Atelier éduc’pop « comment arriver à la société qu’on veut? » : Les idées

Sur la Place de la République, nous avons commencé la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées entre août 2016 et mai 2017, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui. Au fil des semaines et des séances, nous regroupons ici l’ensemble des idées formulées au sein de la seconde partie de l’atelier. Cet article est donc en évolution constante et ouvert à vos commentaires et propositions!

Pour plus de détails sur la formulations de ces propositions, ainsi que des interventions/débats organisés par Debout Education Populaire en relation avec certaines proposition, vous pouvez consulter les CR (accompagné d’enregistrement audio) de chaque séance de cet atelier :

Séance 30 : discussion sur la seconde partie « comment arriver à la société idéale?  » (1)

Séance 31 : discussion sur la seconde partie « comment arriver à la société idéale?  » (2)

Séance 32 : le droit de propriété (1)

Séance 33 : les droits locaux et coutumiers

Séance 34 : les enfants et l’éducation (1)

Séance 35 : les enfants et l’éducation (2)

Séance 36 : les enfants et l’éducation (3)

Séance 37 : bien vivre avec les autres (1)

Séance 38 : bien vivre avec les autres (2)

Séance 39 : bien vivre avec les autres (3)

Séance 40 : « les richesses et les biens communs » (1)

Séance 41 : « les richesses et les biens communs » (2)


Le droit de propriété

Proposition 1. « passer du régime de la propriété lucrative à la propriété d’usage »

