser seulement l’argent qui circule actuellement.
  • La monnaie locale peut autant être détournée que l’argent actuellement. C’est un outil supplémentaire qui renforce aussi la dimension identitaire. Sortir de l’argent ne permettra pas de sortir des logiques de domination. Cela suppose au niveau national une société de droit avec une propriété d’usage de base (on a le droit de disposer d’un bien tant qu’on en a besoin) et sa limite à partir de laquelle ce serait redistribué. Dans ce cas l’argent demeurera un simple moyen et non plus une fin. Pour ce qui est des ressources rares, ce serait propriété de l’humanité à penser seulement en termes d’usage à long terme. Cela ne signifie pas faire un tout étatique comme dans le communisme.
  • Diminuer la valeur de l’argent en démonétisant le travail et en retrouvant une société de droits inaliénables : accès à un logement, à la nourriture, eau, etc… Le travail servirait alors à développer des services, faire des projets ensemble dont chacun.e est directement bénéficiaire sans argent, donc un travail déspécialisé.
  • Il y a du gratuit qui se met en place (bus, vélo) et ça pourrait être étendu à la culture, comme participatif et pas comme un dû : rendre nous-mêmes ce dont nous n’avons pas besoin en libre-accès gratuit ou à échanger. Dans certains lieux (immeubles, caves…) il y a déjà des échanges, comme dans les relations amicales nous devons être capables d’étendre la confiance. Il y a aussi des boutiques de réparation/échanges qui existent en ce sens. Solliciter les grosses enseignes pour qu’elles soient aussi des lieux où l’on peut ce dont on ne se sert plus et récupérer ce qui est laissé. Cela éviterait de diviser les lieux et une plus grande mixité : on verra à ce moment là ce qui manque réellement et doit être créé, par rapport à ce qui ne répond qu’au désir de consommation. Si les grandes surfaces refusent, on pourrait installer des stands devant, également sur des lieux de passage (c’est le système des vides greniers). Est-ce que l’Etat pourrait créer un service public du troc sans bénéfices, dans une visée écologique ? Qu’il y ait des ressourceries partout dans les milieux urbains, de même dans les décharges.
  • Mettre en place des pots communs de compétences à échanger : des quartiers entiers ont été construits par les ouvriers eux-mêmes dans les années 50. ça n’a pas duré car on a imposé aux entrepreneurs de s’en charger (commandes d’Etat).
  • Une société sans argent est plus facile à mettre en place en campagne qu’en ville car l’économie monétaire y est limitée, les relations de proximité et les échanges directs sont restés. Vivre sans argent c’est facile seulement en microsociété car ça suppose une autonomie. Ça pourrait commencer en ville par brasser sa propre bière, ce qui suppose de changer la temporalité par rapport à notre mode de consommation : le numérique peut aider la simultanéité des besoins réciproques.
  • Pour Aristote, l’origine de l’argent s’est faite dans l’Agora : le troc posait souvent le problème de disjonction temporel entre ce qui est dispo et ce dont on a besoin, d’où la classe des commerçants s’est développée pour acheter les produits des artisans et les revendre en même temps au même endroit, avec une commission prise. Pour les sumériens, c’était seulement pour les transactions lourdes internationales qu’on utilisait l’argent. Dans une société sans argent, les commerçants seraient ceux qui font circuler les produits, l’échange se situerait dans un accueil chez les habitants de ces commerçants. C’est ce qui se passait dans les politiques africaines, des nomades faisaient circuler des matières non accessibles en fonction des lieux et ils étaient hébergés chez l’habitant. Ça s’est arrêté avec la colonisation par la monopolisation des matières premières.
  • Au niveau de la santé, même si on retrouve les savoirs ancestraux, il y a un coût de plus en plus important avec la technicisation. Peut-être qu’avant de développer des technologies très couteuse, on devrait d’abord se demander comme limite si tout le monde pourra y avoir accès (penser la qualité des soins sous condition de l’égalité d’accès). Pour tout ce qui est technique, il y a ce problème de coût de fabrication, même s’il est socialisé. Déjà si on enlève les brevets ça réduit considérablement des coûts, ne reste que celui des matières premières et de la fabrication. On pourra aussi retirer tous les problèmes que l’argent et la précarité produisent sur la santé : mal-bouffe, stress, insalubrité, abus, pollution… Cela suppose aussi de cesser la surmédicalisation, revoir le rapport à la maladie et à la mort. Transmettre les savoirs de l’herboristerie et les autres médecines naturelles, qui seraient alors accessibles sans argent comme pour les jardins partagés. Dans la culture de l’échange symbolique, c’était un honneur d’être guérisseur, alors que l’argent a rendu le rôle de médecin comme marchand parmi d’autres, ce qui produit bcp de souffrance au travail.

L’écologie

Limiter la pollution

  • La phytol-remédiation permet de dépolluer les sols et l’air. En amont nous pouvons modifier nos types de transport (limiter les déplacements individuels) et végétaliser les espaces urbains et agricoles victimes de l’agriculture intensive. Des territoires en France sont très pollués à cause des pesticides : comment peut-on se protéger au quotidien et mener des actions directes non violentes ? Sans interruption de la production, il faut 5 ans pour dépolluer les sols (via orge, trèfles rouges, oseille, sauge, tabac, permaculture, si problèmes d’escargot, on peut amener des canards). Les vignerons le faisant n’ont pas eu de baisse de production, plutôt une hausse à long terme, idem pour le riz au Japon et pour l’agroforesterie. C’est donc faisable et rentable. La permaculture nécessite moins de terrain, de travail et de ressources que l’agriculture intensive pour un meilleur rendement et à plus long terme. Plus il y a de vers de terre dans une parcelle, plus celle-ci est de bonne qualité. En Bretagne il y a un lieu de surproduction avec trop de lisier qui a pourri les sols et les eaux (présence maintenant de roches et extension par le courant de la contamination). Il y a des zones plus arides au Sénégal et au Sahel : pour lutter contre l’avancée du désert, on plante des arbres (ceinture verte) ce qui favorise la rétention des sols et permet à moyen terme d’y faire une production agricole. La permaculture est une solution justement pour les territoires les plus pauvres, elle permet aussi le retour des animaux (ex SEL de la Terre au Brésil)
  • Lutter contre les grands projets inutiles (ex aéroport de NDDL, Europacity..) en montrant leur impact sur le climat, la pollution. Des stades de foot se construisent au Quatar alors qu’ils sont très polluants : on devrait faire des rencontre sportives le lieu d’émergences de nouvelles alternatives et non pas de consommation où l’on apprend et on consomme les produits locaux. Favoriser la production sur place, en local, pour limiter les transports, recréer des filières courtes et des échanges au niveau local. Rendre les transports en commun gratuits, les contrôleurs pourront aider à orienter les personnes ou végétaliser les voies ! Fournir des vélos gratuitement à toute la population : à Pékin 800 000 vélos ont été mis à disposition de tout le monde et personne ne les attache, il n’y a pas de dégradations. La pollution n’est plus en train d’y monter comme c’était le cas toutes ces dernières années.
  • Les biocarburants sont une fausse réponse, il y a la possibilité de moteurs à l’acide formique. Les moteurs à hydrogène fonctionnent mais sont actuellement hors de prix. La société française est la plus nucléarisée, c’est un ordre atomique totalitaire qui ne pousse pas à penser sans. On peut lutter directement auprès des usines (ce qui produit une forte répression : ex de la mobilisation à Saint-Lô contre la construction d’un nouveau réacteur, idem à Bure), porter plainte contre AREVA et l’ASM (agence de sûreté du nucléaire), le Forum social contre le nucléaire aura lieu à Paris les 2,3,4 novembre à la Bourse du travail. Des milliards d’euros sont encore investis pour le nucléaire alors qu’on peut mettre des panneaux solaires (attention problème des métaux rares) sur tous les bâtiments administratifs, on peut aussi créer de l’énergie à partir des éléments organiques et créer des lieux qui l’utilisent pour produire de l’énergie. L’énergie ce n’est pas la même chose que l’électricité : l’électricité en France c’est 20% des énergies consommées (dans lesquelles le nucléaire représente 9% de l’énergie produite). L’énergie douce est une énergie maîtrisable par la population, à l’inverse d’une énergie centralisée qui nous fait dépendre d’une autorité supérieure et d’experts de sa sûreté… L’énergie douce va avec de la sobriété dans la société, le gaspillage est surtout organisé au niveau politique mais on cherche à cibler la responsabilité individuelle. Le nucléaire est aussi consommateur d’une grande part de ce qu’il produit (plus la perte dû au transport…), comme les centrales nucléaires produisent en continue, cela donne bien de trop et l’État fait tout pour que ce soit utilisé et nous faire croire qu’on ne peut s’en passer (ça fait partie du développement militaire de la France). Les champs d’éoliennes sont encore dans la production de masse et consomment aussi : de petites éoliennes peuvent être utiles de façon locale. En Espagne il y a peu d’éoliennes car ils refusent d’adhérer aux normes imposées.
  • Que toutes les associations qui ciblent une cause environnementale se mettent ensemble et avancent des projets locaux concrets. Que les entreprises soient interdites de vente ou au moins d’importation (plutôt que de payer des taxes qui ne les gênent pas) quand elles ne respectent pas les normes polluantes (idem pour les conditions de travail).
  • Changer notre façon de consommer : limiter le nombre de télé, mobiles, ordinateur dans les foyers. Faire des espaces d’utilisation commune à libre accès où l’on puisse déposer ce dont on ne sert plus et utiliser ou prendre ce qui est sur place (accepter qu’on puise déposer du mobilier aussi dans l’espace public). Aux Pays-Bas, sont ouvertes des décharges publiques avec des ateliers pour apprendre à fabriquer à partir des déchets, on peut partir gratuitement avec son produit (ça a aussi fait baisser le marché des meubles).
  • Il y a aussi une pollution mentale avec les publicités et les médias : favoriser la marche et poser la question des déplacements vraiment nécessaires. Annoncer clairement la traçabilité dans les super-marchés et sur les publicités. De même pour tous les projets publics : Autolib surconsomme de l’énergie pour maintenir l’activité électrique et cela est masqué par la prétention écologique. Iriss Aberkane a écrit « Libérez votre cerveau ».
  • Pollution agroalimentaire industrielle : les usines qui fabriquent de l’huile polluent bcp, on pourrait refuser de consommer les produits issus de la grande distribution si on a une alternative locale et suffisamment d’information. Pas de FNSEA dans la société idéale, si tout est tracé et plus local, le contrôle pourra être citoyen (éducation au goût), d’autant plus si ce contrôle se fait dès la production : les ouvriers consomment ce qu’ils font (exemple des SCOP). Actions contre les OGM en s’attaquant aux usines et en investissant les champs (exemple : mobilisation des parents contre l’usine polluante à Montreuil qui se fait à côté d’une école).
  • Passer par plus d’impôts pour les personnes qui ont une consommation importante et produise bcp de déchets, contravention pour celles qui ne recyclent pas (comprenant les entreprises et institutions).
  • Les vaccins : faire de vraies études subventionnées par le public pour savoir l’impact des vaccins sur le système immunitaire. Faire leur production en public, interdire les brevets dans la santé pour rendre les médicaments à leur coût de fabrication, accessibles à ceux/celles qui en ont vraiment besoin (pas de lobbying). Il n’y a pas de lien de causalité établi entre hépatite B et sclérose en plaque, mais on observe la diminution des défenses immunitaires quand les vaccins sont administrés en dessous de 4 ans. En plus cela n’empêche pas totalement de contracter la maladie. Stephano Montonari a trouvé dans presque tous les vaccins des microparticules polluantes pour le corps et dénonce la volonté des labos de nous rendre malade à leur profit.. Monsantos et Bayer ont fusionné (lobbies d’agriculture et pharmaceutique)… Donner des subventions à ceux/celles qui n’utilisent pas leur produits mais créent les leurs et mettre en avant ces produits dans le marché de consommation (ex des semences, idem avec les plantes pour nous soigner).
  • La permaculture peut se faire en ville dans l’immédiat : culture de champignons dans les caves d’immeubles (par exemple les pleurotes poussent en continue), tours de dépollution végétales (building transformé en serres pour dépolluer le milieu urbain). Si cela a un rôle immédiat, poursuivre en parallèle la limitation de ce qui pollue.
  • Transmettre ces savoirs dès l’éducation, le mettre en place dans les écoles et le proposer comme formation pour les chômeurs (ils sauraient comment devenir autonomes), qu’on fasse des contre-publicités pour dénoncer et orienter sur ce qui peut changer. Former un lobbying citoyen pour contrecarrer les lobbies industriels qui imposent sans que les politiques n’agissent (pas de contre-pouvoir national ou international : on a perdu contre le glycophate)

Gestion de l’espace partagé

  • Interdire les projets sur les zones protégées, obligation plutôt de réaménager les espaces délaissés et les bâtiments inutilisés. Réquisition des logements vides et des bâtiments publics pour y faire des projets associatifs. Les terres agricoles ne devraient pas être propriété privée mais propriété sociale : biens essentiellement mis au service des besoins de la population qui pourraient être gérés par des collectivités locales. Les produits d’Yves Rocher sont en train de dévaster les forêts de Java et de Bornéo au nom de produits écologiques.
  • Le loup est une espèce protégée, sa réinsertion dans un espace peut réduire la surpopulation d’autres espèces, mais il est chassé par les locaux. Il faudra une réglementation et des informations très claires là-dessus. Cela produit toujours de la polémique de réinsérer des espèces (que ce soit des insectes, des prédateurs…) car on voudrait tout contrôler, résultat par exemple à Paris il n’y a plus de fourmis alors qu’elles sont indispensables pour les déchets vivants (carcasses d’animaux morts, etc). Dans la forêt amazonienne on continue d’exploiter la nature en essayant en même temps de replanter mais en cherchant à régler un problème créé par l’homme, on l’empire car cela est encore dans une visée d’exploitation. L’activité humaine est très dommageable à l’écologie, il faudrait étendre des réserves naturelles inaccessibles à l’homme. Par exemple à Tchernobyl la faune et la flore se sont largement développées même si c’est une zone radioactive car elle est interdite à l’homme. Nous devons arrêter d’essayer de réguler car cela est pire après.
  • Il y a de plus en plus d’humains et cela est en lien avec la disparition des autres espèces (guépards, tigres, éléphants), il faudrait arrêter la prédation plutôt que de faire de la réinsertion. L’animal est aussi une grande source de pollution, d’autant plus avec l’élevage intensif qui d’ailleurs produit bcp trop de viande, de déchets… On pourrait prévoir en avance exactement de quoi l’on a besoin au niveau alimentaire et arrêter le gaspillage du vivant, pour l’agriculture en faire le plus soi-même et ne plus commercialiser aussi librement ce qui est d’origine animale, en commençant par refuser de les acheter dans la grande distribution.
  • On a eu un rapport d’hostilité, instrumental puis actuellement affectif aux animaux (animaux de compagnie) : il serait temps d’avoir un rapport de respect du vivant qui le laisserait évoluer librement. Le problème de la surpopulation de sangliers ou de chevreuils existe car nous avons tué les autres prédateurs que l’homme. C’est comme dans l’économie, on agit à chaque fois qu’il y a une crise mais on ne laisse pas le système se renouveler de lui-même et en agissant ainsi on provoque les crises à répétition en faisant continuer le dysfonctionnement. Si on laisse la surpopulation se faire, des prédateurs vont revenir, mais l’homme risquerait alors de se faire déborder.
  • Limiter le nombre de biens et de propriétés par personne : à partir d’un certain niveau tout devrait être redistribué. Il y a actuellement un grand mépris par rapport à ceux/celles qui n’ont pas de pouvoir d’achat, c’est parce qu’il y a bcp de pauvres que la planète suffit encore à nourrir la population. Si on ne pense pas au bien-être des hommes, comment peut-on penser au bien-être des animaux. Il y a des éléments culturels (tels que la religion) qui donnent un autre rapport aux animaux (ex divin, sacré), tout comme le rapport à l’étranger. Ce qui choque dans la notion de régulation des naissances c’est qui décide pour qui. En développant un bien vivre ensemble il n’y aurait pas besoin de réguler les dépenses, s’il y a moins de misère cela se fera tout seul. Les dérèglements climatiques imposent déjà des zones qui ne seront plus habitables.
  • On pense tout actuellement en terme d’utilité donc sans respect du vivant. Se pose la question de la place que l’homme se donne comme justicier du monde et de la place qu’il laisse au reste, pensant faire mieux que la nature, en fait il n’agit que sur les lieux où il a quelque chose à prendre ou à contrôler pour son profit. « l’homme est la nature qui prend conscience d’elle-même ». Tout pourrait fonctionner sans l’homme, sa présence prétend donner un sens en dirigeant les choses. On n’a pas de moyens naturels pour lutter contre les prédateurs, d’où on a développé tous ces moyens techniques qui nous ont rendu maitres. On rejette actuellement du mercure en Amazonie pour obtenir de l’or (pour la margarine, les produits de beauté, les lubrifiants). La permaculture est un mode de prouction non reconnu légalement.

Agriculture locale :

  • Le système économique fonctionne mieux avec une multitude d’espèces : comment stopper les monocultures ? Permettre l’accès pour chacun à des parcelles de permaculture. Pour arrêter les monopoles, il suffirait de ne plus avoir besoin de leurs produits, le problème de l’autonomie alimentaire est qu’actuellement on ne peut pas légalement occuper les terres. C’est la SAFER qui gère les terres agricoles en France, or la spéculation permet de détourner cet organisme et retire les terres aux agriculteurs français. Il est nécessaire de mettre du judiciaire là-dedans : il y a aussi le blocage des banques car l’investissement des terres agricoles est bcp plus coûteux depuis cette spéculation donc cela n’est plus accessible qu’aux monopoles déjà existants. A Mayotte il y a un problème d’eau potable à cause de la surpopulation, du coup ils ont replanté des arbres et une agriculture diversifiée, ils se retrouvent avec une autonomie alimentaire qu’ils n’avaient pas avec la monoculture. Des parcelles sont prises dans les marchés financiers, même des villages entiers : il faut sortir les terres du marché, comme toutes les matières vivantes. Aussi recréer une communication entre villages pour que tout ce qui est délaissé puisse êre investi au niveau local, favoriser les bulles d’échanges pour monter des projets.
  • Ex vidéo de Jean Michel Cornu, aussi des livres : « intoxication », « plaisirs cuisinés ou poisons cachés »
  • La permaculture c’est aussi de l’éducation et de la sensibilisation aux savoirs agricoles. Il y a des projets d’éducation et d’agriculture comprenant la transmission intergénérationnelle qui permettent de changer une région (connecter la mairie aux enseignants, scientifiques, commerçants et agriculteurs).
  • Il faut mettre les valeurs nutritives des aliments et leur traçabilité sur les publicités, qu’elles soient informatives et que l’on ait à côté la possibilité de mettre des annonces, informations par rapport à ce qui se passe, ce qui se créé. En ville, ne pas limiter les « espaces verts » pour décorer , mais s’approprier un peut partout ces zones non bitumées, et enlever le béton où c’est possible, végétaliser les toits d’immeubles, de même avec tous les espaces délaissés (ex des jardins partagés à la place des rails désaffectés, ça pourrait relier les communes entre elles). Or pour le moment cela est très réglementé : il faut un permis de végétaliser et un panneau indicatif.