  • en Allemagne : au lieu de jeter ce dont on n’a plus besoin, soit on le donne à quelqu’un, soit on le vend pour quelques centimes symboliques. Cela se répand dans la population et dans des espaces ouverts (par exemple des cabines) ou de particulier à particulier.
  • Les gratifieras : les personnes apportent ce qu’elles veulent et peuvent récupérer ce qu’elles souhaitent, pas de système d’argent. De même, de la nourriture est apportée pour être partagée gratuitement
  • L’association Share Voisins met à disposition des objets dont on n’a pas besoin pendant un temps (les ordinateurs, les voitures), de même on peut créer des lieux communs où l’on se sert de ce qui est mis à disposition, sans que ce soit de la location entre particuliers. Pour que cela soit possible il nous faut développer la relation de confiance, aussi au niveau des jardins partagés : être prêt à perdre ses biens, ou demander à celui qui abîme de réparer. A partir du moment où les choses sont vraiment données ou mises à disposition, il n’y aura plus d’envie ni de besoin de vol ou de destruction.
  • Possibilité d’acheter des biens en commun où chacun met ce qu’il peut de façon a ce que plusieurs aient accès aux outils, sans que cela produise un système d’exploitation (de type actionnariat). Cela peut se mettre en place avec le logement : instaurer un rapport de confiance plutôt qu’un rapport marchand. Cités castors dans les années 50 : les personnes arrivent avec des compétences et chacun aide l’autre a construire sa maison, son jardin, ce qui conduit à construire ensemble son environnement en apprenant des autres. Aussi pour les éco-villages : le matériel est acheté en commun. C’est encore le cas de la monnaie locale alternative qui développe ce rapport de confiance et de proximité, la valeur n’a plus le sens du marché, mais celui du besoin, c’est la qualité de la relation qui compte, l’équilibre est à trouver dans le groupe.
  • Le rapport à la propriété est en cours de transformation avec les modes de partage actuels, nous devons veiller à ce qu’ils ne soient pas mis au service du modèle économique (en créant de nouveaux besoins comme avec Uber). Limiter au maximum le biais monétaire.
  • Droit de propriété : utiliser ou transformer un bien (usage « usus » : par exemple les logiciels libres) // le vendre (posséder sa valeur économique « fructus »: ex logiciel privé). Faire disparaître ce second aspect du droit de propriété pour conserver le premier en dehors de l’aspect monétaire.
  • De même pour les compétences : échanger des services en dehors de la concurrence, des plate-formes existent déjà pour cela. A-t-on besoin de conserver le système de licence ?
  • Est-ce qu’il faudrait que ça passe par l’Etat ou par du local pour que ce rapport de confiance se mette en place ? Certaines choses doivent relever du domaine de la collectivité (eau, énergie, transport) pour que tout le monde bénéficie du même service. Pour les autres, les deux niveaux peuvent exister. Si ça passe par l’Etat, il faut veiller à ce que ce soit au service de ceux qui possèdent le moins, avec un principe d’égalité inaltérable qui limite toute aliénation au travail.
  • Devenir autonome économiquement, ce n’est pas du tout le cas de l’auto-entrepreneur puisqu’il est soumis au marché et que les terres et moyens de production restent la propriété de grands groupes (on paie pour travailler, l’ubérisation c’est la modernisation du travail au noir). L’autonomie devrait se faire au niveau des besoins (alimentaire, logement, vêtements, accès à l’eau et l’énergie) et n’être pas dépendante de la sphère économique (sécurité qu’apporte la théorie du contrat). Comment se défaire de la propriété des moyens de production et des ressources ? Que les ouvriers soient propriétaires de l’entreprise (supprimer l’actionnariat) sur une question d’apport de compétences. C’est le principe des SAPO, c’est donc possible dans la loi, mais peu connu et peu développé. Ce qui légitime la propriété depuis la fin du système féodal, c’est le travail, et cela peut aller dans le modèle libéral jusqu’à la négation de l’autre. On demeure tout de même dans un système inféodé aux grandes richesses : on peut être exproprié pour de grands projets inutiles par exemple. La conservation de soi s’arrête là où commence celle de l’autre : ceci doit faire partie des règles incompressibles jusqu’à ce que ça devienne spontané, le rôle du droit serait de façonner des comportements qui permettent de mieux vivre ensemble.
  • « Les riches ont inventé la morale pour que les pauvres ferment leur gueule » : le droit naturel est une fiction pour que les choses restent figées. Dans la nature ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est l’enchaînement d’équilibres instables : les lois économiques avec le besoin de croissance fonctionnent à l’inverse avec une fiction d’indépendance, la domination est destructrice de cet équilibre. La société elle-même n’existe pas, elle n’a de réalité que du fait de la croyance qu’on a en son immuabilité. On pourrait inventer n’importe quelle société et vivre dedans, le tout est de la supposer possible : les règles sont nécessaires pour limiter la destruction du lien social, elles ne doivent avoir d’autre fonction. Les concepts moraux sont des modèles vers lesquels on essaie de tendre, ce sont des fictions qui structurent notre imaginaire. A partir de quel moment on continue d’être libre, et à partir de quel moment on devient aliéné par le groupe ?
  • On n’est pas propriétaire de la Terre, mais gardien pour les générations futures : comment développer concrètement ce rapport au monde ? Que les biens communs n’appartiennent à personne : Rousseau démontre que la nature et l’homme, c’est la même chose et l’économie doit être au service de l’intérêt général. Mais aujourd’hui nous savons que l’homme n’est qu’un élément dans un écosystème bien plus large.
  • La notion de propriété opère aussi au niveau de l’amour : la volonté est de ne pas poser le corps de l’autre aimé comme étant notre propriété. Est-ce parce que nous avons eu ce rapport de propriété inculqué qui fait que l’on doit s’en couper, ou bien est-ce un besoin psychique associé au sentiment amoureux ? Il y a là aussi une question de confiance et de respect. La protection est souvent prise dans cette question de propriété, en supposant le bien à la place de l’autre, que ce soit dans l’amour mais aussi dans le rapport salariat. Le mariage est un ordre social numérique qui entre dans la biopolitique occidentale.
  • La propriété dans l’art se situe au niveau du nom de l’auteur, ce qui fait que dans la nature, on peut trouver des créations animales ou des beautés que l’on peut associer à une forme d’art, mais la nuance est qu’il n’y a pas de nom pour revendiquer sa propriété. Se passer de la propriété intellectuelle signifie se passer du nom d’auteur. C’est aussi s’autoriser à prendre la parole sans en être propriétaire, en la pensant de façon circulaire, sortir du cadre pré-pensé. Les politiciens se donnent comme propriétaires de la parole publique en dépossédant les citoyens de l’usage de la parole qui ne peuvent exprimer leur opinion que par le biais de leur représentant : il n’y a plus qu’une noblesse, un clergé et plus de tiers État.