Sortir de la standardisation pour plus de qualité

  • Éviter les conserves et les surgelés et multiplier les variétés des aliments disponibles : produire d’autres aliments qui sont délaissés alors qu’ils ont de très bons apports (contrairement aux nombreuses variétés de pommes transgéniques dont les pieds ne peuvent pas se reproduire). Que les valeurs nutritives soient écrites sur les aliments pour qu’on ne se fixe plus seulement sur l’aspect esthétique : ça changera le rapport qualité/prix/quantité. Il y a pleins de fruits et légumes que l’on ne connaît pas, dans les années 50-60 en France le producteur arrivait directement auprès des consommateurs pour vendre ses produits et dire comment ils étaient cultivés.
  • Dans le projet contre Europacity, la petite parcelle cultivée a permis de produire plus de 100kg de légumes sans produits chimiques. Mettre des jardins cultivés dans les écoles est d’un grand apport éducatif (connaissance du vivant, rapport à la terre, moindre coût, les enfants sont valorisés en rapportant les légumes chez eux…). A Versailles, ça s’est diffusé grâce au travail d’une paysagiste et cela a été répété aux pieds des cités pour que les enfants puissent continuer avec leur famille. Au niveau de l’hygiène dans les cantines, cela se passe de la même façon que dans une cantine traditionnelle, sauf que les enfants participent. Le fait que les jardins partagés soient ouverts et sur des lieux de passage donne une curiosité et une mixité intergénérationnelle et sociale : c’est le cas à Versailles.
  • Est-ce que les personnes accepteraient de se réguler pour respecter les saisons ? D’un côté on aime bien le cycle saisonnier qui rythme notre année, et la plupart des légumes existent en différentes variétés qui se déploient dans l’année. On peut faire des conserves avec des produits naturels, les sécher, etc et garder ainsi la qualité nutritive des aliments. Cela n’empêche qu’on puisse avoir accès à des ressources qui viennent de plus loin avec un système d’échange.

 

Rester sur la valeur d’usage, sortir des images, limiter l’argent :

  • Dans son livre « société de consommation » Jean Baudrillard montre que l’argent a un coût lui-même pour faire fonctionner la société, plus que ça nous apporte. On n’est pas sur la valeur réelle des objets, associée au besoin qu’on en a, mais sur l’image qu’ils évoquent dans le marketing. Que toutes les choses primaires soient de plus en plus en accès direct, sans argent. Edouard Bernays (neveu de Freud) a lancé la publicité aux E.U. Telle qu’on la connait encore actuellement : en distinguant le besoin du désir qui fait vendre (voir aussi Mandeville, La fable des abeilles). La valeur d’échange met les produits en concurrence les uns avec les autres, sans prendre en compte leur valeur d’usage (par ex on regarde la marque d’un tee-shirt plus que sa qualité) : la consommation se fait en fonction de l’offre et la demande et pas en fonction des besoins, au point que ceux-là ne sont pas comblés pour tous. La publicité mensongère nous a fait croire que l’eau du robinet était moins bonne que l’eau en bouteille pour faire du profit.
  • Si l’État était démocratique, les personnes décideraient elles-mêmes et auraient accès aux ressources et à ce qu’elles produisent. La vie elle-même devient une valeur d’échange, nous sommes des produits à vendre sur le marché du travail.  Dans le PNB on additionne produits utiles et produits inutiles : l’économie de la valeur d’échange voile tout ce qui manque au niveau des besoins. Cela est favorisé par les banques et la spéculation, l’argent permet d’avoir le contrôle sur les personnes car tout est marchandise. Commencer par des monnaies alternatives sans spéculation qui favorisent les échanges locaux et le troc : par exemple l’Occitaniehttps://www.monnaielibreoccitanie.org/#decouvrir
  • Pour se passer de l’argent, apprendre à échanger ce que l’on a et ce que l’on sait faire. Même l’échange de services est pris dans le monopole de l’argent : commencer avec des rencontres de proximité, pour se passer du tiers monnaie avec un rapport de confiance (la monnaie efface le fait qu’au fond on se méfie de l’autre, il faut que la valeur de son produit soit définie par ce tiers monnaie). La cryptomonnaie est décentralisée mais est aussi soumise à la spéculation.
  • Changer la perception des ressources naturelles en les faisant passer dans les biens communs de l’humanité avec une juridiction très stricte. Imaginer une forme de sécurité alimentaire mondiale redistributive avec des cotisations pour que des terres agricoles sociales permettent de nourrir tous ceux qui n’ont pas accès aux besoins premiers. Avoir aussi un droit universel d’accès au numérique.
  • La valeur liée au capital humain fait que pour se développer il faut « être différent des autres » : c’est la course à l’innovation fictive car plus on essaie d’être différent pour être reconnu comme existant, plus on est tous pareils (c’est comme de modifier son corps pour se sentir soi). Revaloriser des choses comme l’ennui, la paresse, la discrétion, la gentillesse… Le pb n’est pas la valeur, c’est qu’elle est attachée à l’économie : penser en terme de qualité humaine, hors compétition. Aller vers le souci de soi de Foucault sans que cela devienne un impératif surmoïque mais un art de vivre, à inventer selon chacun, qui produise des échanges et des rencontres.
  • On est pris dans l’ordre des pronoms et ce qu’ils posent comme divisions : nous/eux/il faut/on doit… Cela efface la responsabilité de ceux qui font des choix pour les autres : repenser en terme de « je ». Ce qui est mis dans le marché c’est de la création, ce n’est pas de soi, ce n’est pas soi que l’on doit vendre, mais ce que l’on veut bien donner. Le cours de Foucault sur « le courage de la vérité » parle de la paresia comme du « dire vrai » : on met sa peau en jeux, on est responsable de sa pensée, de ses dires, et de ce que ça peut engendrer. Celui qui a le courage de vérité devrait être reconnu plutôt que méprisé comme c’est le cas dans notre culture du semblant et du mensonge. Bourdieu parle de la ruse des faibles, dans la capacité d’encaisser qui fonde le contrat social. Peut-on parler de soucis de soi dans une société de méfiance où on attend des retours ?
  • La dématérialisation nous retire l’accès aux ressources et aux autres (rapport de force qui supprime le facteur humain). L’acte de faire est important : ce que l’on fait avec la bibliothèque gratuite « biblio debout » ce n’est que de la valeur d’usage sans lien à l’argent.

 

Passer du système économique à un système écologique

  • un système écologique suppose des échanges entre les milieux sans poser des identités séparées ni des propriétés définies (pas de tiers argent). C’est aussi sortir des déchets et de la dette avec la permaculture et le recyclage. L’enjeu écologique c’est le futur car cela concerne chacun.e et ses enfants, quelle que soit le courant politique (mais les riches croient pouvoir s’en sortir même s’ils continuent de polluer, au détriment des pauvres). Abandonner économisme pour passer à l’écologie sociale : l’économie est pensée en terme d’infini, l’écologie en cycles et en limité. Ce qui disparaît ne revient pas, ce qui est pollué met de plus en plus de temps à se régénérer. L’écologie s’appuie sur la technique et le savoir-faire : on ne ment pas avec la terre comme on peut le faire avec l’argent. Le pb est la pensée technologique et utilitariste plus que scientifique.
  • Beaucoup ne se sentent pas responsables, comme individus, du désastre écologique, pointant les grands industriels : la doxa a développé dans l’opinion qu’on est individuellement responsable pour ne pas les mettre en procès. Le pb est de participer à ce système en consommant leur production. Le tri c’est une injonction à faire des déchets, on devrait s’organiser collectivement pour faire les procès des grands pollueurs pour crime contre l’humanité. Il y a un principe de précaution en France, on devrait refuser sur le marché ce qui nuit à la santé et à l’écologie (OGM, nucléaire) : nécessité d’un contrôle citoyen et pas institutionnel dans les entreprises. Même si on dépend de l’argent, on peut développer autour de nous le maximum pour sortir de l’ordre économique. Penser un système qui ne serait basé que sur du temps, que ce soit l’étalon de valeur ? Même quand l’État cherche à réguler les multinationales, c’est impossible (ex faire payer des impôts à Google).

Le gouvernement

  • Assemblées constituantes

Proposition :

« Mandat impératif, révocable, non cumulable, non renouvelable, aucune immunité parlementaire si l’on veut garder des représentants (choix qui serait fait au sortir des débats lors des Assemblées constituantes pour ré-écrire la constitution).

Processus qui pourrait durer 2 ans.

Nécessité que ces Assemblées constituantes aient une légitimité qui ne puisse être remise en cause à la fin du processus en fonction du contexte politique/économique ou autre.

Plusieurs groupes de citoyens (nombre à imaginer en pourcentage par rapport à la population globale) tirés au sort parmi les volontaires réécrivent la constitution dans chaque territoire, avec mixité sociale, sexuelle, âge. Comment arriver à une décision commune ?

Problème des rapporteurs : généralisation et perte de qualité par rapport aux débats premiers. Il y a forcément une perte, les rapporteurs ont un texte à défendre et s’engagent là-dessus, transparence totale par rapport au débat final (les rapporteurs de chaque groupe ramènent leur texte et débattent ensemble) qui sera retransmis en direct. C’est l’exercice en lui-même qui sera un apprentissage pour tou/te/s.

Travail sur les points de rapprochement d’abord, avant les divergences : que les textes soient le moins possibles interprétables et donc suffisamment précis. Un groupe de juriste « expert » pourrait être invité pour veiller à la traduction en droits du texte final. »

 

Comment y arriver ?

Les citoyens constituants s’organisent tous les mois pour cette initiative. Changer le mot constitution qui se réfère à des mouvements depuis quelque temps déjà, et ça exclue une partie des personnes qui ne s’y sent pas concernée. La constitution c’est les règles du jeu d’une société, attention aux enjeux de pouvoir. Ça s’est fait en Islande et ça a été respecté : comment ça pourrait être appliqué et respecté en France ? Pour qu’il y ait une participation large, ça devrait être imposé par les pouvoirs publics.

Ou alors le diffuser en local, l’imposer par la base, trouver de nouveaux mots, faire une révolution et créer attendant un gouvernement provisoire ! Mais même là à partir d’où une constitution est-elle légitime ? La constitution pourrait avoir une version régionale, une version nationale et une version européenne pour que ce soit plus adapté et flexible. Qui déciderait de l’application de cette constitution ? ça doit être bien organisé (transparence et égalité dans les échanges et prises de décisions) avec une base large et ouverte : aucune association n’a encore réussi à le mettre en place, est-ce que ça devrait venir du politique ? Le risque est que ce soit ceux/celles qui l’organisent qui décident au final.

Les personnes tirées au sort doivent être disponibles : ce qui pose le problème du travail, de la famille à charge et autres, beaucoup ne pourraient pas au-delà de quelques heures par semaine. Le revenu citoyen pourrait aider à ce que les personnes s’investissent et aient du temps. Dans le processus même du travail constituant, il y aura un apprentissage et un consensus qui pourra se produire (moins de débats stériles à long terme), ça devrait durer plus de deux ans… En Belgique, il n’y a pas eu de gouvernement pendant plus d’un an donc cela devrait être possible en France si la représentativité n’est plus pouvoir décisionnel mais seulement lieu de relais.

On peut commencer au niveau local par changer les choses, et les faire entrer peu à peu dans le droit plutôt que de passer par un débat constitutionnel. Le risque est que l’inclusion soit plus longue, voire qu’elle ne se fasse pas, les initiatives restant isolées et ignorées par le pouvoir public. Par exemple en Catalogne, ça a été bloqué par le gouvernement espagnol.

Peut-être que les Assemblées Constituantes seront sous forme d’éducation populaire, avec en plus une fonction décisionnelle. Les conseils citoyens ne fonctionnent pas au niveau local (ou très peu) car le politique reste souvent à l’amont des propositions ou en tout cas le décideur final. Du coup les personnes sont découragées et souvent mal informées (ou trop tard) alors qu’elles ont bcp de propositions. L’usine des Fralib dans les Bouches du Rhône a tenté une pérennité de la Scop au niveau politique.

Pour que ces Assemblées soient effectives, il faut penser égalité des droits en amont et dans le processus lui-même. Tout le monde est à la même place, les fonctions ne sont pas des identifications mais des positions relais : c’est le droit qui doit être appliqué en premier (comme rôle de l’Etat) et pas le logique économique (dont chaque région peut se charger) : si l’Etat ne vise qu’à faire respecter les droits, tout le reste peut venir du local.

 

  • Un autre gouvernement :

Proposition :

« Au lieu d’un gouvernement vertical et mené par une politique partisane pendant 5 ans : autonomie des ministères, pas de président donc pas de présidentielles ni de choix présidentiel des ministres.

Pour chaque ministère, tous les 5 ans vote pour un programme (sans représentant) parmi plusieurs (proposés par des groupes de travail avec experts/universitaires/citoyens…). Ce serait la seule forme de vote qui resterait de notre système de vote actuel.

Une fois le programme voté à la majorité, tirage au sort de ceux qui auront pour tâche de l’appliquer pendant ces 5 années parmi les volontaires (on peut être volontaire pour le ministère dans lequel on a envie de s’impliquer particulièrement).

Pour que ce tirage au sort soit représentatif, il devra respecter la parité homme/femme, l’égalité des territoires (citoyens issus de chaque département), la mixité sociale et professionnelle et toutes les tranches d’âge de 20 à … ans.

Il y aurait un travail de convergence nécessaire et probablement très intéressant entre chaque ministère pour que les politiques adoptées fonctionnent ensemble.

Une fois qu’on a été tiré au sort (au niveau technique, inclure des experts), peut-on à nouveau être volontaire pour le même ministère ? Salaire pendant le mandat (que c soit basé sur la moyenne de revenu des français), frais de déplacement/hébergement remboursés.

 

Transparence totale pour le vote, la gestion des budgets, les salaires, pas de conflits d’intérêt, les frais engagés pour les citoyens mandatés… Avec le numérique : facilitation de la transparence et des votes.

Sanction et condamnation pour les élus qui ne respectent pas le contrat (le programme voté) : révocation si manquement « rupture du contrat social » « corruption », « conflit d’intérêt », même justice que pour les citoyens sans fonction politique.  On n’impose pas un casier judiciaire vierge, mais transparence quand on est tiré au sort avec des condamnations.

Faire des bilans régulièrement sur l’avancée par rapport au programme voté.

Comprendre que le référendum peut devenir ou il fût une diversion pour éviter un débat alors susciter un débat grâce à une ou une multitude d’initiatives individuelles de référendums considérés « blancs » jusqu’à choisir celle/s qui sera /seront retenue/s.
A la place d’un gouvernement des assemblées tirées au sort dédiées aux exécutifs de souveraineté : Paix, sécurité des citoyens (dignité, liberté, santé, …), monnaie, justice, …
Des assemblées régionales régaliennes tirées au sort pour faire remonter les décisions lors des assemblées nationales citoyennes.

Un conseil constitutionnel citoyen tiré au sort veillera à ce que les lois débattues et votées dans chaque ministère soit conforme à la constitution (qui aura été réécrite) et dans laquelle figurera en préambule « toute action des ministères visent l’amélioration de la condition de chacun.e et la préservation des biens communs ». Ce sera un contrôle par les citoyens : pour chaque loi, un conseil constitutionnel citoyen se réunit (tirage au sort d’une centaine de personnes aussi représentatives par rapport au sexe, âge, territoire, socio-professionnel) pendant 1 semaine pour définir si cette loi est conforme à la constitution. Rémunération des frais de transport, hébergement et de la perte salariale.

Possibilité d’un couple présidentiel (un vote représentatif) pour un programme social et un programme économique en ce qui concerne les décisions (fonction exécutive pure) : international par ex.

Les ministères seraient pour la fonction législative. En Islande, un système de gouvernement a existé sans président : les personnes se réunissaient aussi pour la fonction exécutive, donc potentiellement, pas besoin de président ni de couple présidentiel élu au suffrage représentatif.

Temps de gouvernance des ministères : ça peut être en fonction du programme voté (si le programme est prévu en 3 ou 7 ans, les personnes tirées au sort pour l’appliquer restent le temps accordé). Ce qu’il faut définir, ce sont les raisons d’être évolutives des ministères.

Faire un gouvernement sur la transition qui aura pour fonction de définir les étapes pour arriver à une démocratie participative plus complète, en lien avec les autres ministères. »

 

Comment y arriver ?

Interdire aux officiels de travailler dans un domaine d’activité qui serait lié à leur mandat (avant ou après). Que toutes les fonctions institutionnelles ne soient occupées qu’à temps partiel, et payées seulement ce temps à un salaire proche du SMIC. Que les personnes directement concernées (ex les agriculteurs pour l’agriculture, les enseignants pour l’éducation) soient convoquées pour participer, ainsi que des experts (chercheurs) mais que la fonction principale soit exercée par ceux/celles qui n’ont aucun lien (donc pas de risque de corruption) avec le milieu. Il est assez logique que ceux qui bénéficient d’une politique la financent, le tout est que ce soit cogéré et qu’on puisse se faire confiance. Avoir une décision de groupe plutôt qu’une décision prise par une seule personne.

Que les gens votent sur des programmes plutôt que sur de représentants, ou bien que l’on vote pour des tendances (des objets du programme) et que l’issue du vote lui-même donne le programme final qui sera appliqué. Cela suppose que les débats soient ouverts à la participation du public pour qu’ils soient concrets, accessibles aux modifications et réalisables : favoriser une pluralité d’analyses avec une « ZAD télévisuelle » autogérée, de même avec tous les médias.

Demander une responsabilité financière, judiciaire et morale pour ceux qui font des choix (par exemple sur le nucléaires, les décisions prises nous concernent tous et au final ce sont les citoyens et les finances publiques qui en pâtissent).

Suite à la première partie sur les assemblées constituantes et la mise en place d’un nouveau type de gouvernement.

  • A petite échelle, on peut se passer de gouvernement, avec une multitude de communauté qui communique et échange (exemple des villages en Inde où les choses se font sur place avec participation collective). Les ministères et fonction politiques seraient alors des lieux de transmission des informations, de coordination (si demandées), d’échanges et mise en connexion des localités, de réflexions… Mais pas un lieu de prise de décision. Que ça commence par le local avant de remonter : souveraineté locale. L’Union Européenne n’a aucune légitimité démocratique et pourtant elle se place au-dessus des Etats dans les normes imposées et l’économie. De même pour la mondialisation qui gomme la logique internationale et masque ceux qui prennent réellement les décisions.