Les enfants

Proposition 1. « changer le système d’évaluation »

  • Classes par niveaux et non par années : 1 an où l’on essaie plusieurs activités. Le risque avec les classes par niveaux est que se créé une élite séparée : faut-il une évaluation pour être sûr que tous les enfants aient un socle commun ? Les connaissances de base peuvent être mêlées aux autres apprentissages sans évaluation, on retire la notion même de niveau, le système d’évaluation c’est un contrôle social. L’entraide fera partie de l’éducation, beaucoup de travail en groupe sans que cela bloque la créativité individuelle. Pas de nécessité d’apprendre les bases très tôt (des écoles aux États Unis non obligatoires laissent la possibilité à l’enfant d’acquérir les apprentissages dans l’ordre qu’il souhaite) : « l’école c’est le quartier/village », les compétences peuvent ne venir qu’après les échanges de savoir (appropriation et découverte plus que par-coeur).
  • Cela va engager de grosses résistances car la question est d’emblée politique.

Proposition 2. « Modifier le rapport à l’autorité »

  • Les écoles pourraient être des lieux ouverts, de libre circulation, chacun/chacune pourrait proposer un contenu dans une salle, et cela serait programmé en amont avec aussi des espaces de contenus libres ou spontanés. Dans un premier temps, on met ce système en place seulement l’après-midi, et le matin on conserve les cours classiques. Les parents participeront avec les enfants aux projets scolaires : pour cela le temps de travail adulte doit comprendre un temps réservé au projet éducatif. Comment mettre en place des prises de décisions horizontales ? Ce pourrait être des Assemblées Générales lors desquelles est co-construit le programme de l’année. Dans un second temps, on pourra laisser de côté la notion de programme (comme celle d’évaluation) avec un système ouvert.
  • Changer l’éducation c’est déjà changer la société : dans la formation des enseignants il y aura une vraie culture éducative en prenant connaissance des types d’enseignement existants pour que chacun.e puisse en tirer le meilleur en fonction de sa créativité.
  • Favoriser l’auto-financement dans ces établissements pour apprendre l’auto-gestion et la responsabilité (cf Lycée auto-géré). Résoudre les problèmes de la vie avec créativité et esprit critique, de quelle façon on est capable de mettre en  place les changements plutôt que d’attendre qu’un « responsable » le fasse pour nous. Transmettre des savoirs c’est déjà un engagement et une responsabilité.

Proposition 3. Décloisonner les savoirs :

  • On pourrait occuper certaines salles dans les universités pour que ceux/celles qui ne peuvent pas s’inscrire (pas de moyens ou pas le BAC) puissent accéder à des cours et en proposer. De même dans des lieux alternatifs tels que les places publiques, cafés, bibliothèques, théâtres… Si on occupe des lieux, c’est avec un projet, en circulation avec les lieux alternatifs.
  • Il faut d’abord une communication et une éducation partagée entre les adultes (les résistances viendront d’eux, pas des enfants) pour qu’il y ait un nombre suffisant de personnes qui s’engagent dans cette nouvelle éducation et se mobilise pour. Communiquer sur ce que ça ouvre et tous les enjeux que ça recouvre, montrer que c’est possible : coupler expérience pratique sur le terrain (ex : par les lieux occupés) et une vraie critique théorique de l’éducation, une vision idéologique. Pour mobiliser le nombre, commencer par de petites actions qui seront réussies. Développer une analyse qui soit convaincante, évidente (arguments forts et formules simples qui parlent aux gens et concerne leur quotidien) : se servir des codes existants pour pouvoir s’en passer avec une démarche inclusive et ciblée.
  • Remettre en place la formation partagée dans les entreprises (ce que faisait l’éducation populaire avec les syndicats), cela est financé dans le salaire socialisé : ce doit être décidé par l’employé, pas l’employeur. Voir le livre de Pascal Ponce : le Mépris de Classe.

Proposition 4 : fermer les écoles

  • Liberté dans l’apprentissage pour les enfants comprenant l’artisanat et la culture, ouverture des bâtiments scolaires. Prendre l’exemple des écoles libres dans les bois en posant par référendum la question aux parents et enfants. La problématique des parents sera sûrement : que faire de ses enfants? Il faut passer par une période de désintoxication en proposant un salaire parental à l’éducation des parents pour réorganiser le temps de travail : engagement et responsabilité dans le désir parental
  • Passer par le collectif pour l’éducation (avec la famille et le quartier plus ouverture aux intervenants extérieurs). Pour sortir de l’obligation, commencer par se détacher de l’expertise qui met le savoir au dehors.

Proposition 5 : changer le rapport au savoir

  • Idéologie dans les programmes : l’éducation est une arme de propagande où les connaissances transmises sont au service de l’idéologie du moment. Passer par l’expérience de chacun pour développer une critique de ce qui est enseigné. Parler du colonialisme, des inégalités en France, des différents points de vue historico-politiques…
  • Accès gratuit à l’éducation : fournitures scolaires données par le lieu d’accueil (ça l’était avant), plus dans les supermarchés. L’école privé nécessite un financement privé non accessible à tou.te.s et provoque une disqualification des enseignements en public et une non mixité sociale qui perdure dans le travail ensuite. En même temps interdire le privé est un problème, ou alors accepter les diversités d’enseignement pour que ce qui s’autorise dans le privé puisse s’autoriser ailleurs avec un accès gratuit. Que cela soit répartie géographiquement.
  • Regarder comment les peuples premiers  accompagnent plutôt qu’éduquent leurs enfants pour voir ce qui s’éveille en eux et laisser émerger ce qu’il s veulent faire/être/devenir.
  • Utiliser l’art (aussi street art) pour éduquer et échanger sans compétition mais en coopération. Favoriser les solidarités entre les cultures et entre les peuples.

Proposition 6 : Formation des adultes : « sécurité sociale professionnelle »

  • Les heures de travail limitent l’accès à la culture ainsi que le coût et l’abord (il faut connaître). Nécessité d’une volonté politique pour que les médias aient ce rôle de relais culturel (les gens prennent ce qu’on leur donne : si on leur propose des événements culturels plus que des télé-réalités ou des faits divers cela va créer de la curiosité). La connaissance officielle est cloisonnée dans le monde universitaire et la culture dans les domaines artistiques, ce qui fait qu’on peut manipuler plus facilement (effet de l’expertise).
  • Tout doit-il êtres accessible à tou.te.s ? La culture est une croissance de la personnalité, avec des étapes, une maturation. On pourrait poser des passages entre les étapes de l’enfance : un accompagnement sous forme d’initiation marquée par un événement à partir duquel on devient responsable de ses actes et on les assume. C’est le passage de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective : l’apprentissage des conséquences de ses actes doit être progressif, comme sous forme d’extension des cercles de pensée en rapport avec l’extension de la perception de ce qui nous entoure et sur quoi on peut impacter. Une société ne peut probablement pas vivre sans règles , mais ces règles peuvent être requestionnées à chaque génération. Toutes ces règles avec leur histoire/enjeux sont ce qui devrait en premier être expliqué et débattu à l’école pour que la compréhension entraîne l’adhésion plus que l’imposition.
  • L’enseignement actuel fonctionne sur la certitude de la part du savoir et l’interdiction de la part du pouvoir. La transgression peut être prise comme une expérimentation qui permet de questionner les règles, la transgression ça éveille !
  • Le système actuel est linéaire : ça vient d’un point (marché, politique, pub, média) et le citoyen est la cible, il ne réagit plus, il n’y a pas d’action possible dans l’autre sens.