  • Avec les frontières, on impose une identité et du rejet de l’altérité, ça bloque la possibilité de se rendre là où l’on se sent le plus en accord. Au Venezuela et à Cuba, les décisions politiques détruisent la population, sans aucune répercussion, en accord avec les grandes puissances. Les américains ont installé des dictatures mettant à bas les droits de l’Homme sans aucune répercussion. Pour qu’il y ait démocratie, le pouvoir doit être local, ce qui supprimera la séparation entre gouvernement et peuple qui n’a pas à être. La justice internationale devrait être gérée par des citoyens issus de chaque pays et pas par des dirigeants.

  • Transparence par rapport aux votes : qu’on demande dès maintenant un casier judicaire vierge pour accéder aux fonctions politiques et une responsabilité pénale par rapport aux fonctions. Quand les décisions engagent l’Etat, elles engagent aussi les citoyens, et ce sont eux qui en payent le prix quand l’impact est négatif. La transparence doit être totale sur ce qui est fait, comment, par qui, à partir de quelle source (qui définit la situation à partir de laquelle des solutions seront proposées). On ne sait plus où est le pouvoir, il est invisible et donc intouchable : la transparence permettre de le localiser. Le fait que le pouvoir soit invisible (on ne sait s’il vient des hommes politiques, des lobbies, des experts, des énarques, du marché…) empêche de pointer des responsables et de les juger sur leurs prises de position et décisions. Comme les décisions publiques sont censées être éclairées, si elles ont un impact remettant en jeu le rôle principal de l’Etat (nourrir, loger, éduquer, protéger sa population), le gouvernement doit être jugé et puni, alors que ce sont les citoyens qui paient sans avoir choisi. Il faut donc qu’il y ait un coût, de même quand le contrat (les promesses, les programmes) de base ne sont pas respectés. Comment peut-on parler de représentation si les programmes pour lesquels certains (déjà une minorité) votent ne sont même pas respectés par ceux/celles qui les présentaient ? Mais la transparence à profusion risque de rendre inassimilables et incompréhensibles toutes les infos : une éducation à la politique, la gestion des biens public, du budget, et ses risques de corruption doit se faire à l’école. En parallèle, instaurer un contrôle citoyen avec des experts juridiques et des lanceurs d’alerte indépendants de l’Etat, avec un devoir de vulgarisation.

  • Que les élus gagnent autant que la moyenne de la population : la transparence sera alors évidente car les intérêts des élus seront les mêmes que ceux de la moyenne de la population, puisqu’ils seront face aux mêmes réalités. Comme on impose une parité sexuelle, on doit imposer une parité sociale et territoriale auprès des élus. Améliorer sa propre condition comme élu sera alors équivalent à améliorer la condition des plus défavorisés.

  • Selon Pascal, comme on n’a pas rendu la justice forte, on a tâché de rendre la force juste. Foucault démontre aussi que la justice est au service de la police et de l’ordre établi bien plus que l’inverse. Ce sont les Etats européens qui ont instauré le narcotrafic en Chine par le commerce de l’opium, pour mieux exploiter la population. Le lien entre narcotrafic et Etat demeure aujourd’hui. Les gouvernements se plient à un intérêt supérieur à leur mission première : les trafiquants ouvrent des écoles et des lieux de santé, ils sont proches de la population et se substituent parfois à l’Etat. La Raison d’Etat permet de masquer cet intérêt premier : conserver son pouvoir en interne et augmenter sa puissance en compétition avec les autres Etats, c’est de là que provient la compétition et le semblant de l’Etat de nous protéger les uns des autres : ils produisent eux-mêmes ces dangers.

  • Le marché a remplacé Dieu, et les dettes le péché, là où le néolibéralisme est une nouvelle religion : la crise a remplacé le purgatoire, la propagande passe par la publicité pour promouvoir cette religion. Du coup, on ne peut faire autrement que commencer par supprimer l’Etat dont la Raison est anti-démocraitque, pour remettre la souveraineté au niveau local et redéfinir la fonction du politique : autonomie locale ne veut pas dire indépendance, tout le monde serait plus impliqué. Qu’au niveau global demeure une justice forte, c’est-à-dire le respect des droits comme seule autorité supérieure avec une justice entièrement indépendante comprenant une force à sa disposition.

  • Sur de gros projets, ce qui se décide au niveau local pourrait être étendu au global, avec tirage au sort des personnes missionnées (textehttp://lrsfr.free.fr/squelettes/inclure/Manifeste_pour_la_vraie_democratie.html). Que cela soit acquis dès l’école primaire, dans les savoirs et dans les pratiques pour que chacun.e ait connaissance du fonctionnement et puisse l’appliquer. Cela suppose de ne plus se leurrer avec la prétention de neutralité : celle-ci peut être approchée par la multitude des subjectivités. De même pour le journaliste et l’universitaire, ils devraient montrer dans leur article ce qui les a amenés à traiter un thème particulier, en quoi ça les engage et les conflits d’intérêts que ça peut comprendre. L’autorité doit être le respect des subjectivités à partir d’une pratique de neutralité (égalité du temps de parole, parité homme/femme, sociale, des âges…) comme pour les règles des Assemblées : quand on respecte ces règles, cela permet que les subjectivités puissent émerger, se rencontrer et produire des intérêts communs. A l’école, c’est aussi possible : ce qui doit faire autorité n’est autre que le droit. C’est par l’égalité et l’ouverture de la parole que les subjectivités peuvent s’exprimer et prendre en compte celles des autres (par exemple, la violence physique n’a plus à s’exercer si cela est mis en place car celui/celle qui serait violent serait incompris et on lui demanderait d’exprimer par les mots cette violence, et peu à peu elle pourrait s’exprimer sans agressivité). C’est le modèle de Summerhill School (un établissement d’enseignement fondé en 1921 par Alexander Sutherland Neill (1883-1973) afin d’y appliquer ses théories pédagogiques originales d’inspiration libertaire. Les principes du fonctionnement de l’école sont la liberté et une forme de démocratie basée sur l’égalité des voix pour sa gestion) on perçoit alors vite le besoin d’apprendre pour aller plus facilement vers les autres : les savoirs ne sont plus des devoirs. Cela n’empêche qu’il faudra demeurer attentif aux rapports de force idéologiques qui peuvent se mettre en place en fonction de ceux/celles qui maitrisent mieux la rhétorique.

 

  • Dire d’où l’on parle quand on est déjà associé à un statut ou à une fonction permet de limiter la prétention d’objectivité et d’autorité discursive. Sinon, le mieux est encore de ne pas relier celui/celle qui parle à un quelconque statut pour que tout le monde parle de la même place. On pourra alors parler à partir de son histoire, de son propre cheminement et de ses incertitudes. Doit-on, quand on prend la parole, dire dans quel mouvement politique on s’inscrit ? D’un côté ne pas le faire risque de laisser plus de place à la manipulation, mais c’est aussi parce qu’on est habitué à ne pas analyser les discours. Mettre en place des formations à la rhétorique pour que chacun.e puisse décrypter les discours et les contrer. La télé, comme beaucoup de médias, produit du conditionnement, elle n’a pas pour fonction d’éduquer et d’ouvrir, mais de divertir (ce qui vient du latin et signifie « détourner de ») pour que l’on ne s’occupe pas des affaires qui nous concernent, alors qu’il y a beaucoup de documentaires accessibles et passionnants… On nous a appris à laisser les autres réfléchir à notre place et s’occuper de nos vies, c’est le principe du vote…. Si les médias avaient comparé ce qui se passait à Nuit Debout à l’agora grecque, cela aurait eu un autre impact, en montrant que les « esclaves modernes » font ce que faisaient les maitres antiques…

 

  • On pourrait mettre des maintenant en place un lien entre les collectifs qui se battent pour les droits du vivant et les écoles: l’éducation à la politique s’instaurerait dans toutes les matières (cf atelier sur l’éducation). Commencer par faire de l’éducation populaire dans les écoles, au travail, dans la rue, auprès des associations, en demandant autour de soi : qu’est ce que c’est que la politique ? Pour que les gens aient envie de participer, il faut assurer qu’ils aient à partir de là du pouvoir : il ne se demande pas, il se prend. Comment l’école pourrait-elle débattre de la pensée anarchiste ? Est-ce que justement l’école ne prend pas la fonction adverse, c’est-à dire d’éduquer à la soumission… ? Du coup, il faudrait que ça passe d’abord par l’éducation populaire puis que ça se diffuser avec une expérience pratique qui fonctionne.

 

  • On a besoin de développer des outils plutôt que fantasmer sur ceux qui ont le pouvoir et rester dans l’illusion groupale sans construire concrètement. On n’est pas obligés d’être tous d’accord pour faire des choses : on peut avoir une autonomie locale et des accords interlocaux. La neutralité serait dans les principes communs qui postulent des droits (au-delà d’une nouvelle constitution) de fonctionnement pratique (dont égalité du temps de parole, parité, etc), que l’on peut déjà mettre en place avec ses voisins, dans son travail, dans la rue. Simone Weill a écrit une Note sur les partis politiques montrant que tous les acquis sociaux se sont faits via les révolutions, la Commune, les syndicats anarchistes (aussi Albert Camus, l’Homme Révolté). Dès que ça a été repris au niveau du gouvernement, ça s’est effrité. L’apprentissage de la politique, dès le plus jeune âge, se fait dans la pratique, pour percevoir dans son corps les moyens et les limites de l’organisation collective (comme ça s’est fait à Nuit Debout).

 

  • L’éducation politique à l’école ce serait l’histoire politique nationale et internationale avec ouverture à la critique, à des visions multiculturelles et à l’imaginaire. Réduire le temps de travail pour plus de temps politique qui comprenne pratique et théorie : ne plus séparer apprentissage et pratique des travaux manuels et intellectuels, l’un pas sans l’autre. Par exemple en biologie, en même temps que l’on découvre le fonctionnement des plantes et de l’organisme, découvrir comment cultiver en permaculture et gérer les déchets et mettre en place une quasi autonomie alimentaire où chacun.e puisse s’impliquer et construire son avenir. Là où le travail, comme l’éducation, ne serait plus un instrument de domination et d’épuisement articulé au divertissement qui nous détourne du souci de nous-mêmes et de notre environnement. Inclure aussi les entreprises pour faire le lien avec l’industrie et les asso (qui ont des savoirs et pratiques alternatives) pour mettre en place des écosystèmes durables, comprenant le jeu et l’imagination. Le théâtre forum pourrait permettre de rejouer des scènes historiques pour réécrire le passé et voir les impacts des décisions prises sur le présent et sur l’avenir : on pourrait aussi rejouer les scènes de prises de décision en entreprise avec le même principe, cela pourrait se faire dès maintenant. Aussi à travers l’art, la musique, le cinéma qui devraient avoir une grande place dans l’éducation (plus que l’art plastique qui est une matière méprisée) et dans tous les lieux institutionnels et de la fonction publique, les entreprises, les espaces publics. La gamification peut aussi être utilisée pour rendre ludique la question politique et pas seulement en terme de récompenses/punitions.

 

  • A l’école, ça commence par redéfinir ce que veut dire être délégué de classe, étendre ses fonctions et le mettre par tirage au sort, en augmenter le pouvoir dans les prises de décisions collectives de l’établissement. A Nuit Debout Marseille, une liste citoyenne s’est mise en place pour les municipales, en s’appuyant sur la question de la gestion des déchets. Dans le livre des procédures fiscales, l’article R-19 impose à ceux/celles qui veulent s’inscrire pour devenir élu d’avoir un fond important à la base : c’est donc une exclusion par l’argent et une ouverture à la corruption pour avoir des fonds. Donc, mieux vaut ne pas s’appuyer sur ce qui existe déjà pour viser une intégration large au politique : arrêter la professionnalisation en fermant l’ENA, ou faire de cette école un vrai lieu de débat autour du savoir et de la pratique politique en l’ouvrant à une diversité de population (des enfants, des sans-logis, des chômeurs, des réfugiés, des parents, des travailleurs indépendants, des ouvriers…) à mettre en débat avec les énarques pour mettre en relation les idéaux politiques et la réalité de terrain. Ça irait avec l’anonymat et l’égalité des prises de parole. Si les 1% qui gagnent le plus mettaient une perruque blanche quand ils apparaissent devant les médias, on verrait très vite qu’ils ne nous représentent pas du tout.

 

  • Sur le contenu de l’enseignement, revoir les ouvrages que l’on fait lire à l’école et intégrer des œuvres anarchistes et des œuvres critiques actuelles, par exemple « L’illusion politque » de Jacques Ellul… ça donnerait un dégoût du politique mais au moins une perception claire et la possibilité de débattre sur d’autres formes possibles !

 

  • Assemblées participatives au niveau des communes (gestion du budget, projets…

Budget participatif : toutes les décisions budgétaires par secteur sont soumises à un vote citoyen et les dépenses sont transparentes.

Création de mairie communautaire : chacun.e s’investit dans les projets en fonction de son temps, de ses moyens, et de ce qui l’intéresse.

Peut-on avoir le même système qu’au niveau national ? Il y aurait un budget qui vient des décisions nationales (un ministère « redistribution des territoires ») et un budget qui vient des pots communs en fonction des projets votés.

Comment y arriver ?

  • Au niveau des Mairies on trouve le municipalisme en Espagne (ce n’est pas Podemos) : la maire de Barcelone est issue du mouvement municipaliste qui travaille au niveau local (en dehors des débats sur l’indépendance) ? Le pouvoir local est très limité en France à cause du fonctionnement hiérarchique issu du jacobinisme. Il faudrait plus d’autonomie aux habitant.e.s et ainsi plus de responsabilité et d’engagement. Le maire serait garant de la décision publique et informateur/transmetteur, il sera entouré de personnes veillant à la transparence et à ce que toutes les tâches soient effectuées dans les plus brefs délais. Les personnes seraient rémunérées au SMIC et réélues ou tirées au sort régulièrement. On pourrait passer par une démocratie directe en local comme avec la commune de Paris.

  • Problème de la corruption des élites locales : à Marseille, une rocade doit être faite depuis 50 ans pour que les poids lourds cessent de passer par la ville, mais il y a des blocages au niveau des élus. L’argent des impôts devrait être redistribué de façon égalitaire selon les territoires (nombre d’habitants, besoins et surface). Comment fait-on pour que les territoires délaissés soient réinvestis ? Avec le municipalisme, le troc et la solidarité sont mis en avant : les personnes réinvestissent des lieux inhabités et ils deviennent publics, entretenus par ceux qui y vivent et passent avec un accueil permanent. Les impôts locaux sont-ils nécessaires ? Qui s’occuperait des services publics ? On pourrait imaginer une prise en charge par les habitant.e.s de façon tournante, ce serait leur responsabilité.

  • Bookchin est le fondateur du municipalisme libertaire en s’inspirant des communes de Paris : démocratie directe avec Assemblée populaire sans représentant ni mairie, avec des syndicats de commune. Ça commencerait par être un contact entre des personnes dans la rue, la mise en place de petits projets communs : musique, maraudes, éducation populaire, ouverture de logements… Des associations aident déjà les habitants à mettre en place leurs projets avec des outils pratiques. Cela dépend des territoires où les rapports de force sont plus ou moins présents : au début de façon bénévole, puis soutien au niveau de la municipalité, il faut d’abord bien repérer les besoins sur place. Que ça commence par des actions après quoi ceux/celles qui l’observent auront envie de s’y investir ou appelleront à ce que ça se généralise aux institutions par la base. Il y aura bien entendu aussi des oppositions, des craintes, par la généralisation, de perdre son confort et ses privilèges, mais ce n’est pas du communisme ! C’est l’accès pour chacun.e à es ressources et un mode de vie décent.

  • Si les projets viennent des habitant.e.s, ça peut se faire sur le long terme, sans rupture contrairement à la succession d’élus de bords politiques différents. En Suisse, ce sont les habitant.e.s qui prennent les décisions et construisent l’ensemble du programme politique : on pourrait le faire au local, pas avec les référendums car ils sont orientés par les médias et par la façon dont la question est posée (et qui la pose, ça a une intention…). Si l’on se rend compte que l’on est responsable de ses choix et que les décisions sont prises en collectif sans qu’une personne ne puisse biaiser le processus par un rapport de force, le débat s’installera de lui-même. Le référendum tout comme l’intérêt général font l’objet de manipulation politique : n’importe quel citoyen devrait pouvoir porter une question en local et se faire entendre (on voit que les pétitions sur le net le permettent en partie). Avec un référendum d’initiative populaire, qui mette en débat et médiatise les arguments des différents bords, on pourrait dès maintenant installer un système plus démocratique. Il faut tout de même penser à mettre des pare-feu pour que les droits humains ne soient pas remis en cause (ex la peine de mort). Les référendums au niveau local d’abord pourraient permettre d’instaurer une culture du débat publique et de la réflexion politique.

  • En Islande, chaque communauté organisait son propre ring où chacun.e pouvait participer, les décisions étaient prises en commun. Si besoin, il y avait des réunions de rng régional voire national, cela sans chef ni représentant.e (quelque personnes, toujours différentes, étaient désignées pour s’y rendre). Ça a fonctionné pendant deux siècles, jusqu’à ce que le roi du Danemark annexe l’Islande.

  • L’exemple actuel de la ZAD de Notre Dame des Landes montre que l’État français, au-delà de la question de la lutte contre l’aéroport, refuse toute expérience démocratique et autonomie locale car cela risquerait de le rendre obsolète : son but est de maintenir voire d’accentuer la dépendance aux institutions et aux produits du marché pour contrôler les comportements. Ça pose la question de la souveraineté et de la liberté sociale : n’y a-t-il pas d’espaces dans lesquels on peut expérimenter de nouvelles formes de vivre ensemble ? Si on octroie au local une souveraineté politique et économique, on acquiert une autonomie car chaque localité pourra adapter ses propres règles, ce qui ne signifie pas indépendance : on n’est pas exclu du reste du monde. Risque que l’égoïsme local (dans les territoires plus riches) prive les autres des ressources, voire produise des rapports de domination entre territoires : l’une des fonctions de l’État (normalement) est la répartition. Par exemple, l’Italie du Nord, s’en sortira beaucoup mieux que l’Italie du Sud si les deux venaient à se séparer.

  • Séparation des pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif.

Délimiter le champ du marchandage (ce qui peut être commercialisable) et le champ du sacré (constitutionnel, inaliénable). Le sacré : les biens communs (eau, etc. voir atelier partage des richesses et des biens communs). La justice a pour fonction de défendre le sacré, le gouvernement a pour fonction de le préserver et d’améliorer les conditions des vivants.