Proposition 7 : Ecole lieu de relais des informations actuelles en lien avec les enseignements

  • Parler de sujets d’actualité suppose une ouverture et une responsabilité de sa parole : ne pas se cacher derrière des concepts ou des préjugés. Avec la vision et l’expérience de chacun, la seule chose imposée serait le cadre de respect de la parole de l’autre. Ceci pourrait se développer dans tous les enseignements. Que tou.te.s les concerné.e.s puissent aussi venir raconter leur version de l’histoire (immigrés, prisonniers, CRS…), mais aussi que chacun.e vienne raconter les contes et légendes de sa culture, sa philosophie, son mode de vie, sans aller vers imposer une vision meilleure ou unique. Idem pour les maths et la socio, voire l’application dans la science et les algorithmes.
  • Ça peut être mis en place dès maintenant avec un apprentissage au rôle de modérateur/trice pour les enseignant.e.s et un autre rapport à la transmission (savoir de quoi et d’où on parle, la fonction ne fait pas le tenant et aboutissant du discours).

Proposition 8 : Logiciel libre et apprentissage du numérique

  • S’assurer que chaque foyer ait accès à un ordinateur et à internet (comme l’eau, l’électricité…). Formation pour tous les âges aux logiciels libres : apprendre à s’en servir et les transformer, à exploiter les ressources d’internet (chercher l’origine des infos pour les critiquer, savoir ce qui est de la pub, ce qui collecte nos données…) : cela nécessite un temps laissé à chacun.e pour développer sa curiosité.
  • L’ordinateur est-il un moyen d’émancipation ? Ça sert à fabriquer des réseaux et donne un accès à des savoirs qui nous sont inconnus et à d’autres logiques (bcp ne savent pas qu’ils en existent), il y a un véritable enjeux de pouvoir là-dedans. On pourrait s’en passer mais ce serait laisser cette arme à d’autres.
  • Plutôt que de donner du tout fait, partir de l’information brute et apprendre à la traiter. Ce sont des outils qui nous paraissent intuitifs alors que ce sont des armes idéologiques. Des personnes directement impliquées (ingénieurs, programmateurs…) pourraient venir en parler directement.
  • Le numérique fait que les enfants ne sont plus intéressés que par l’écran, leur curiosité est happée par cela, importance de la mettre en lien avec le monde environnant. La machine permet aussi d’avoir un rapport autodidacte même si limité par l’outil : ça peut ouvrir la curiosité.
  • L’apprentissage par le jeux aussi bien virtuel que pratique peut aller avec tous les types d’enseignement. Transposer les codes du jeux dans des applications pratiques (principe de récompense, de découverte, de coopération via les jeux de rôle en réseaux, plaisir de créer, projection dans un personnage et une autre vision du monde). Le jeux reste un médium, le risque est qu’il devienne une fin car ça peut aussi couper les personnes des luttes du quotidien et/ou devenir un outil idéologique ou publicitaire.

Bien vivre avec les autres

Travail sur soi encouragé

  • Simplement dire bonjour et sourire aux personnes que l’on croise, avec politesse et respect, comme cela se fait dans les lieux moins peuplés. Engager une conversation n’est pas si difficile, ça commence par un sourire. Décrocher des réseaux numériques quand on est dehors : le portable n’est pas la cause de l’isolement mais l’option de fuite, ça marche aussi par mimétisme. Les réseaux virtuels peuvent permettre de rencontrer celles/ceux que l’on ne croiserait jamais (par exemple des personnes avec un handicap). Ce sont des instruments qui doivent rester au service des individus et pas servir à collecter des données pour mieux les contrôler.
  • Les chauffeurs de Bus disent bonjour car c’est un mot d’ordre : si toutes les institutions et commerces avaient ce mot d’ordre dans le quotidien, ça généraliserait ce comportement. On peut donner l’excuse du temps : on a parfois besoin d’être tranquille dans les transports entre le travail et la maison, c’est aussi une habitude et un mimétisme, on ne pense qu’en terme d’horaire et de gain de temps.
  • On pourrait créer des « zones amicales » à prix libre dans lesquelles les personnes puissent se retrouver après le travail ou le weekend. Utiliser pour cela le mobilier urbain ; ouvrir la création culturelle pour que les personnes ne se sentent pas passives devant les « grandes œuvres » : faire des lieux de création libre où chacun.e amène du matos, fasse et expose. Utiliser les marionnettes, les jeux de rôles, sans « organisateur/arbitre ». ça peut aussi êtres des lieux de recyclerie, de jardinage, de méditation, de débats sur des sujets divers, de lectures ou de visionage…. Tout type d’activité peut être proposée chez un particulier, dans des bureaux ou des espaces publics, sans bénéfice (en dehors du système économique capitaliste). N’importe qui peut proposer un lieu dans un temps donné, ouvert à tou.te.s. Si l’on n’essaie pas, tout le monde continue d’attendre, c’est aussi sortir de son isolement et du quotidien.
  • Savoir de quoi et de qui on a peur : sortir du rapport de force en commençant par pardonner à l’autre, à prendre en compte sa propre souffrance. Faire du jardinage c’est un rapport de force avec le temps, d’échange avec d’autres éléments et de respect des limites. On s’attend à ce que les autres agissent en fonction des clichés, comme s’ils devaient s’y conformer pour contrôler la différence. Actuellement on est surprotégé, ce qui rend les contacts hors zones de confort impossibles. Tout doit être pré-fait et on ne connaît pas le plaisir de faire ensemble. Comment la curiosité peut-elle sortir de l’aspect consumériste ? On a souvent le politique qui s’y mêle avec une manipulation idéologique (pour prendre des voies, se faire aimer)
  • La création de pots communs : pour étendre ce qui est fait dans ces lieux de création et d’échange, pour mener des projets plus complets (faire des repas en communs, reconstruire des logements, des écoles, des jardins…). Actuellement on doit avoir un diplôme/fonction/statu pour être autorisé à faire qqchose : s’autoriser soi-même à changer la société ça commence par une petite chose, acquérir par soi cette légitimité : il y a bcp de choses que l’on a le droit de faire mais on ne se l’autorise pas.
  • Ouvrir des espaces de méditation avec du silence et/ou des sons naturels. Sortir du cadre où l’on est ça peut aussi être fait via des échanges (sans renter dans le système AirBNB) avec des pots communs et l’envie de transmettre. Possibilité de passer par une obligation : 1 journée par mois on doit aller rendre service à une autre personne tirée au sort par proximité géographique, quelqu’un que l’on ne connaît pas. Ça pourrait être une expérimentation comme un devoir civique, sans argent, mais cela doit-il d’abord dépendre d’une autorité pour entrer dans les mœurs ?

Comment changer les idéaux de consommation :