Séparation aussi de l’État et des médias et de la finances. On pourrait dire qu’il y a 5 pouvoirs : le pouvoir médiatique doit être associé à la liberté de la presse et non contrôlable par les institutions ni marchandable et respecter les droits humains (indépendance de l’État et des acteurs économiques pour qu’ils conservent leur diversité). Le pouvoir financier ne doit pas être associé aux biens communs qui seraient du côté du sacré et du public. Que l’État n’ait que le pouvoir exécutif de faire respecter les droits et les lois avec une adaptation locale. Le pouvoir législatif ne doit pas être dominé par des élus de l’État, l’Assemblée nationale peut demeurer à condition qu’elle fonctionne en démocratie directe (et non partidaire) ou par tirage au sort de façon paritaire et égalitaire (classe sociale, âge, catégorie professionnelle, territoire..) et avec un décisionnisme collectif. Le pouvoir judiciaire doit se poursuivre avec des jurés et des procureurs tirés au sort de façon fréquente, les avocats devraient être systématiquement commis d’office, sans quoi l’argent achète déjà la finalité du procès par la rhétorique. Les Vikings ont inventé le tribunal avec 12 jurés révocables dans ce soucis d’égalité, à partir de quoi s’est constitué le notre : aujourd’hui il est remis en cause alors que la séparation des pouvoirs fait partie des droits fondamentaux en France.


Paix et solidarité internationale

Concordat universel

La Déclaration des Droits de l’Homme est occidentalo-centrée, il faudrait l’élargir aux autres modes de vie et  la poser avec une justice qui l’applique plus que de la poser en idéal moral lointain comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans la Déclaration des Droits de l’Homme, il y a le problème de la propriété qui ne convient pas à tous les peuples : elle devrait être repensée en fonction de chaque culture, via des consultations et être une règle de base que chaque programme politique devra respecter sous sanctions. On ne peut pas imaginer un texte qui ait la marque de toutes les cultures, cela paraît vraiment utopiste et irréalisable : peut-être qu’un peuple ne sera pas d’accord sur un point que tous les autres accepteront, faudra-t-il alors lui imposer ? Avant cela, ça posera quand même un débat entre chaque sensibilité et une écoute/découverte de la diversité : lors de la DDH de 1793, il n’y a pas eu de consensus et ça a produit beaucoup de luttes, exils… Il faudrait donc déjà le mettre en consultation à l’échelle mondiale, et le médiatiser, que ce ne soit pas fait par les gouvernants mais par les habitant.e.s pour un réel échange interculturel, même s’il n’y a pas de texte à l’aboutissement. Peut-être qu’alors il y aura des accords pour des textes entre certains pays avec des règles appliquées.

Actuellement la DDH a une valeur tant qu’elle ne dépasse pas l’intérêt des États : c’est cette mécanique qui devrait être inversée, une fois le texte rebâti avec une culture=une voix. Logiquement ce serait le rôle de l’ONU. Le contexte international est toujours le droit du plus fort : c’est cela qui sera remis en cause par des règles strictes de consultation. Une étape avant sera de faire des jonctions entre les peuples pour que ça s’impose ensuite aux gouvernements : ça ne viendra jamais d’eux-mêmes.

  • Arrêter la marchandisation de l’armement

Arrêter d’abord la production d’armes ?On peut transformer les usines d’armement (d’ailleurs, elles se sont développées lors de la première guerre mondiale : beaucoup d’industries textiles et autres ont été réquisitionnées pour devenir des industries d’armes) en usines fabricant des produits dont on a besoin (retour à une autonomie pour les besoins nationaux par exemple).Comme c’est la première manne financière, il y a de gros pouvoirs en place pour la maintenir. Faudrait-il détruire les usines d’armement ? Prendre la violence contre la violence, ou de façon pacifique ? Même si c’est pacifique, il y aura une répression en face et donc de la violence à laquelle on va répondre, il faudra à un moment désarmer l’autre camp.

En Corse, on cherche maintenant plus l’autonomie que l’indépendance, avec la non violence. Ce n’est le fusil qui tue, c’est l’agressivité : commencer par apprendre à la gérer, ça fait partie de nous et on peut en faire quelque chose de constructif. Les États sont à la base de cette expansion agressive par des discours qui produisent des exclusions en interne et des ennemis en externe. On le voit actuellement où plus de gouvernements se rapprochent de l’extrême droite et développent le sentiment d’insécurité pour effectuer plus de contrôle. Il faudrait que quelques États adoptent cette démarche : déposer les armes, promulguer les visions du droit et les échanger, ce qui suppose de sortir de la crainte des autres.

Il y a un grand changement de mentalité à opérer par rapport aux armes, par exemple aux EU, Trump a assoupli la législation de l’armement malgré les tueries encore pour une question économique, et l’arme y est un droit fondamental. Leur réponse est toujours plus d’armes dans la logique où le respect est alimenté par la peur de l’autre (peur qu’il soit armé). Il y a aussi un marketing des armes : on offre une arme avec l’ouverture d’un compte, certaines sont ciblées pour les adolescent.e.s, l’apprentissage du tir fait partie de l’éducation, etc… La dimension politique est évidente : ça leur donne des personnes armées prêtes à défendre leur territoire en plus de l’armée.

Si un pays n’a pas d’armes, actuellement il est très vite dominé par un autre (exemple de la dissuasion nucléaire : certains pays l’interdisent à d’autres pour maintenir leur domination). La loi du plus fort c’est toujours ce qui domine et on s’appuie aussi dessus pour se protéger. Chaque nation pourrait avoir le droit de s’armer par rapport au nombre d’habitant.e.s, que ce soit équivalent et géré au niveau planétaire sur tous les territoires. Est-ce que l’arme nucléaire devrait aussi se démocratiser ? Puisqu’elle ne sera jamais abolie, ce serait un signe d’intelligence collective. Mais le risque est que ça fasse la même chose que les tueries aux EU, sauf que les dégâts seront bien pire et ça pourrait rapidement déclencher une guerre nucléaire et une destruction massive.

En Thaïlande, il y a une dictature militaire avec violation permanente des Droits de l’Homme à l’inverse des clichés liés au tourisme de diversité, de beauté et d’ouverture sexuelle. Il n’y a pas d’expression libre : on peut être arrêté si on critique le régime sur facebook, il y a de plus en plus de réfugiés politiques et de prisonniers avec une résistance durement réprimée. La monarchie thaïlandaise est très autoritaire (enlèvements, menaces, pauvreté, exploitation…). Avant 1939, le nom était Siam avant Thaï, c’était alors une dictature connue : seul le nom a été changé, pour camoufler les siamois qui restent au Nord et conservent le pouvoir : les siamois ne sont pas les thaïlandais mais ils l’occupent depuis plus de 50 ans. Le gouvernement était soutenu par les classes populaires avant le coup d’État de 2006 et il y avait une volonté plus démocratique. C’est pourquoi les classes aisées ont orchestré le coup d’État, la nouvelle constitution a réduit le pouvoir des classes populaires : un gouvernement élu par le peuple n’a plus de possibilité de se mettre en place, il va y avoir de nouvelles élections mais le gouvernement ne pourra pas élire le premier ministre. La constitution a été écrite par les militaires en 2006, et permet cette répression soutenue par les grandes puissances pour les ressources de pierres précieuses, là où beaucoup d’immigrés sont exploités et cela n’apporte rien à l’économie locale, c’est un enrichissement des oligarchies au niveau international. La question économique prévaut sur celle des droits humains (la France leur vend des armes) et les médias masquent cette réalité. Y aller en tourisme=soutenir ce régime en place, d’autant plus qu’il y a beaucoup de tourisme sexuel.

Carl Schmitt dit que ceux qui mènent la danse sont ceux qui gagnent la guerre (ça a été le cas après la seconde guerre mondiale) : c’est toujours celui/celle qui a la puissance qui va définir les droits des autres. Kant proposait une démocratie mondiale où chaque pays serait reconnu : pour qu’il y ait un ordre juste, il faut de la force. Hobbes proposait de désarmer tout le monde au profit du Léviathan qui aurait pour rôle de protéger les droits de chacun.e ; pour cela il faudrait une force mondiale qui comprenne dans ses membres tous les peuples (OTAN et ONU complètement à revoir) et fasse respecter ce qui a été défini avant (cf des droits choisis réellement de façon internationale et adaptables en fonction des cultures), donc soumis à la justice. Le problème d’une force militaire est qu’elle pourrait prendre le pouvoir n’importe quand, il faut qu’elle soit au service de la justice avec des gardes-fous clairs (notamment par la diversité de ses acteurs) : qui gardera les gardes ?

Les recherches sur l’armement coûtent des milliards pour faire plus de morts plus vite, sans aucune dimension éthique et de façon masquée : cela devrait être discuté démocratiquement. Les armes sont maintenant autorisées en France pour les sécurités privés, c’est donc un marché en extension. On rentre dans des cyber-guerres qui nous échappent encore plus et masquent les prises de décision, mais ce n’est pas pour autant que s’arrêtent les guerres directes et le grand pouvoir médiatique qui leur est associé.

Le fait d’avoir des armes n’empêche pas de se faire agresser et inversement : la Nouvelle Zélande a renoncé aux Armées, ce qui a débloqué 40% de son budget et permis de grandes évolutions sociales, écologiques et économiques. Quand on n’a pas d’arme, on ne représente pas de danger donc il n’y a pas d’agression (mais cela ne marche que pour les pays qui ne sont pas déjà colonisés). Le Traité de Westphalie s’est fait en Europe à un moment de guerres multiples : des solutions géopolitiques ont été trouvées, il faut que ce soit fait à égalité avec chaque pays (pas comme le Traité de Versailles qui n’était pas juste). Pour qu’une fraternité s’installe, ça passe souvent par un ennemi commun (on joue avec les passions), ce qui ce peut se faire au niveau international, sauf si on se créé un ennemi commun qui serait l’exploitation, la misère et la dégradation écologique.

  • Les frontières physiques  :

Il faut supprimer les frontières des pays sur le terrain ( infrastructure, garde frontière , la douane ?) ainsi que sur les cartes. Les murs qui séparent des pays ou territoires, en constante augmentation depuis la chute de celui de Berlin, devront être démontés. Ceux en cours de construction comme celui entre les USA et le Mexique devront être arrêtés. Ils ne servent à rien, la muraille de Chine n’a pas évité les invasions. Il y a eu toujours des personnes, comme les contrebandiers, tout au long de l’histoire pour les contourner. Elles ne servent qu’à contrôler les peuples qui y vivent, à contrôler leur parole, leur liberté de circuler. Cette mesure pourrait permettre à des peuples qui parlent la même langue de pouvoir se retrouver alors qu’ils sont actuellement séparés. On mettrait aussi fin à des conflits sans fin comme pour la Belgique.

L’abolition des frontières permettrait notamment en France de supprimer cette loi injuste sanctionnant les personnes qui aident/hébergent les migrants, qui ne seront plus des migrants de toute façon. On pourra enfin sonner le glas de toutes ces politiques d’immigration infructueuses voir stopper encore une fois des conflits ancestraux ( colonisation, guerres… ).

Comme nous l’avons entendu avec ce qui sert de président des USA actuellement, il faut mettre fin à la sélection des personnes qui rentrent sur un territoire. Cette soi-disant sélection est discriminante et accentue les inégalités. Le métier ou le savoir possédé ne doit plus être un facteur pour entrer. Bien entendu, encore moins la couleur de peau ou le territoire d’où l’on vient. Un Suédois ne doit pas être meilleur qu’un Africain…

Les visas doivent être rendus caducs car ils sont actuellement discriminants. Afin de vivre en harmonie, il faut les mêmes « règles » de liberté de déplacement pour tou.te.s.

Rousseau a dit qu’on ne peut posséder la liberté mais en même temps le fait de ne pas avoir de frontière n’implique-t-il pas de céder sa liberté ? Cette question reste en suspens…

  • Frontières commerciales :

Pour le commerce les frontières n’existent plus depuis bien longtemps. Du coup il faudrait s’entendre sur ce qu’on fait des zones dites tampons pour lesquelles depuis des millénaires des personnes s’entretuent (zone de richesse au sol comme le pétrole, le canal de Suez, la Méditerranée…) Ces zones pourraient être déclarées d’utilité publique et ne devraient appartenir à personne.

Il faut également que les terres reviennent à la population locale et notamment leur richesse. Un soi-disant pays pauvre peut être en fait très riche en ressources sauf que celles-ci sont exploitées par d’autres pays comme la Chine, la France… Au contraire les territoires les moins bien lotis par exemple en eau, devront pouvoir s‘appuyer sur ceux qui en ont. Ces échanges ne doivent pas engranger un rapport de domination. Une réelle solidarité internationale devra se faire, plus de façon militaire mais au niveau des besoins primaires. Celle-ci ne sera plus forcément donnée par les pays dits riches actuels. Il faut casser le mythe de l’occident, des États-Unis ou de la Chine. Si un pays/territoire veut aider et qu’en parallèle celui qui en a besoin est d’accord, personne ne pourra l’en empêcher. Cela permettrait d’endiguer des situations d’urgences vitales ou de stopper une catastrophe humanitaire.

  • Barrières mentales :

Les premières frontières/barrières à enlever sont celles que nous avons en chacun de nous. Celles que nous avons dans la tête au quotidien. C’est un travail à la fois individuel et collectif à faire sur soi-même. Celui-ci passe par l’éducation, notre façon de vivre. Il ne faudra plus tout séparer mais construire ensemble.

Il faut arrêter d’avoir peur de tout, voire de rien. Les politiques, les discours basés sur la peur des gens doivent ne plus avoir autant d’importance. Personne ne peut empêcher les gens d’avoir peur mais on peut collectivement, avec une sorte de bien vivre ensemble, réunir tellement de personnes que ça nous fasse oublier qu’on a peur. La peur est aussi entretenue par les médias plus tous ceux qui en font du profit (marchands d’armes…). Paradoxalement le monde est de moins en moins violent. En France nous sommes l’un des pays où nous sommes le plus en sécurité. En Libye c’était tous les jours qu’ils y avaient des attentats, le nombre de victimes est beaucoup plus important. Le but n’est pas de comparer l’incomparable. C’est montrer qu’en enlevant un peu de peur aux gens, il y aurait moins de raisons de se retourner vers les extrêmes quelles qu’elles soient. Par contre, cette baisse de violence est peut-être la conséquence de politique sécuritaire. En même temps si on n’essaye pas on ne saura jamais.

Il n’y aura plus d’étranger, nous serons tous des étrangers (Starmania) et de toute façon qui que tu sois, nous sommes bien plus proche qu’étranger. La question de l’identité nationale ou bien de la préférence nationale ne se posera plus.

La paix doit être promue, les citoyens doivent l’exprimer haut et fort s’emparant de toutes les questions qu’elle génère. Comme le dit Kant, l’état ne peut pas s’ingérer dans un autre état, faudra-t-il dans ce cas tendre vers une paix universelle ?

  • Les autres frontières :

Deux théories sont énoncées, la première de Darwin, dite du décisionisme. Elle se résume à : c’est comme ça. Elle découle de cette notion de prise de terre sur laquelle on met une haie autour, sorte de frontière. La deuxième moins crédible est dite normative, les frontières se font selon des normes hypothétiques.

Ces anciennes frontières , par exemple la muraille d’un château fort, pourraient être transformées comme des lieux ouverts alors qu’ils ont été construit pour se protéger et se défendre. Que tous les anciens châteaux forts deviennent des lieux de vie ! On peut prendre exemple sur Berlin avec l’aéroport Tempelhof qui est devenu un parc urbain géant. Il faudra aussi dans un périmètre plus restreint enlever les digicodes. Comme au Canada où dans certains endroits les portes ne sont fermées à clef, on se fait confiance. A l’instar des squats, un minimum d’intimité doit être respecté pour celles et ceux qui le souhaitent mais l’intelligence collective et le « bon sens » devrait permettre de réguler tout cela.

Pour les animaux il n’y aura plus de réserve « naturelle », le monde entier sera une réserve.

  • Les frontières religieuses :

Au moyen âge la papauté jouait un rôle d’arbitre avec toutes les guerres, tous les morts que l’on connaît. Avec l’avènement des états nations, elle a progressivement perdu ce rôle au profit de la SDN et de l’ONU. Ces institutions ont échoué dans ce rôle faute d’autorité spirituelle. Il faudrait peut-être créer un concordat universel avec toutes les religions présentes afin de maintenir un équilibre et la paix entre toutes les religions. Les castes ne doivent pas être oubliées et doivent disparaître.

  • Sommes-nous trop nombreux sur terre ? :

Pour certains, nous sommes trop nombreux sur terre. Nous allons droit à la destruction de notre planète. On ne pourra pas nourrir, gérer les déchets etc… de tout le monde. Pour d’autres, entre tout le gaspillage alimentaire, la façon de mieux consommer autrement, il est possible de nourrir l’ensemble de la population mondiale. Est-ce donc un faux problème au final, la question n’est pas tranchée ?

  • Gestion des conflits internationaux :

Les conflits qui ont lieu depuis longtemps (ex Israël) sont des enjeux entre grandes puissances qui se prennent pour les gendarmes du monde et produisent plus de conflits qu’ils n’en résolvent. La volonté américaine de gouverner le monde date de 200 ans, supposée divine, ce qui leur donne une justification morale inaltérable. Les EU consacrent 54% de leur budget à l’armement, donc ils ont besoin de guerres pour faire tourner leur économie , la France n’arrive pas très loin derrière. Problème des alliances qui ne sont respectées et du manque de transparence (mensonge médiatique). Ecouter une émission sur France Culture le samedi de 7h45 à 8h sur la fabrique médiatique.

Doit-on laisser les populations gérer elles-mêmes les conflits dans leur territoire ? Ce qui supposerait de ne pas intervenir si des crimes se produisent… S’il y avait une justice internationale, ce serait un pays égal une voix et les décisions se prendraient à la majorité. Par exemple lors de la COP 21, tout le monde n’a pas le même pouvoir en fonction de se richesse et du nombre de sa population ? Au conseil de l’ONU, ça fonctionne par l’unanimité ou l’abstention, il n’y a pas de solution unique. Qu’il y ait d’abord un travail des préventions des conflits en ayant des informations claires et sourcées sur les enjeux. La question économique devrait toujours passer après celle des droits humains dans toutes les prises de décision, ça devrait s’instaurer de façon systématique et être vérifié partout.

En Europe, la convention des Droits de l’Homme ne respecte même pas la déclaration de 48 voire même l’annule en plusieurs points. Aujourd’hui les conventions visent le business des multinationales et pas le respect de Droits de l’Homme. Ce sont les dirigeants financiers plus que les gouvernements des Etats qui dirigent, la population n’a pas de prise dessus. L’ONU a une utilité mais elle n’est pas remplie, les sanctions n’ont pas d’impacts justement parce que les multinationales passent au-dessus. Chacun défend ses intérêts, il n’y a pas de réflexions sur un intérêt commun et international. La paix est impossible dans notre monde actuel, vu comment il est régi… Comment on inverse le rapport de force ? Si les citoyens manifestaient contre la guerre dans le monde comme ça s’est fait lors de la guerre en Irak et bloquait l’économie des pays, il y aurait un impact, ce serait un moyen de mettre fin aux expansions militaires de nos gouvernants. La question de la paix comme mobilisation sociale a été évincée par d’autres priorités car tous les droits sont mis à mal et chacun.e cherche déjà à préserver les siens… L’histoire nous apporte des leçons et on les oublie, alors qu’il y a des erreurs à ne pas refaire : la paix est centrale et fragile.