  • Il faut changer les indicateurs établis en restructurant les rapports de force, de consommation ou de classe . Il n’y a plus de riche, de pauvre ni de classe moyenne. Tous le monde sera à la même échelle.
  • Continuer à développer l’économie circulaire afin de limiter notamment le gaspillage. Pour cela il faut revoir notre façon de consommer, sortir des barrières psychologiques comme la date de péremption, les fruits et légumes moches, sortir de l’obsolescence programmée. Tout pourra être récupéré, recyclé, donné, échangé. Cette façon permet de ne plus sur-consommer et d’arrêter de vouloir plus que son voisin. La manière de produire et de construire doit être complètement revue avec une production qui dure dans le temps. Le zéro déchet comme avec les appartements battis avec seulement des matériaux qui ne se détériorent pas est à développer. Il faut arrêter le pétrole donc le plastique. On pourra faire comme au Danemark qui a 45 % de déchet en moins que la moyenne avec la création de zone à déchet. Lors de la journée des artisans, ils font des objets avec les déchets collectés et sensibilisent les enfants au passage. Les gens sont incités à faire ce geste avec une réduction d’impôt à la clef.
  • On peut aussi mettre en place le « faire en commun » et mettre des objets ou encore des savoirs à disposition de tous comme un ordi ou le fait de savoir tricoter par exemple. Ces moments peuvent remplacer la TV le soir en rentrant chez soi. Ces lieux existent déjà mais n’importe qui pourrait en ouvrir à toutes les échelles, rue quartier, bloc, village, place… Toujours en ce sens le droit à la déconnexion notamment pour les smartphones pourrait être fait naturellement. Le but n’est pas d’interdire mais de faire autrement, en détournant ou en prenant de nouvelles habitudes. Les échanges doivent être facilités en ce sens et les nouvelles générations éduquées avec ces valeurs.

Bien être au travail :

  • Il faut stopper le cercle vicieux consistant à perdre sa vie à travailler. Le travail, comme ça devrait être le cas actuellement, doit s’adapter à l’homme et non l’inverse. On arrête les systèmes de classement, de comparaison type benchmark qui mettent en compétition les salariés et sont nocifs à leur santé physique et mentale. Il faut donner les moyens à chacun afin de retrouver du sens à ce que l’on fait en arrêtant l’industrialisation des processus de production à outrance, en freinant la digitalisation du monde de travail. On peut retrouver plus de communication dans les entreprises afin qu’on ne nous impose plus de modèle. Par exemple tous le monde ne souhaite pas avoir son bulletin de salaire ou ses relevés de compte par internet.
  • La société doit permettre et faciliter les reconversions professionnelles. Les inaptitudes et les conditions de travail doivent faciliter l’emploi. Le cv devra être supprimé, les diplômes ne doivent plus être bloquant. Les bilans de compétences peuvent être utiles mais si et seulement si ce n’est pas une méthode pré établie qui impose ce que doit faire la personne. La première question devra être « qu’est ce que tu as envie de faire ». La direction des ressources humaines ne doit plus exister en l’état, les salariés ne doivent pas être des ressources. L’humain doit revenir au cœur des entreprises, il faut sortir de l’élitisme, de la culture de l’échec, de la stigmatisation.