C’est d’abord une lutte anti-capitaliste car notre consommation fait partie de l’échiquier et génère de la misère. La société de consommation annule complètement l’humain et met tout à distance ; les médias favorisent aussi cette mise à distance. Si notre pays était en guerre, nous serions bien contents que d’autres nous accueillent ! Les guerres ne sont pas toujours économiques, elles peuvent aussi être idéologiques (enjeux de régimes politiques, identitaires). Poser des sanctions par rapport aux multinationales qui profitent des conflits et exploitent la misère. On peut aussi bloquer notre économie contre les guerres et boycotter les marques qui les exploitent. Il est nécessaire que l’origine, la production et le transport des marchandises soient absolument transparents de façon à ce que l’exploitation de la misère devienne impossible.

Les dirigeants commencent à s’inquiéter des inégalités car ils savent bien qu’une forte mobilisation populaire les perdrait, d’autant plus avec l’enjeu climatique qui nous concerne tou.te.s. Il y a un combat symbolique à mener comme on le voit dans le procès pour la fausse bombe : nous pouvons monter notre pouvoir en choisissant des cibles avec des dispositifs fictifs et la force des images. Un documentaire Ukraine on Fire explique la situation au Kurdistan et en Syrie et son traitement médiatique. On est libre de s’exprimer et on peut s’informer mais la justice ne réagit pas, elle n’a aucun impact international, alors que ce n’est pas au niveau des États que se prennent les décisions. Il y a une dichotomie entre le droit tel qu’on aimerait qu’il soit et ses moyens réels, la justice ne passe pas que par le droit.

  • Accueil des réfugiés :

Accueillir les populations qui fuient, c’est la base de la solidarité, plutôt que de ramener des armes sur place ce qui intensifie le nombre de morts et la situation. Il y a 800000 demande de logements en France et deux millions de logements vacants : ce n’est donc pas un problème de place. Cette solidarité, ce serait une base de la responsabilité comme humain. On pourrait lancer une campagne de désobéissance civile « accueille un.e migrant.e » qui vienne bouleverser notre confort et la distance que l’on met par rapport aux conflits qui pourtant nous concernent directement. Le jeux politique associe le risque terroriste aux migrations sous une idéologie de la méfiance. La société de consommation annule complètement l’humain et met tout à distance, si nous étions en guerre, on serait bien content d’avoir un lieu d’accueil : les médias favorisent cette mise à distance.

Des scientifiques ont montré que les courants marins pouvaient s’inverser ce qui provoquerait une glaciation des pays du Nord dont la population devrait alors migrer vers le Sud : ça inverserait totalement le rapport de force et on se prendrait bien le retour de nos conditions inhumaines de rejet des migrant.e.s et de politique néo-coloniale.

La base du problème des migrant.e.s est ce qu’il se passe dans leur pays : nécessité de soutenir la population sur place plus que les intérêts des gouvernements. Si les pays sont sûrs, les personnes auront envie d’y rester ou d’y retourner. Bloquer les budgets énormes qui servent à l’armement pour les rediriger vers le soutien des populations dans leur pays et les migrations : s’ils sont bien accueillis, les migrant.e.s pourront mieux s’organiser pour reconstruire leur pays de l’extérieur à l’intérieur. Venir imposer des décisions sans qu’elles viennent des habitant.e.s, ça ne tient pas. L’accueil des migrant.e.s chez soi est aussi créateur de lien social qui limitera les peurs de l’étranger générées par nos gouvernants, c’est une prévention quant aux conflits qui pourraient venir et une grande source de richesse culturelle. Créer une instance qui intègre les populations qui fuient leurs pays comme alerte et espace de prévention ?

  • Sortir de l’OTAN et e l’UE ?

L’OTAN a arrêté des massacres de population civile, par exemple en Bosnie et au Kosovo, donc elle a eu un rôle à remplier dans la paix internationale. De Gaulle était progressivement sorti de l’OTAN en 1964 lors de l’intervention des Etats Unis au Vietnam, Sarkozy nous a fait retourner dedans et Hollande nous en a à nouveau extraie : Macron propose aujourd’hui d’y retourner. Ce sont donc ses objectifs et la centralité e ses prises de décision qui doivent être modifiées. Que dire alors des puissances russes, chinoises, israéliennes, elles pourraient tout aussi bien peser pour rétablir la paix. L’OTAN c’est d’abord un rapport de force, le bras armé de l’OMC pour marquer la domination économico-militaire des Etats Unis, aussi bien pour les trafics légaux qu’illégaux. Depuis 1960 il y a au Congo un massacre de population sans aucune intervention extérieure : ce n’est donc pas les droits humains qui les motivent.

C’est l’ONU qui devrait jouer le rôle de maintien d’autorité internationale, mais les casques bleus sont souvent désarmés et parfois accusés de viol (exemple en Centre-Afrique en 92) ou d’abus sur les populations. Comment aider les populations sur place sans envoyer des troupes armées ? Qui définit l’ennemi de l’allié ? Il a été proposé à l’ONU des modalités de fonctionnement plus intéressantes, mais comme 5 pays ont un droit de véto, il a suffit que la Russie refuse pour tout bloquer.

En consommant les produits des multinationales, on favorise cette colonisation économico-militaire : les refuser c’est lutter contre le pouvoir de l’OTAN, encore accentué avec les traités transatlantiques. En 2005, Kofi Annan a commencé un projet de réforme de l’ONU, et les mesures que devraient prendre les Etats Membres afin de rendre les Nations Unies capables d’assurer le développement durable, la défense des droits de l’homme et la sécurité. Cela n’a pas été suivi car il y a des blocages en interne, mais c’est possible de l’imposer de l’extérieur.

Concernant la sortie de l’OTAN et de l’UE ça peut passer par le vote de nos gouvernants (par exemple Mélanchon l’avait posé dans son programme). Si on fait une propagande anti-OTAN pour favoriser la main mise des autres puissances, ça ne va pas, il faut développer une critique radicale de sortie l’Etat de guerre en montant un débat à large échelle qui informe et mobilise la population sur ces enjeux. Pareil pour l’UE, que son rejet ne nourrisse pas la xénophobie mais que l’on développe un projet alternatif concret : ce qui demande un long mais indispensable travail collectif. Axer le problème sur qui prend des décisions et proposer des solutions, comme on l’a fait à partir du local. Pour que l’ONU soit efficace, il faut lui accorder une justice indépendante et une charte éthique les membres bureaucratiques et sur terrain avec des sanctions.

Il n’y a pas de principe démocratique dans l’UE : on l’a vu avec le TAFTA, CETA, et maintenant le JITA, accord commercial avec le Japon. De même, un vote européen a refusé la pêche électrique mais comme c’est la commission européenne qui fait appliquer les décisions, rien ne bouge (c’est aussi le cas pour beaucoup de décisions du parlement). Des traités sont aussi plus forts que les constitutions des pays et permettent de déroger les droits pourtant protégés et annulent le pouvoir des populations. L’actualité montre que l’OTAN est plus une façade et que sa suppression serait bénéfique, surtout qu’elle ne permet pas de limiter les conflits, sa naissance s’est faite contre le communisme. Au niveau de l’UE, sa suppression permettrait de mettre à jour les corruptions, mais tout n’y est pas mauvais : Erasmus, la libre circulation (bien qu’à double tranchant car elle permet l’exploitation des ouvriers immigrés : la concurrence « libre et non faussée » n’est qu’un droit d’exploitation des plus gros, les pays qui n’ont pas de moyens n’ont pas le droit de participer aux programmes européens alors qu’ils en auraient le plus besoin ! De même avec la hiérarchie des diplômes, ça produit des discriminations et l’égalité est une façade).

Suffit-il de supprimer ces instances pour que la paix s’installe ? Ce serait ignorer les conflits qui existent depuis longtemps, les frustrations et les garde-fous (mais aussi les corruptions) qui se sont installées depuis… On doit forcément passer par un entre-deux avant d’accéder à la suppression de ces instances, et une autonomie locale avec des rapports de force soit équivalents (tout le monde est armé), soit contrôlés (seule une armée mondiale, sinon pas d’armes). Si on supprime l’OTAN, il faudrait apprendre à d’auto-défendre et développer la communication non violente : échanges entre population qui ne passent pas par ces instances. Si on forme une union des peuples, on n’en aura plus besoin, mais cette Union doit-elle passer par un armement des populations, peut-on inverser le rapport de force sans cela ? Ce sont les puissants qui ont une armée, et c’est cette armée qui détermine leur puissance, autant face à d’autres pays que devant leur propre population. Il y a eu des luttes pacifiques, peut-être qu’elles passeraient plus aujourd’hui par les boycott

  • Mettre fin aux racismes et aux discriminations :

Le racisme est d’abord entretenu par les institutions. Déplacer le rapport de force idéologique : sourire dans le métro et parler à son voisin ça participe déjà, à l’échelle de chacun.e au dépassement des frontières imaginaires. Cela perturbe les codes aseptisés et c’est une grande force parce que l’info peut à nouveau circuler, en échangeant en permanence, on peut se passer des outils numériques : ça dépend en fait de chacun.e de nous, en rapport avec mesurer la conséquence de ses actes. Le racisme est intensifié par le bras armé de l’Etat qui stigmatise certaines populations, cela provoque de la haine des jeunes contrôlés contre la police, puis contre l’Etat, puis contre la population censée représentée par cet Etat. Et dans l’autre sens, à force de voir des personnes de couleur contrôlées, une majorité de la population se dit qu’ils sont souvent en faute et finissent par se persuader qu’il faut s’en méfier, c’est la boucle bouclée… Il y a aussi une non mixité sociale qui s’est instaurée avec les cités : la pauvreté a une couleur de peau et une localisation aujourd’hui et on met ça à distance comme si c’était un fait acquis, on essentialise. De même on a laissé la délinquance s’installer pour y opposer un contrôle plus fort « justifié », alors que la délinquance est d’abord corrélée à la pauvreté. Cela permet de grillager les territoires et conforte l’idée des policiers que certaines populations sont plus « à risque » que d’autres, d’autant plus que c’est ce qu’on leur enseigne. Abandonner l’empire militaro-industriel, culturel, langagier, économique, doit être la première des choses. Sortir de cela commence par aller à la rencontre des réfugiés, sortir de ses lieux habituels, oser entrer en contact avec ceux/celles à qui on ne s’adresse jamais. La méfiance est entretenue par l’idéologie sécuritaire. Il y a un mensonge étatique qui se déploie au niveau identitaire pour faire Union Nationale et donner un ennemi commun à l’extérieur pour que le peuple s’allie avec le gouvernement. Si demain les immigrés arrêtent de travailler en France, tout sera bloqué ! Mais cela semble improbable car ils sont maintenus dans une peur et un sentiment d’illégitimité très puissant qui leur est renvoyé partout.

Le problème principal que l’on rencontre est l’essentialisation : de quelques cas, on fait une généralité. Le problème n’est pas de catégoriser, on fait cela tout le temps pour organiser nos perceptions, c’est différent quand on attribue à une personne catégorisée une essence, même quand c’est perçu de façon positive (ex : les femmes sont pacifiques »). Que ce soit pour les discriminations raciales, sexuelles, nationales, sociales, commencer par instruire l’histoire du monde plutôt que l’empire d’un Etat. On glisse de la lutte des classes à la lutte des classes pour dépolitiser le débat, en supposant que cela concerne des manières d’être, des identités plus que des rapports de domination. Il ne faut pas lutter contre la différence, elle est partout et indispensable, mais contre l’essentialisation qui fait des boucs émissaires entretenus par les médias : diviser pour mieux régner. Les thèses racistes n’ont été produites que pour assurer la domination et le servage.

En 1968, on posait la question du droit des minorités, il y a eu division entre syndicalisme fort (ouvriers qualifiés) et syndicalisme faible qui pose une impossibilité de lutter ensemble pour des intérêts communs. Il y a aussi le culte du sur-homme que l’on attendrait pour le suivre. Si l’égalité de droit était respectée en enseignée comme telle, les discriminations seraient déjà réduites, le reste du travail serait à faire avec les imaginaires. La notion de race est une notion qui n’implique pas forcément de discrimination, ça arrive quand on pose des dominations. Chaque individu est traversé par toutes sortes de discrimination, les poser de façon brute c’est encore essentialiser. On ne peut pas hiérarchiser les problèmes car il y a des intérêts multiples et complexes, on arrive à des luttes de minorités qui ne se rencontrent pas : comment trouver une unité qui les rassemble, poser un problème commun qui est justement la question du politique. Actuellement on glisse du politique au sociétal, on parle plus mais on a moins de pouvoir ;

Nos sociétés ne sont plus monolithiques mais très complexes, avec des logiques de domination multiples, ce qui fait que plusieurs minorités ne se retrouvent pas dans les luttes car elles ne s’y sentent pas représentées/concernées.


Commerce international

Mettre en place plus de transparence dans la production des produits, notamment alimentaires, et des appellations

  • On retrouve dans les bonbons de la graisse de porc et des molécules de Lombric, ce qui a fait polémique auprès des musulmans. Le code couleur pour les produits alimentaire n’a pas été mis en place à cause des lobbies agroalimentaire. Ça commence par les terres et les humains exploités, même si on voit de plus en plus des réimplantations locales mais ça ne remplace par toutes les exploitations qui s’arrêtent. Aussi pour le tabac, y-a-t-il des productions de tabac qui seraient respectueuses de l’environnement et des travailleurs avec peu de matières ajoutées ? La transparence doit aussi concerner les conditions de travail.
  • Les débats actuels sur Lactalis et autres montrent que la santé est un enjeu majeur avec l’écologie pour modifier la production. Pour le lait et les filières biologiques, il y a très peu de contrôle, les critères de base sont trop larges et souvent non respectés, les producteurs responsables et respectueux cherchent d’autres critères pour se démarquer et que la qualité de leur produit soir reconnue. On ne sait pls si on peut faire confiance aux marques et labels car il y a des magouilles partout et les producteurs comme les consommateurs le payent. Le label Cohérence est réellement respectueux de l’écologie et de la santé : on n’ajoute rien à la plante, on la laisse trouver dans un terrain sain ce dont elle a besoin.
  • Plutôt que de conserver l’appellation « bio », donner un niveau de toxicité pour tous les produits, fonctionner dans l’autre sens puisque les produits réellement biologiques sont à la base des produits normaux, ce sont les autres qui doivent être désignés. Il y a beaucoup d’adjonctions dans les aliments, souvent cancérigènes, notamment pour la conservation : le problème est de produire en masse et un acheminement trop long.
  • Il faut dissoudre la FNSEA qui n’aide pas les petits agriculteurs et trouver un autre moyen pour les soutenir. Changer la production au niveau local, ça passe aussi par nos comportements de consommation. Il faudrait une campagne qui mette en avant toutes les initiatives et productions éthiques. Aussi faire une grande dépollution es terres contaminées et des eaux polluées, cibler précisément ceux qui continuent à polluer et faire des boycott et sanctions (on les connait : Monsantos, Bayer). Rendre possible et aider les expérimentations saines.
  • On est tellement habitué à manger des choses sans goût qu’il nous semble normal d’ajouter du sucre et du sel, des exhausteurs de goût partout. Déjà essayer de redresser ses sens en faisant par le goût la différence de qualité des produits, on le ressent dans notre corps et notre intellect. Faire sa cuisine soi-même, pas de plats préparés, connaitre des agriculteurs proches avec qui ont peu même travailler, produire soi-même. Les nanoparticules ne sont jamais indiquées alors qu’elles sont présentes quasiment partout, il n’y a aucune régulation là-dessus. On devrait connaitre l’impact sur le corps et les modes d’extraction/fabrication. Remettre dans les écoles et hôpitaux une transformation sur place des produits.

Mettre en place plus de transparence dans la production des produits, notamment alimentaires, et des appellations

  • Les codes couleurs ne servent à rien car dès que ça respecte la législation, c’est vert. Le seul moyen de savoir ce que l’on mange c’est ce qui est produit au niveau local : que les productions soient ouvertes pour que l’on puisse voir ce qui s’y passe. Organiser un travail de communication autour des petites exploitations et des échanges de biens et services, proposer de ramener des produits pour ses amis, son voisinage, avoir des petits lieux de stockage et des commandes groupées, se relayer pour y aller pour que ça devienne accessible à tou.te.s. Ce sera en plus un bon travail de faire ensemble dans la confiance et le partage des tâches. Il y a beaucoup de caves vides dans lesquelles on pourrait reprendre le contrôle de la distribution : le problème des marchés c’est qu’on ne connait pas non plus la provenance des aliments ni le mode de production. Ça peut aussi être des lieux dans lesquels il y a des artistes. Les supermarchés participatifs existent : le personnel est le client, il travaille quelques heures au magasin et paie moins cher ses produits, du coup une plus grande attention est portée à la qualité et la provenance. De même pour les vins, en Espagne, en Italie et en Allemagne il y a des relais locaux et participatifs pour la production et vente de vin.
  • La provenance des produits est toujours floue en fonction des différentes étapes de fabrication, ce qui masque les matières premières, les conditions d’extraction et de travail ne sont pas inscrites sur les fiches techniques des produits

Métaux rares et production dans les pays pauvres :

  • Pour extraire le coltan, ça demande d’exploiter beaucoup de roches et ce sont souvent les enfants qui le font. Comment interdire le travail dans les mines aux enfants alors qu’ils le font pour survivre ? La France a réussi a changer les normes de travail par les syndicats : le commerce est international alors que les syndicats sont nationaux : faire une défense des travailleurs au niveau international, comme un syndicat mondial à partir du prolétariat, monter des grèves transnationales pour avoir un poids réel. Fermer le commerce à tout pays qui ne respecte pas le droit des l’homme risquerait de toucher d’abord les populations pour lesquelles l’économie dépend de l’exportation, avant leur gouvernement. Quand la France a durci les conditions pour que les chinois viennent sur le territoire, la Chine a bloqué l’importation de produits, ça a développé la contrebande et les intermédiaires qui augmentent les coûts et l’accès. Les multinationales ont tout intérêt à ce que des pays exploitent leur population pour y délocaliser leur production. L’enjeu est au niveau de la consommation, par ce syndicat international, on ferait des actions sur la consommation et un soutien des travailleurs en grève. Collaboration entre les différents secteurs, échanges et entraide en dehors des décisions gouvernementales.
  • Il y a une absence de choix concernant les outils numériques, le refus suppose une exclusion de la vie sociale et de l’accès aux ressources (administration, transport, banque, travail, médias, alimentation, aides sociales, impôts, soins, éducation…). Un milliard de portables ont été produits en 2017 : on est obligé de consommer du numérique pour survivre, très peu d’autonomie, augmentation de la dépendance. Seul un gros mouvement de refus et la mise en place d’alternatives pourraient limiter cette dépendance.
  • Adam Smith (La richesse des Nations, 1776) théorise le marché international et l’intérêt général par la jonction des intérêts individuels seulement dans le prisme de la puissance des nations : c’est une association militaire et commerciale dans une compétition internationale. Dans l’ancien monde, on avait des frontières, le numérique les dépasse aujourd’hui, les nouvelles frontières c’est la langue et les cultures, mais on peut maintenant communiquer avec ces nouveaux outils qui peuvent aussi servir à la lutte sans passer par les instances gouvernementales. Cela suppose un relais sur place, aider à ce que les personnes s’organisent : toile mondiale et rencontres locales en co-gestion. Bourdieu distinguait les intellectuels universalistes (une nation terre) et littéraires (pour la défense d’une langue, d’une culture). S’il y avait un espace médiatique mondial, y aurait-il une seule langue ? Possibilité que ça passe par réseaux de traduction au cours duquel chacun.e vérifie et source l’info. Les langues sont une richesse, un mode de représentation, le travail en réseaux évite la centralisation et l’uniformisation, cela suppose de faire confiance aux traductions et aux différences dans les façons d’aborder les sujets. Les dominants sont organisés en club avec des modes e traduction très au point pour défendre leur intérêt particulier, faire contre-pouvoir nécessite de ne pas travailler pareil.
  • Rassembler autour d’une table des mouvements de dominés qui ne sont pas d’accord pour travailler ensemble sans attendre l’Etat comme médiateur et décideur. S’il y avait une chaine médiatique internationale, elle devrait être sans publicité et relayer les luttes en cours. Avec une langue pour les sourds (on voit très souvent un grand décalage dans les traductions en langage des sourds et du coup les infos sont incompréhensibles).
  • Quand on a reçu Standing Rock Place de la République ou le multiplex avec Alep lors de la journée Faites la dignité, on avait un traducteur sur place et ça nous permettait d’avoir directement les infos de ce qui se passe ailleurs par les personnes qui les vivent, sans les filtrer avec une ligne éditoriale. De même l’essai du Global Debout et l’Ambazada à la ZAD sont des espaces qui ont pour vocation d’accueillir un relai des luttes internationales. Le Grand Paris implique les JO dans un phénomène de gentrification : plusieurs collectifs se sont mis en commun car ils étaient tous concernés dans la ceinture parisienne, de façon à se connaitre et lutter ensemble contre le même phénomène. Ils proposent autre choses, notamment la défense des terres et une agriculture alternative. De même la préservation des zones humides comme à la ZAD pose la question de la priorité du commerce sur l’écologie, des intérêts particuliers sur l’intérêt général, la gestion des biens communs…

Métaux rares et production dans les pays pauvres :

  • Il y a une volonté aux EU de se protéger en n’utilisant pas les ressources pétrolières de leur pays pour les avoir en stock et les revendre très cher en cas de crise. Faire une étude des sols pour les dépolluer (revenir aux semences e base qui étaient plus résistantes et moins toxiques, laisser libre leur production) : les asso qui luttent contre le nucléaire ont déjà des infos sur les lieux pollués et les ressources énergétiques, on pourrait associer les infos de l’armée et celles qui viennent des industriels et des administrations, ça nous permettrait d’avoir suffisamment d’information sur l’état e nos sols en se basant sur ce qui existe déjà actuellement. Utiliser au maximum le recyclage de tous les outils numériques déjà existants pour ne plus extraire à nouveau des métaux rares, arrêter la production de ces matériels car il y en a assez sur le marché et on pourrait les partager. Les métaux précieux ont une qualité esthétique particulière et des propriétés électrochimiques et ils sont en nombre limité (alliage, catalyseur), les métaux rares permettent de faire des composants numérique et énergétiques très puissants. Ça fait une guerre commerciale qui ne défend donc pas du tout une pacification des relations internationales.
  • Ce qui ne devrait pas entrer dans la sphère commerciale comprend la liste qu’avait faite Karl Polyani: l’humain, la terre, l’argent (pas de financiarisation) ne sont pas des marchandises, s’ils entrent dans le marché ça ne peut produire que de la destruction. A quoi on pourrait ajouter les idées, car c’est une compétitivité des brevets et des diplômes alors que le savoir devrait être accessible et au lieu des brevets privés et permettant d’accéder à des productions très chers, on devrait les qualifier comme d’intérêt général et à ce moment là ce serait des biens communs. Faire accéder ses propres réflexions au titre de bien commun devrait être en soi une reconnaissance suffisante. Essai actuel de faire un pôle de recherche d’excellence sur le plateau de Saclay, ce qui a été bloqué par une institution, encore pour couper une partie de la recherche des réalités de terrain : on fait un pari sur quelque chose qui n’existe pas. Il y a beaucoup de savoir, notamment dans la contestation et on ne les prend pas en compte car on voit leur position de militant avant d’analyser leur arguments et recherche, on devrait donc plus souvent changer d’interlocuteur/trice.
  • On nous présente souvent la solution technologique alors que c’est surtout un moyen de poursuivre les mêmes problèmes en les masquant par d’autres, c’est une course sans fin qui se retourne sur elle-même.

Peut-on se passer du commerce international ?

  • Problème que des savoir-faire soient privatisés : imaginer un système sans taxe, sans lois, sans normes ? Il y aura toujours des échanges, l’ordo-libéralisme en Allemagne a développé une régulation du marché par l’Etat tout en laissant une concurrence libre et non faussée entre les acteurs. On pourrait imaginer sur ce même mode une régulation internationale par des lois et des gardes fous mais pas un gouvernement mondial qui masque les différences locales.
  • Sur la question de l’agriculture, l’utilisation de traction animale permet d’éviter la fabrication et le transport de matériel avec une autonomie locale de la production à la vente (film Un trait de vie). Le matériel peut aussi passer par la récupération, appliquée ou non à la traction animale : dans ce fonctionnement, la rémunération est respectueuse du travail vu que les charges sont réduites au maximum, ainsi que les combustibles. Aussi arrêt d’ajout dans les rations, les vaches doivent disposer d’un espace suffisamment grand pour qu’elles soient autonomes dans leur alimentation.
  • Commerce plus égalitaire si chacun échange ses ressources locales ? Problème des ressources inégalitaires, d’autant plus parce que c’est pensé en terme de rapport de force national, peut-être que ça marcherait plus en interlocal avec un équilibrage mondial de base des besoins : c’est la thèse de base d’Adam Smith qui ne peut fonctionner que s’il y a une égalité de base. Problème aussi du confort, qui comprend également la santé : il y aura forcément des perdants par rapport à ce que certains ont maintenant. Si on respecte les fonctionnements locaux, la régulation mondiale serait en terme de limite de taille et d’accès aux besoins pour chacun.e. Le brevet pourrait signifier accès d’une idée aux biens communs et donc mise en place de ses applications dans l’intérêt général et pas dans le privé. La privatisation du savoir est une des formes absurdes du monde interne. C’est le conflit entre libre échange et protectionisme. Quand on dit que certains pays n’ont rien à échanger, c’est par rapport aux normes que certaines puissances ont imposé : à partir du moment où des êtres humains vivent sur un territoire, ils ont forcément des choses à échanger, le problème c’est que des choses ont été posées comme ayant plus de valeur que d’autres. Là où l’instance régulatrice mondiale ne devrait pas être en pouvoir de déterminer les valeurs des choses. Lors de la seconde guerre mondiale, il a été proposé à De Gaulle de permettre aux colonies françaises de développer sa propre économie et ça a été refusé.
  • Le régulateur c’est nous, c’est ceux qui consommes et qui demandent, on a été habitué à répondre à l’offre depuis la loi de Say (loi des débouchés) : on doit d’abord apprendre à réguler notre demande, à la prendre dans un temps long. Si quelqu’un produit des chaises, il pourra les produire seulement en fonction des besoins et ces besoins lui auront été définis en amont pour qu’il puisse les préparer. La concurrence entre les enseignes fait couler les entreprises les moins puissantes, peut-être que c’est notre vigilance et notre limitation qui serait la meilleure régulation : ne faire qu’à la commande, avec un stock très limité pour les cas urgents. Ça modifierait aussi notre rapport au temps. Revenir à une production artisanale et non plus industrielle. Aussi pour tout ce qui est marché électronique : on pousse les personnes à l’achat compulsif et ça produit bcp de déchets, de prévoir à l’avance des commandes permettra de le limiter. Globalement dans les pays occidentaux on a accès aux besoins primaires, ce qui fait que pour la croissance, il faut développer de nouvelles demandes car le but n’est pas de faire des économies mais que l’argent circule au maximum. C’est le principe de la valeur ajoutée dans chaque secteur de besoin (ex la médecine, l’alimentation…) : la valeur ajoutée est ce qui rejailli dans l’économie nationale, ce qui fait de la consommation et du coup le lien est laissé de côté car il ne produit pas de valeur marchande (même si ça tend actuellement vers la marchandisation du lien).
  • Les promotions favorisent les achats compulsifs ainsi que les publicités : on doit donc revoir ses propres comportements et lutter contre les stratégies marketing. Se pose la question de réduire les soldes pour accentuer le sentiment d’urgence des achats : la loi Macron pour les magasins le dimanche suit la même logique : on créé des comportements qui ne répondent pas à une nécessité mais deviennent finalement indispensables, voire un droit à revendiquer (et du coup il n’y a plus de temps libre, donc potentiellement politique, de lien). Plutôt limiter les zones horaires de consommation et donner dès le début le prix juste qui ne pourra souffrir de réductions. Quelle est la fonction du commerce international ? De satisfaire le besoin des citoyens ou l’enrichissement et l’accumulation ? par la loi des débouchés, c’est la seconde option qui est dominante : l’entrepreneur a les mains libres et n’est pas régulé par une instance juste qui ne favorise que les productions qui sont en faveur des ouvriers et des citoyens. Les instances régulatrices actuelles relèvent du droit privé et jouent selon leur intérêt.
  • Il faudrait donc supprimer le profit : produire au prix coutant (ex le prix que je reçois doit me permettre de produire le même objet ensuite). On arriverait alors vraiment à quelque chose de juste, ce qui suppose un temps de travail limité et une autonomie relative avec des choses à échanger. La plus-value sert à la base pour le chef, pas pour les ouvriers : il faudrait arriver à un mode de production sans cette plus-value donc sans chef. Peut-être qu’il faut que le producteur garde une petite marge, comme c’est le cas pour la vente directe dans les AMAP car il y a tout de même des risques de perte.
  • Actuellement il y a du travail le dimanche car il n’y a que des négociations faites par deux instances sans réflexion globale : dans le cas du BHV, l’ouverture le dimanche a été négociée par un référendum dans lequel était acceptée es conditions de salaire qui étaient refusées depuis des années. Du coup les syndicats ont signés car la contrepartie était trop importante. Peut-être que si ces salariés avaient résisté collectivement en parallèle des autres enseignes, aucune ne serait ouverte le dimanche et finalement ça ne poserait problème à personne car il n’y aurait pas de concurrence du tout. Pendant le Moyen-âge il y avait 90 jours de fête où se construisaient les liens. C’est l’Etat actuellement qui laisse aux entreprises tout pouvoir de régulation. Tant qu’il y aura des personnes pour acheter sans attention portée aux modes de production, il sera difficile de rendre le commerce international juste.
  • Marx montre qu’il y a d’un côté les travailleurs, de l’autre les capitalistes : d’un côte le travailleur veut augmenter son salaire, de l’autre l’entrepreneur veut augmenter le profit, d’où la recherche d’une mécanisation maximale. Marx propose de supprimer le profit, ce qui n’a pas encore été effectué de façon pratique, mais les AMAP montrent qu’on peut le réduire ; mais actuellement c’est plutôt l’extension du profit qui règne. Le problème est que même sans profit, des personnes perdent actuellement de l’argent du fait des délocalisations et du prix de vie différent dans chaque pays, on arrive dans un système absolument illogique. Le problème serait alors plus la privatisation du profit ? Si on imagine un système où tout est vendu à prix coutant, l’agriculture locale s’y retrouverait forcément car elle ne rivaliserait pas avec les importations. Cela supposerait de revoir entièrement la notion de salaire et de mettre en l’air les actionnaires ! Les prix sont imposés pas des multinationales, pas par les agriculteurs eux-mêmes, ce qui n’a aucune raison d’être. Le produit des récoltes sur le blé peut être payé bien en amont et du profit est ensuite fait à partir de ce système de production sous contrat : d’où bcp d’agriculteurs essaient de sortir des circuits commerciaux et passer par la vente directe. Mettre en place une propriété sociale des terres avec une gestion mutualiste sans profit.
  • De même l’accès aux médicaments devrait être déterminé selon le prix coutant, la recherche étant liée seulement à des financements publics (et non pas le remboursement par la sécu du prix des brevets plus que des substances de base), la valeur des vies n’est actuellement pas équivalente.

Commerce équitable et économie circulaire :

Problématique des dettes et crédits : annuler ces dettes pour qu’ils puissent utiliser leur matériel sans être déjà en déficit, qu’il y ait du stock dans le cas où les recettes sont mauvaises une année, notamment dans l’agriculture, pour que les producteurs puissent aller vers des productions durables qui se passent du matériel polluant et très couteux. Les grands groupes industriels proposent des subventions avec un contrat d’exclusivité imposant des conditions de production très dures et non respectueuse des travailleurs ni de leur moyen de production : c’est au producteur de décider de son mode de production car il connait son travail et doit le rendre transparent. Actuellement on est obligé de faire de nouveaux investissements et impossible de faire des réserves, toujours pour faire tourner la machine financière. Possibilité que les investissements puissent se faire sous forme d’échange et de partage : dès maintenant refuser de rentrer dans ce système de dette pour aller vers du don/contre-don. Trouver une façon d’apprendre mieux à connaitre les autres cultures et modes de faire, sans en imposer un : déjà pour les enfants favoriser des espaces de jeux et de partage dans la diversité, mais aussi remplacer le tourisme de masse par des échanges et des rencontres avec logement chez l’habitant.e.

Plusieurs personnes sont prêtes à aller s’installer en campagne pour construire leur exploitation : l’argent public devrait les aider pour qu’ils aient les moyens de le mettre en place et favoriser leur commerce local. Comment s’organiser sans qu’il y ait de chef ? Chacun.e pourrait trouver le système qui lui convient, voire si une personne souhaite le faire chimiquement, ce sera sa propre consommation. Actuellement on demande aux tiers supérieurs qui privatisent l’argent de nous permettre de nous développer au niveau local, forcément ça n’est pas dans leur intérêt car ça sortirait de leur contrôle. Qui instaure ces règles ? Ceux qui ont le pouvoir de création monétaire et les décideurs du financement accordé, fut-il de l’argent public : actuellement celui qui a l’argent a le pouvoir. Le financement du commerce international doit se faire de façon démocratique en passant par des autofinancements plus que par des institutions qui sont en dehors des besoins locaux et dépendent du pouvoir bancaire. Au cours des 30 glorieuses on n’avait pas le droit de s’endetter, c’était des prêts à taux zéro auprès de la banque nationale qui ont permis les infrastructures de transport qui ont été données à des privés depuis. Aujourd’hui le traité européen oblige l’endettement pour le profit industriel et pas le développement équilibré au niveau national. La période des 30 glorieuses était économiquement stable car il y avait équilibre entre production et consommation nationales. Il n’y avait pas encore de concurrence internationale, c’est ce qui a produit le déséquilibre : soit l’on revient au contrat fordiste et keynésien pour que les Etats soient autosuffisants. Le FMI et l’OMC sont ceux qui signent des accords et choisissent qui peut emprunter : la banque centrale européenne émet 100 milliards d’euro pour stabiliser une monnaie compétitive et donc dévaluée, face au dollar.

Problème du service public qui fige plus les dynamismes locaux qu’il ne les accompagne, sa fonction est de financer ce qui concerne l’intérêt général, qui devrait être déterminé non pas selon les décideurs politiques associés à des partis mais selon une réglementation respectueuse de l’écologie, des travailleurs et des besoins qui s’expriment. Dans tous les cas il y aura interprétation de ces textes et cela suppose une veille citoyenne : quand l’Etat subventionne une exploitation, elle devrait entrer dans ce cycle durable et circulaire. Les accords européens empêchent qu’il y ait une production autre que privée et polluante car ils posent ce principe de compétition. Tant qu’il y aura privatisation des terres et déséquilibre économique, on ne pourra pas sortir de ce système régulé par les instances comme l’OCDE. Il est nécessaire de comprendre comment ce système s’est mis en place pour pouvoir le modifier sans le renforcer et le dépasser sans y retomber. Au lieu du consensus de Washington on pourrait proposer de refonder l’Etat social avec : reconstruction des services publics, droit du travail, budget alloué à la protection sociale, politique économique par la demande.

Aller chercher la richesse de là où elle part : de notre travail, création et de notre coopération. On aurait une banque sociale qui ne serait pas limitée à une dimension monétaire : une agriculture raisonnée sera moins coûteuse en moyens de production et d’acheminement. Arrêter de se focaliser sur ce qui est déjà fait, réussir à se passer au maximum de l’argent car celui-ci donne toujours le pouvoir aux mêmes mains. Créer un service public du troc qui soit géré par les citoyens. Les lieux-tiers (espaces de coworking, fab-lab…) sont des espaces de travail commun qui pourraient se déployer dans tous les domaines. Faire des lieux de désintoxication pour contrer ce qu’on nous vend comme liberté, profit, compétition en tant que style de vie.

Gouvernement et souveraineté du commerce international :

GAFA et big data : S’il y a une manne de financement des services publics au niveau international on peut aller la chercher dans les gains pris sur notre vie privée par les GAFA et les lobbies de l’industrie. Que ce ne soit pas une vitrine de redistribution mais une imposition et une responsabilité concernant les décisions prises et les profits effectués : tout ce qui excède le coût de fabrication doit revenir au public. Les GAFA sont un monopole tellement puissant qu’il menace même l’ordre politique du monde en passant, au-delà de leur puissance financière, par leur prise idéologique et sociale dans leurs outils eux-mêmes (on l’a vu avec les bulles de filtrage sur facebook et les élections américaines). La régulation devra se faire par des instances indépendantes. Nos données sont une source de profit publicitaire et incitateur sans que cela ne soit jamais taxé ni régulé puisque ce sont des algorithmes opaques. Le concept du passager clandestin dans les services publics est celui qui profite de ce qui est mis en place mais ne cotise pas, les GAFA en sont l’illustration au niveau mondial : ils captent les ressources partout mais ne participent pas au pot commun pour entretenir les infrastructures. En Chine des plateformes rivalisent voire dépassent les géants américains et sont donc une concurrence directe avec des implications politiques fondamentales.

Pour contourner les législations, il y a le passage multiple par de petits financements qui échappent au contrôle. Les Etats sont actuellement le dernier rempart contre les multinationales et la finance mais ils construisent leur propre fossé en s’y soumettant de plus en plus au lieu de s’y confronter. Tout ce qui était rentable est privatisé, sinon le privé refuserait d’y investir, c’est une fiction de nous faire croire que ce sont des gouffres financiers puisque des privés souhaitent les reprendre et en tirent beaucoup de profit : la question est toujours posée à côté, pas au niveau de là où est la dette et du poids des décisions politiques.

Pour les ordolibéraux, la monnaie peut être un organe autonome, pas gérée démocratiquement et l’Etat ne doit pas fausser la concurrence mais veiller au bien-être de la population : le rôle de la banque mondiale est de stabiliser les prix, pas de créer de l’emploi et de limiter les monopoles par cette indépendance monétaire. Tant qu’on est dans l’Union européenne on est soumis à ces lois : ce ne sont plus les députés français élus par les citoyens qui font la loi mais des décideurs supranationaux qui sont mis à leur poste par des fonctionnements non démocratiques. L’article 63 « libre circulation des biens, des personnes et des capitaux » donne que les chefs d’entreprise peuvent exploiter la misère sans payer de taxes (les travailleurs détachés), des usines sont fermées puis délocalisées et les pauvres sont montés les uns contre les autres. Une autre Europe n’est juridiquement pas possible car il faut l’unanimité de tous les pays pour changer les textes : seul l’article 50 permet d’en sortir et en 2 ans. Ce sont des décisions prises pour la croissance alors que celle-ci n’a plus de sens dans le contexte actuel et que ça ne fonctionne pas : 80% des lois en France proviennent de l’Union Européenne.

Comment récupérer une souveraineté sans se passer, ce qui serait impossible, du commerce international, pouvoir échanger sans que ce soit récupéré par des monopoles ? Les rentrées fiscales s’amenuisent avec le dumping fiscal et l’évasion des capitaux, qui nous désinvestit d’autant plus de notre production. Le problème des salaires figés alors que les prix augmentent : obliger le modèle économique en augmentant les salaires avec des taxes douanières ce qui implique une nouvelle forme de protectionnisme, comme seul rempart face aux monopoles et à la puissance des multinationales. Sortir aussi de l’empire de la monnaie ou la limiter pour la valeur d’échange et non la valeur d’usage.

Le gouvernement du commerce international :

  • Les technologies seraient un outil au service de la production locale, pour faciliter le rapport entre offre et demande, limiter le gaspillage, que la commande n’empêche pas l’accès sur place. Ça ne doit pas produire la fermeture des commerces de proximité : reprendre la main sur les monopoles numériques pour un service numérique de commerce à consommateur. Des groupes comme Carrefour commencent à se mettre en lien avec des producteurs locaux mais toujours avec une marge de profit qui enlève des moyens au producteur. Il y a aujourd’hui des applications qui existent pour éviter le gaspillage alimentaire : de particulier à particulier, une personne ayant un produit qu’elle ne va pas consommer le propose à une autre qui viendra le chercher. Pour que ce soit accessible à tou.te.s, il faudrait un accès au numérique, ça pourrait passer par des bornes comme on en voit à la RATP, et aussi dans des espaces de coworking dans lesquels on aurait accès à ces réseaux alternatifs. Les diffuser au maximum pour qu’ils viennent remplacer les GAFAM à moyen terme : internet est le reflet de notre société, idem si on modifie sont fonctionnement on modifie notre société. En faire d’abord un espace de partage des infos et de mise en réseaux des initiatives, plus participatif, avec une base de données de recettes ou modes de production, innovations, qui soient libres d’accès et non pas mises en concurrence (aussi pour les savoirs).
  • Il y a actuellement un travail énorme de cartographie des initiatives existantes, notamment par Asterya, Alternatiba, le CNAM. Il y a aussi des médias collaboratifs comme Démosphère, Reporterre, mais pas des réseaux sociaux qui puissent remplacer un géant comme Facebook car il y a un financement énorme mis dans la recherche.
  • L’accès aux ressources est de plus en plus privatisé, notamment les plantes : on n’a pas besoin des labo qui nous revendent les mêmes choses beaucoup plus chères, accéder à ces savoirs ancestraux nous permettra d’avoir plus d’autonomie. Le commerce international a été mis en place pour générer des profits pour les investisseurs et la personne qui travaille est considérée comme une charge pour l’entreprise. Pour se passer des actionnaires, on doit avoir accès aux ressources pour être nos propres producteurs-consommateurs. En Argentine, le troc représente 10% de l’économie locale : échange entre produits céréaliers, carniers, et potiers. Le gouvernement a restreint le troc à ces trois catégories de produit. On croit que la pratique de l’argent arrive après le troc, en fait c’était pour le local et l’argent pour l’extérieur : avec l’outil numérique on n’a plus la frontière technique de la simultanéité des échanges, donc on pourrait revenir en grande partie au troc, là où cela ne rapporterait rien à l’Etat car il n’y aurait pas de taxe dessus. Risque que la distribution ne se fasse pas plus et qu’il y ait concentration des produits : il faudra veiller à la circulation pour que chacun.e puisse accéder aux ressources et satisfaire ses besoins. Nécessité de se ré accaparer l’impôt sur le revenu.
  • L’intérêt des impôts est de rembourser les dettes prises par l’Etat, très peu sert à la redistribution ; on pourra s’organiser autrement que par l’impôt pour redistribuer directement les produits supplémentaires pour ne pas les accumuler. Si on reprend la main sur notre consommation et notre production, le reste ne tiendra plus, pas besoin de faire une organisation étatique mais un réseau qui se passe des modes de consommation habituels, couplé à l’outil numérique et aux luttes en place. Ça peut passer par une remis en cause individuelle mais cela ne peut se faire sans un travail collectif : les problèmes de l’écologie et du commerce ne concernent pas une éthique de la responsabilité individuelle mais une responsabilité collective. Ce sont toujours les minorités qui gouvernent : la notion de chefferie est apparue au néolithique avec l’agriculture, elle s’est accentuée lors de l’industrialisation. Pendant 95% de sa vie, l’homo sapiens a réussi à vivre autrement, alors qu’on nous fait croire que sans chef ça ne marche pas. Il y a l’éducation qui formate à ce schéma de génération en génération pour la soumission à une autorité censée agir pour notre bien : culture de la division et de l’individualisme. Notre travail doit donc être dans le collectif qui nous renvoie à un autre fonctionnement à apprendre : pas de transformation sociale sans transformation personnelle. Peut être que pour ce travail collectif il est nécessaire de théoriser une vision autre à partir des alternatives existantes, sans que ce soit un programme figé, de façon à ce qu’on puisse vraiment imaginer un système autre qui se tient.
  • Un libre accès à nos ressources serait plus important qu’une redistribution des richesses. Et une entraide collective aura plus d’impact sur nos modes de vie et le et de pensée qu’une dépendance à l’égard de l’Etat qui nous laisse dans ce rapport d’autorité et efface notre responsabilité collective. L’éthique de la responsabilité individuelle consiste à nous culpabiliser : pour qu’il y ait entraide, cela suppose amour de soi qui va déborder sur les autres. Ça ne peut se faire que si l’on rejette la responsabilité individuelle pour penser systématiquement responsabilité collective. Il y a une pensée unique poussée par les médias qui contrôle les pensées, les émotions, bloquent la remise en cause personnelle sans choc interne ou externe. Pas besoin face à ça qu’il y ait une autre pensée hégémonique mais justement une hétérogénéité respectueuse des identités qui fonctionne en réseaux. La plupart des luttes s’effondrent en interne parce que se rejouait la logique de domination dans les collectifs qui voulaient pourtant le remettre en cause.
  • L’archéologie a aussi montré que quand une société devient perverse, malade, elle s’effondre sur elle-même : les personnes refusent alors d’accepter les règles qu’on leur impose, que ce soit collectivement ou individuellement. C’est le cas de l’empire romain, des mayas, du Moyen Orient. Un des principes du troc est de donner ce qu’on possède en excès et prendre ce dont on manque, ça devrait être le principe du commerce international : on exporte surtout de la haine et du ressentiment, et les personnes n’ont même pas accès sur place à ce qu’elles produisent. L’équilibre ne peut commencer que par l’autosuffisance. On est encore pas assez dans la vulnérabilité et trop accroché à notre confort pour remettre en cause tout ce fonctionnement.

La santé

Rapport à la maladie :

Avec notre système de santé en France, quasiment tout le monde a accès à une santé très technique et ce ne serait pas accessible à l’ensemble du globe. Cercle vicieux : on est stressé, on a peur de tomber malade, on fait plein d’examens, on finit pas être vraiment malade et on se rend compte qu’on ne s’est jamais senti sain. Au lieu de penser la maladie en tout préventif et les traitements systématiques, poser un temps de réflexion, de prise de distance, ça peut commencer chez le médecin traitant et à l’hôpital. La médecine nous enjoint à être dans le contrôle du corps de la procréation à la mort, la maladie en soi n’est pas l’inverse de la santé : être en bonne santé c’est être capable de tomber malade et de s’en remettre. Prendre les maladies comme des guides, des attentions à porter à soi. Aussi dans l’éducation. 75% du soin est lié à notre environnement, soit propre à notre quotidien, le travail, nos consommations. La santé passe par nos relations : mieux se connaitre via les autres, se réparer par les affections partagées, ne pas douter sur ce dont on est capable.

Comme on cultive la terre, on cultive le corps : on traite mal de la même façon son environnement que son corps. Le traitement de la maladie est devenu un bien de consommation : la santé doit sortir du domaine commercial. On est passé d’une métaphysique de l’âme au détriment du corps à une métaphysique du corps qui nie l’âme : tout ce qui n’est pas fonctionnel n’existe pas. On a besoin d’une politique de santé qui réhabilité l’inconscient pour construire un droit du travail qui réhabilite ces éléments et limite le sentiment d’insécurité, déjà économique.

Le suicide est une question majeure dans notre société, et les principales réponses qu’on lui apportent sont d’abord fonctionnelles et médicamenteuses : on ne pose pas la question de la responsabilité collective, sociétale. La prévention doit être pensée de façon collective et non pas individualisée : créer des espaces d’échange et de construction en commun plutôt que s’isoler. Nécessité de se trouver en cohérence avec ce que l’on fait, ce qui est difficile actuellement car nous sommes dépendants et peu de choix nous est laissé. Faire un travail d’antipub pour les pub de « luttes contre la maladie » pour toucher les responsabilités collectives.

La médecine scientifique est là où il y a de l’argent, d’où les déserts médicaux, et en même temps dans ces lieus on conserve une médecine traditionnelle et il n’y a pas cette course à la performance. Trouver un entre deux, pas un savoir qui efface l’autre. Le film Knock montre qu’un médecin fait son business en campagne en faisant croire aux personnes qu’elles sont malades et elles finissent par tomber réellement malades.

Le public/privé :

Les fonctionnaires sont indispensables pour une bonne qualité dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports… Actuellement pas assez de personnes par rapport aux besoins : plutôt que de donner des milliers aux labo pharmaceutiques, les mettre dans des emplois pour la santé, en favorisant les liens et la médecine par les plantes que l’on pourra continuer chez soi. Le chikungunya avait un traitement très efficace à base de plante à La Réunion, on l’a remplacé par une hospitalisation de plusieurs semaines avec des traitements chimiques lourds.

L’hôpital public demeure un lieu de soin indispensable qui doit être préservé, c’est une institution merveilleuse que l’humanité a construit. La baisse des budgets et le gaspillage : on nous incite à consommer des médicaments dont on pourrait se passer. La chirurgie esthétique et les ressources allouées à ce marché montre comment fonctionne le système : créer de nouveaux besoins alors que ceux de base ne sont pas du tout remplis. Le malaise dans le milieu hospitalier montre aussi que le travail dans le domaine public n’est pas supportable, des temps de pose sont absolument nécessaires pour accomplir ce travail.

On a commencé à parler du trou de la sécurité sociale en 1947, soit dès sa création.

Quand on n’arrive pas à vivre dans cette société, la réponse est l’enfermement, l’isolement et la médication ; alors que le soin, psychique mais aussi physique, passe par le collectif.

Alors que le service public est délaissé par le gouvernement pour aller vers la privatisation, quelle puissance nous reste-il ? Les manifestations, les grèves, les refus de consommer ? Il y a aussi la possibilité de nous organiser pour ouvrir des espaces qui mettent en place une solidarité écologique et alternative. Est-ce que ça n’engage pas encore plus le service public à se dégrader, en laissant aux collectifs, aux asso, la responsabilité qui jusque là était celle de l’Etat ? Car en plus ils pourraient se limiter à donner des financements à impact social, c’est-à-dire en faisant en plus entrer ces collectifs et asso dans des logiques marchandes.

Construire ces collectifs permettrait en premier de se libérer de la dictature du marché en allant vers l’autogestion et l’accès aux ressources. Ça donnerait une main tendue à un maximum de personnes et à partir de ça la mise en place d’un réseau de solidarité, à partir duquel on sera déjà tou.te.s bien plus capables d’aider les autres et de résister à l’ordre dominant. La grande difficulté à partir de là sera de limiter les guerres d’égo et la recherche de leadership qui rejoue ce qui se passe à l’extérieur. Par l’atomisation des relations, on attend chacun.e de notre côté que le service public s’améliore : à partir des espaces autogérés, on pourra lutter en semble et déjà s’apporter toutes nos compétences complémentaires. S’il y a un débordement possible, les liens seront déjà là et on aura les ressources : ce sera peut-être le passage obligatoire pour accéder à un réel service public.

Doit- on payer pour quelque chose que l’on peut faire soit même ? :

Par manque de temps, du a des plannings trop chargés et/ou une mauvaise répartition de praticiens sur un territoire ou un devoir de rentabiliser, il faut revoir notre système de soin.

Tout ce qui est de la bobologie devra être appris dès le plus jeune âge à l’école ou ce qui la remplacera. Cela servira à apprendre les recettes de grand mère/père, apprendre à faire des choses simples comme un pansement. Pour les plus numériques d’entre nous, une base de donnée en « open source » devrait être créer mais sans rentrer dans la parano de site comme Doctissimo.

Dans ces cours, il serait appris l’usage que l’on peut faire de certaines plantes afin d’acquérir des notions d ‘herboristerie. On y apprendrais aussi à apprendre à se connaître, connaître son corps et le corps humain en général. Les maladies, le handicap serait également enseigné afin qu’il n’y ait plus de discrimination. Chacun.e pourra alors être d’une certaine manière street medik. Des référents santé pourrait être alors choisit par quartier, immeuble, village comme le référent incendie ou d’évacuation actuel dans les entreprises. Il faut aussi ré apprendre la souffrance, ce n’est pas bien grave d’avoir un peu mal si c’est pour avoir plus du tout mal après.

Le rôle du médecin :

Les médecins auront alors un rôle un peu différent comme il pouvait avoir avant avec le médecin de famille. Il remettrait la valeur humaine au centre de sa pratique. Il connaîtrait alors les maladies dans la famille, les choix de soin de chacun .e . Les gens pourront aussi choisir leur façon de se soigner homéopathie, acupuncture comme en Chine… Le médecin aura alors juste un rôle consultatif et d’accompagnement. Cela évitera le trie de patient, des urgences débordés, de payé un médicament pour rien à la pharmacie, lutter contre les laboratoires privés qui cherchent à se faire de l’argent sur les dos de leur client ( enfin de leur patient). Cela évitera la sur prescription de médicament qui fini par appauvrir son corps, qui devient résistant aux microbes et rend inutile nos anti-corps.

En amont, nous devons éviter de tomber malade notamment en se nourrissant mieux. Dans les cours proposés précédemment il y aurait aussi des cours de cuisine mixte. Il serait appris ce qu’il y a de bon dans les aliments pour le corps et les vertus de la nourriture. Comme le dit Hippocrate «  nourriture soit ton médicament ». Dans des maisons de retraites, le personnel s’est aperçu qu’après avoir changé de nourriture et le passage à la nourriture industriel, les gens déprimaient. Lorsqu’ils sont passé à de la nourriture plus saine au bout de deux/trois semaines ça allait mieux. Chacun ne pouvant avoir le temps ou l’envie de cuisiner de la bonne nourriture saine, un moyen devra être trouver pour être toutes et tous égaux sur la nourriture ( voir atelier sur l’agriculture). Même si on a la flemme de se faire à manger le soir après le boulot ou les cours, il faut prendre le temps . Des lieux pourraient permettre à ces gens là d’acheter ce type de bon produit à bas coup car il serait locaux ou alors si dans un immeuble une famille cuisine, elle peut faire un peu plus pour le voisin qui est célibataire après lui avoir demandé par téléphone. En plus de la nourriture, la pratique du sport, l’exercice de la parole doivent accompagner les gens vers une vie plus saine un peu comme au temps des grecques en enlevant les esclaves bien sur.

Le rôle de l’hôpital :

On gardera la chirurgie et toutes les médecines qui aident les maladies importantes comme les cancers, le sida etc etc au soin des hiataux. Il faut que ce qui est appris dans les études de médecines sur l’ampatie. Il ne faut plus qu ‘une personne soit considéré comme un numéro. Il faut que les médecins donnent envie de guérir aux gens et non plus seulement les soigner.La culture inscrite ne doit plus s’opposer à celle prescrite. Il faut laisser plus de place à la culture de chacun et la subjectif. Les médecins pourraient alors sans risque de procès ou de ne plus être dans le droit tester de nouvelle chose comme par exemple l’usage du miel pour certaine pratique. Comme avec les médecins et ce qui est dit précédemment, chacun pourra choisir ça façon de se soigner. Pour une personne en fin de vie, un peu à l’image du condamné à mort pourra choisir comment passé ces derniers instants de vie que soit par un rite religieux, un bon repas ou une bonne lecture. Les dettes des hôpitaux seront supprimé. Les dépenses en médicament pourront être diminué avec un conditionnement à l’unité et des médicaments à prix coûtant.

Il faut prendre plus de temps à l’hôpital.

Les technologies dans la santé :

  • On utilise systématiquement toutes les ressources technologiques pour détecter les risques de maladie, au nom de la prévention, on conditionne les personnes à se considérer comme malade de l’extérieur sans se sentir malade de l’intérieur. D’autant plus qu’on ne peut ensuite suivre précisément le malade, après lui avoir diagnostiquer des maladies à venir. La méthode scientifique donne qu’une connaissance élaborée dans un endroit de la planète doit être valable partout, or ce n’est pas universalisable en fonction des territoires, ce qui y est produit, des habitudes et des cultures. Plutôt que d’analyser les organes de façon indépendante, penser en termes d’une personne globale. Dans le cas du malade expert, commence une réappropriation des savoirs médicaux, on devrait le diffuser plus largement.
  • Inégalité territoriale concernant les technologies et mise en place d’une médecine à plusieurs niveaux : seuls certains hôpitaux sont équipés et cela produit des attentes et une concentration. Comment rendre la technologie non invasive et accessible à tou.te.s, faut-il en ce sens la limiter ? Les brevets représentent une part importante du coût d’achat des appareils, si ceux-là étaient produits par des entreprises publiques, ça étendrait le savoir sur leur fonctionnement et ça permettrait de les orienter vers un coût plus faible. De même pour la production des médicaments : la santé et ses technologies doivent faire partie des biens communs. Une grande partie de leur coût n’est pas liée aux matières premières ni à la production mais au profit. Il est dommage de penser en termes de limitation de la technologie, car elle permet de grandes avancées pour la santé, comment alors continuer à la développer sans qu’elle soit le privilège de certain.e.s et qu’elle respecte les limites écologiques ?
  • Les études de médecine doivent être revues en ce sens : y développer les sciences humaines et sociales pour une prise en compte globale de la personne (penser le symptôme dans son ensemble), conserver les savoirs indépendants des technologies et les voir comme un apport, un complément, pas comme remplaçant la relation médecin/malade et leur savoir partagé. Risque de la dépendance des médecins aux machines, et ainsi aux entreprises qui les développent. Les concours sélectionnent des futurs médecins qui apprennent par cœur et non pas une sensibilité à l’autre. Avant les concours, l’enseignement était très différent et plus axé sur les savoirs à développer : les médecins dépendent actuellement des spécialistes de décryptage de l’image (radios, scanners…) pour donner un diagnostique. Dans le film Elysium, l’intelligence artificielle met au chômage les médecins et est privatisée. La technologie peut aussi bien être un ennemi qu’un ami, de croire que l’homme pourrait choisir entre solution technologique et santé traditionnelle est une fiction : on n’est pas libre devant la technologie, cela se voit avec la question des données.
  • Développer dans les jardins partagés la culture de plantes médicinales pour un accès plus large. Concernant la santé et le service publique, il existe 3 modèles : le modèle bismarckien qui suppose un impôt pour financer le service publique de la santé ; le modèle de solidarisme avec des cotisations sociales auprès des travailleurs ; Europe du Nord (on privatise le système de la santé). En revenant au premier système, une taxe robot ou taxe technologique pourrait nous permettre de financer le système de santé et de produire les technologies en nationalisant les entreprises de production des outils technologiques nécessaires, comme ceux servant à la santé, comme propriété sociale. Le choix ne doit pas se faire entre plus de technologie contre moins de soin (moins de personnel hospitalier, moins de temps pris avec le malade…) : les deux sont obligatoirement à penser ensemble, sans que la technologie devienne le privilège des cliniques privées, ce qui intensifierait la médecine à deux vitesses.
  • Le problème de l’accompagnement est que tout est pensé autour du travail, il est donc important de dépasser ce terme : des domaines ne sont pas adéquats pour rester pris dans la notion de travail, d’où la nécessité de penser en biens communs, et ce dans la santé : le modèle de cotisation sociale auprès des travailleurs ne peut plus fonctionner.
  • La technologie dans la santé, et notamment la technologie numérique déplace aussi le rapport à l’autorité médicale : le patient peut faire ses propres textes et accéder aux médicaments. Le problème ici est qu’il n’y a toujours pas d’instances critiques sur ce rapport au diagnostique et aux médicaments qui restent au profit des multinationales de la santé. La technologie reste aussi totalement obscure quant à son fonctionnement, elle n’est pas neutre et suppose une représentation particulière du rapport au corps. Sa démocratisation permet de réelles avancées mais il faut rester vigilant quant à son fonctionnement et son accès : problème éthique. Ça passe donc par la formation des médecins mais aussi l’éducation critique à la santé. Les migrations médicales sont très importantes car dans les pays du Sud il n’y a pas accès à ces technologies : en République Centre Africaine, plusieurs instruments modernes n’ont pu être disponibles car c’était un contrat passé avec le gouvernement antérieur.
  • Chez les zapatistes, une solidarité nationale et internationale ont permis des médecins de financer le début du processus : il y a des maisons de santé qui fonctionnent avec une formation des paysans. Il existe aussi de la chirurgie, avec un accès limité aux technologies qui tend vers une autonomie : les autres territoires du pays vont aussi dans ces maisons de santé car il y a vraiment un manque d’accès aux soins dans le territoire.

La sexualité :

  • Connaître son corps reste souvent tabou, lié à d’anciens préjugés ou à des notions culturelles et/ou religieuses, ce qui rend les débats publiques, notamment à l’école, difficiles, alors qu’il y a un vrai besoin. Le planning familial pourrait rester en étant plus ouvert, aux différents genres et comme espace de débat. Les cours de sexualité dans l’éducation nationale est importante pour la prévention des MST et les associations sont très impliquées là-dedans. Le film 120 battements par minutes montre que ces associations sont souvent débordées et demandent à l’État de l’inclure dans les programmes d’éducation. Aussi l’égalité des genres qui devrait être mise dans les programmes : risque alors que l’enseignant prenne position, ou qu’il soit pris à parti. Peut-être qu’il vaut mieux que ce soit des tierce personnes et pas l’enseignant qui interroge ces sujets pour que ce soit plus de l’information sans parti pris. Peur de la part de plusieurs minorités de venir parler, car il y a des agressions derrière, des tensions très vives…
  • La sexualité est depuis longtemps un élément politique important : cela pose des injonctions ou des répressions qui favorisent la constitution des normes. La sexualité au niveau politique est souvent pensée en fonction de la reproduction. Le politique n’a pas à se mêler de la sexualité, comme de la religion, ça concerne l’esprit. Le problème de la sexualité est fondamental depuis l’antiquité, on retrouve la représentation sexuelle comme un des piliers de la civilisation avec des courants de pensée et de pratique très divers. L’idée de passer par l’enseignement reproduit ce passage par la représentation qui est toujours orientée, fut-elle sur un mode scientifique, ça donne aussi une vision potentiellement mécanique de la sexualité. Une politique du sexe ouvre la question de la bioéthique, de l’adoption, de l’eugénisme, cela va donner un sens plus précis de la reproduction qui serait associé à la sexualité. Le politique ne devrait sur ce sujet pas avoir d’autre rôle que celui d’ouvrir des espaces neutres pour débattre de la sexualité, que cela soit modéré avec un respect des diversités. Que ces espaces permettent aussi l’accès à la prévention (distribution de préservatifs, tests MST). Ces espaces pourraient exister dès l’école, comme ça les enfants seraient habitués à s’exprimer sur ce sujet, en parler chez eux, avec leur ami.e.s…
  • Des cultures liées à des civilisations sont toujours présentes avec leur tabou et leur injonction sexuelle, de quelle droit devrions-nous leur imposer une vision séparée de la sexualité et de la reproduction, c’est une question difficile. Tout cela est lié à des enjeux de domination, et notre société a beaucoup imposé ses visions contre des civilisations qui étaient bien plus respectueuses des rapports homme-femme et ouvertes sur la sexualité. L’individualisme repose sur un mode sexuel associé au plaisir de l’individu (séparation entre acte sexuel et amour), le communisme dans l’État comme espace centralisé et la reproduction comme devoir, le modèle de la famille est une cellule dans laquelle s’exprime une autre norme (fidélité, amour…). Pour que l’État soit neutre, il ne devrait pas non plus favoriser l’individualisme, soit on enseigne tous ces modes de représentation de la sexualité, soit on laisse cela hors des champs de l’éducation et de la politique.
  • Aujourd’hui on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, concernant les MST, si c’est le cas cela signifie qu’il y a un tabou marqué. La sexualité est vraiment un point de conflit très fort : il y a des non dits pour ne pas froisser telle représentation culturelle, religieuse. Cela produit aussi des frustrations: la communauté Incel aux États Unis refuse le féminisme en le prenant comme un empêchement de la sexualité masculine, beaucoup de ses membres se plaignent de ne pouvoir accéder à des femmes car ils se sentent exclus : 20% des hommes les plus beaux auraient accès à 80% des femmes et 80% des autres hommes devraient se partager les 20% des autres femmes. Au lieu de penser cette exclusion dans un rapport de domination politique et économique, ils le projettent contre le féminisme, dans une haine des femmes. La vision émancipatrice d’une sexualité libre produit donc de nouvelles exclusions, en cela on voit bien que la sexualité reste prise dans le rapport de domination, comme privilège… La reproduction doit rester de l’ordre de l’intimité et pas d’une politique.
  • On réduit la sexualité à une dimension de plaisir ou biologique alors qu’elle est le reflet de l’idéologie dominante, constitutive des identités et des rapports de domination, d’où la nécessité de la rendre ouverte à des débats publics pacifiques.

Hygiène :

  • l’hygiénisme a été développé dans une réflexion de santé publique, elle est maintenant revendiquée comme un droit, ça passe par les soins du corps, l’alimentation, la pollution, l’écologie, les pratiques de corps. La responsabilité est individuelle et collective, on a trop été habitué à ce que d’autres fassent à notre place, mais qu’on nous ait demandé de construire un environnement sain fait que l’on peut à présent le revendiquer. La jeunesse y est plus sensibilisée mais pas encore assez : recyclage, ne pas jeter les choses partout, économie de l’eau et des ressources énergétiques… La pollution a commencé lors de la révolution industrielle avec la création de grandes décharges pour réguler la surconsommation. Nos poubelles partaient en Asie, Inde, Afrique pour être traitées ou jetées dans la mer : ça continue aujourd’hui malgré les obligations réglementaires, beaucoup de pays que l’on a pollué sont devenus pollueurs et ça semble un peu excessif de se mettre en position de leur enseigner l’écologie alors qu’on exploite encore les forêts et les ressources des autres pays. D’autres civilisations ont toujours été respectueuse de l’environnement en réutilisant systématiquement leur matériaux : c’est par elles que nous devrions être enseignés.
  • L’hygiénisme a été pensée par les bourgeois anglais, à la base des systèmes d’irrigation de l’eau pour contrer les maladies qui ne se limitent pas à certaines classes sociales. Ça a aussi été pensé dans une idée de production : que les travailleurs soient en bonne santé pour être productifs. Arriver à une société sans déchets suppose d’aller vers la décroissance, on se trouve avec beaucoup de déchets dont on ne sait pas quoi faire. L’industrie du plastique est largement à remettre en cause, quand on voit ce que ça produit sur les océans et sur le bord des routes. Par exemple, les couches pour bébé étaient avant des tissus lavables, on nous a dit que ce n’était pas hygiénique et qu’il fallait des couches jetables. Sous prétexte d’hygiène on nous a imposé un produit jetable, polluant, et toxique pour le bébé, alors que la question derrière est celle de la consommation. Là aussi, les consommateurs sont devenus en demande d’objets jetables pour gagner du temps, on est vraiment ancré dans cette société du tout jetable, et il n’y a pas de volonté politique de remettre cela en cause. Le temps est ici une dimension majeure, avec la promotion du divertissement qui masque encore la responsabilité et le temps nécessaire à s’occuper de soi et de son environnement.
  • Au début c’était les Etats qui traitaient les déchets et cela a été transmis aux société privées, sans respecter les réglementations : 2 bateaux sur 3 jetaient les déchets dans la mer. On ne veut pas nous faire voir la production de déchet, cela est invisibilisé alors que c’est le fruit de tous nos comportements : une prise de conscience générale passera par cette visibilité. C’est le même problème avec la privatisation des médicaments et des laboratoires pharmaceutiques : on ne voit pas tout le mécanisme destructeur qui est derrière, et cela nous arrange de ne pas le voir.
  • Les indices économiques doivent prendre en compte la production de déchet et l’accès aux ressources pour penser plus en terme de biens communs. Les politiques mises en place proposent des sanctions financières : les multinationales incluent ces sanctions dans leur budget car cela est plus rentables pour elles que de les respecter. Ce ne sont que des discours de façade qui ne touchent pas au problème de la privatisation des ressources et de la pollution des acteurs privés. On ne fait rien pour lutter contre la surconsommation, elle est bien plutôt recherchée dans nos politiques actuelles. Est-ce qu’une politique hygiéniste devrait passer par une répression contre les comportements pollueurs, qu’ils soient individuels ou collectifs ? Ça peut être un passage nécessaire pour changer les mentalités pour les déchets que nous pouvons traiter nous-mêmes.
  • Les plus gros des déchets viennent de l’industrie : exemple pour un litre de coca cola, il y a deux litres d’eau polluée. L’industrie produit des déchets pour produire de nouveaux déchets… Dans les pays africains, on vend des voitures qui ne sont plus tolérées dans les société occidentales, on vend encore nos déchets. Nécessité de passer à un autre mode de consommation qui n’a rien à voir avec l’existant, sans quoi ça continuera à se diffuser des dominants aux dominés.
  • Comment éliminer tous les déchets déjà existant? Bakounine expliquait que la société industrielle générait elle-même la destruction de son environnement : cela est encore en cours même si on le sait. La ZAD comme espace d’expérimentation devrait être développé pour démontrer que l’on peut construire une société sans déchets basée sur les communs et le respect les uns des autres.
  • Les bouteilles de verre étaient avant systématiquement consignées, cela pourrait se remettre en place sans problème et on éliminerait ainsi en grande partie le plastique et l’énergie utilisée pour le recyclage. Cela peut exister pour tous les liquides. Certains maires se sont organisés en IDF pour aller chercher les déchets laissés par terre et les rendre à leur propriétaire, cela devrait surtout être fait par les industries polluantes ! Le passage au plastique a énormément favorisé la pollution : en Kabylie, depuis le passage du verre au plastique, les montagnes sont jonchées de déchets. Revenir aux bouteilles consignées et nettoyer ces espaces commencera la dépollution.On peut aussi garder tout ce qui peut resservir.

Santé, société et travail :

  • La santé est renvoyée à la responsabilité individuelle et dans un rapport à l’institution médicale, et non pas à la question collective : prendre soin les uns des autres. Par exemple, demander « ça va ? » comme de dire bonjour, n’a plus beaucoup de sens : faire plutôt attention à la façon dont la personne est, lui demander comment ça se passe pour elle… En fait, ça dépend comment on le fait : si c’est une convention sans intention, cela passe par l’attitude et l’attention portée à l’autre et à soi. Prendre ce temps est à la base du lien social et lutte contre l’isolement : aller vers un confort collectif et le plaisir de partager. On le perçoit comme un effort alors que c’est juste une habitude à prendre, chacun.e s’y retrouverait car le confort personnel est souvent lié à l’isolement. De s’ouvrir à l’autre favorise le retour : proposer de l’aide et une écoute sans l’imposer, garder le contact en trouvant d’autres mots, sans que ce soit invasif, respecter l’intimité.
  • Les réseaux sociaux et le téléphone peuvent nous donner l’impression d’être en lien avec les autres, alors que ça ne lutte pas contre l’isolement et ça limite à des formulations pré-établies par les algorithmes (ex les émoticônes). Même si ça permet de rester en lien avec les personnes plus éloignées géographiquement et de partager des événements du quotidien.
  • Mettre en place des espaces dans lesquels on puisse discuter de ses symptômes, qu’on arrête de le prendre comme une plainte mais comme la possibilité de partager ses affects, pour les déplacer. En venant partager quelque chose de sa propre vie, ses douleurs, ses craintes, ses désirs, le collectif peut aider pour proposer des alternatives ou orienter vers le médical à partir des expériences de chacun.e. La santé a été ancrée dans nos représentations comme une intimité qui serait réservée au domaine médical, il est étrange que nous allions plus facilement nous adresser à un inconnu qu’à des proches. Cela est lié au savoir attribué et à la neutralité : ça parait étrange de se dire que l’on aura plus de facilité à s’adresser à un inconnu pour parler des choses qui sont les plus importantes pour notre vie, inconnu qui a un savoir lui permettant de les recevoir et de les interpréter. Peut-être aussi qu’on a peur d’en parler aux proches, de les blesser, de les inquiéter, et on préfère les transmettre à quelqu’un qui aura une distance suffisante pour ne pas être affecté. C’est lié à l’histoire de l’aveu, notamment. On pourrait aussi se dire qu’en partageant sa douleur avec les proches, cela nous permettrait d’être plus solide pour le combattre à deux ou plus, avec un enrichissement mutuel. La maladie est aussi devenue une forme de culpabilité, d’incapacité, qu’il vaut mieux cacher par les médicaments, pour rester dans la norme de production, ce qui donne une boucle délétère. Il y a un vide dans le lien social assez inquiétant derrière.
  • Le mal-être des personnes au travail est de plus en plus répandu : burn-out, dépression, etc… Un rapport a montré qu’une des causes majeures était la mauvaise alimentation, soit ce qui est proposé à la consommation : penser le bien-être à partir des fonctions de base (accès à une alimentation saine, un logement confortable, des conditions de travail respectueuses). Vivre mieux dans sa tête suppose d’expérimenter sa puissance d’agir : ça passe par la prise de parole, l’écoute de l’autre, l’expérimentation de solutions collectives. Comme le regard de l’autre est très important, la maladie psychique comme psychique est très difficile à assumer s’il n’y a pas de soutien collectif, amical, familial. Il y a certaines maladies qui ne se voient pas mais qui empêchent les personnes de faire la même chose que les autres, et ainsi les exclue. Il y a un étrange paradoxe entre être dans la norme et être soi-même : il nous semble nécessaire de pouvoir être comme les autres pour affirmer ensuite son identité, cela serait un passage obligatoire, on ne peut revendiquer sa différence que si on a accès à la norme, sinon on en est déjà exclu. De même entre rendre la maladie visible pour que soit reconnue notre handicap, une revendication, et que ça ne se voit pas pour que notre identité ne soit pas définie par cela. Etre malade signifierait avoir le droit à quelque chose en plus des autres ? Avoir une identité à part ? Etre différent des autres ? Revendiquer le droit d’accès à la norme, soit avoir accès à la même chose que les autres, avoir une vie normale ? Les statuts permettent d’avoir le droit de rentrer dans la norme : donner des équivalences, des réaménagements, des aides…
  • Pour la prise en charge d’un patient, il faut du temps, le corps développe ses propres défenses mais le rapport au temps n’est pas celui de l’urgence, pour lequel le médical reste primordial. La médecine du travail est indispensable pour contrôler les conditions de travail mais le problème est à nouveau de renvoyer à la responsabilité individuelle : être apte ou non apte est très réducteur, il pourrait y avoir des aménagements en fonction des compétences et des évolutions de chacun.e. Dans les métiers du social il y a beaucoup de souffrance, et un des rôles du collectif est de la gérer, cela ne doit pas rester dans l’adresse à un tiers qui extériorise le problème.

À vous!

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