Circuits courts, production locale

  • On cherche d’abord la rentabilité avec des moyens mécaniques et de grandes surfaces, des OGM… Aller vers partager, dépolluer, assainir les terres. Actuellement des expérimentations vont dans ce sens avec des ventes locales directes ou en bas de chez soi. A-t-on les moyens pour bloquer les grands industriels, est-ce une étape nécessaire ? C’est aussi une autre relation au temps, végétaliser demande un investissement et de penser à moyen ou long terme. S’approprier la production nécessite du temps et une gestion de l’espace en commun.
  • Baisser le prix des terres (arrêter l’achat des terres avec spéculation par des investisseurs étrangers) en favorisant les acheteurs locaux et les ventes de terrains limités. Actuellement il faut avoir un accord de la Mairie pour acheter des terres et payer pour végétaliser si c’est au-dessus d’un hectare en ville : il faudrait importer les modalités rurales au milieu urbain, que chacun ait accès à un jardin partagé (pas sous forme de propriété mais de participation, l’idée n’est pas tellement de produire mais de cultiver un savoir-faire et un écosystème via un travail en commun, en contact avec le vivant), qu’un système de dons et échanges permette une diversité entre production et consommation de façon locale. Historiquement la vile s’est faite contre la campagne : espace de consommation // espace de production. Depuis la révolution industrielle on a renforcé la spécialisation et la division du travail, comment organiser une solidarité organique dans un espace géré par une solidarité mécanique ? Le numérique coupe d’autant plusle lien entre production et consommation.
  • Faire des fermes plutôt que des zoo, aussi dans les villes (les parcs). Bcp de territoires sont abandonnés (couronne des villes, anciennes usines…), il faut tout de même être organisé pour cultiver un espace et trouver un fonctionnement équilibré pour qu’il soit géré en commun et ne rentre pas dans le système de profit. Commencer par une agriculture éducative à l’école : ça existe déjà pour les personnes en ITEP de façon ludique. Toutes les écoles pourraient être quasi autonomes au niveau alimentaires, ce qui sortirait une partie de la population de la propriété industrielle ou étatique : les enfants cultivent un espace qui leur appartient comme il appartiendra à ceux qui les suivront, donc un espace qui s’appartient à lui même et nourrit ceux/celles qui y passent.
  • Les AMAP sont peu présentes dans les quartiers populaires, elles s’adressent plutôt aux classes moyennes qui ont plus de temps pour s’impliquer (participer à la production) : ce n’est pas vraiment une question de prix car il y a souvent des restes gratuits. Plus les surfaces sont grandes, moins ça demande du temps (ex : « la Ruche qui dit oui ») et plus ça demande une coopération. Une des luttes à mener est de dégager du temps pour tout le monde, de façon à ce que les personnes puissent s’impliquer et participer à leur consommation.

Généraliser les espaces communs en ville :

  • lieux dans lesquels on fait de l’agriculture/musique/sport/art/cuisine/lectures…. Des personnes peuvent venir pour une activité et découvrir les autres, ça créé des espaces auto-gérés qui se multiplient et deviennent des lieux de vie et d’échange. On peut d’abord faire cela en accord avec les institutions locales (mairie) car en France la brigade anti-squatt ne permet pas d’investir des lieux à long terme autrement que pour en faire des résidences d’artistes pluridisciplinaires en accord avec les autorités.
  • A Barcelone, ce sont des lieux auto-gérés indépendants avec des assemblées populaires toutes les semaines et un secrétariat qui gère le lieu grâce aux recettes du bar et des ventes sur place. Les salles sont gratuites et il y a une proximité avec les habitant.e.s du quartier.
  • On ne doit pas forcément définir une forme d’organisation précise mais construire ces espaces avec des projets et la possibilité d’y faire émerger de nouvelles choses.

La publicité :

  • Libérer les murs pour les artistes (comme à Londres, à Vitry….) en favorisant des espaces de street-art avec une logique promotionnelle. Sous la pression des publicitaires, on a fait la guerre contre les tags. Utiliser les espaces aujourd’hui emplis de pub comme des lieux d’information et de transmission comme les médias et les arts.
  • La première étape serait de réglementer de plus en plus les publicitaires avec des critères restrictifs (pub informatives plutôt que mensongères, limitée par rapport à la marchandisation du corps de la femme…) plutôt que d’interdire, pour ne pas couper tout un secteur de travail. La publicité est vraiment présente partout, dans tous les médiums, c’est devenu une habitude qui oriente inconsciemment nos comportements. Ensuite créer des espaces sans pub ou anti-pub car il y a un aspect manipulatoire (jeux sur les émotions, les comportements, but de confondre les besoins et envies). On imagine que l’on n’est pas affecté mais on ne choisit pas ce que l’on voit, il y a des messages subliminaux et un formatage (par ex, on croit que les sodas sucrés peuvent nous hydrater). L’indifférence est aussi renforcée, on devient passif face aux infos reçues : historiquement, la pub c’est de la propagande, la remplacer à long terme par des œuvres critiques.

les richesses et les biens communs

Partage des richesses et des moyens de production en amont

  • Il y a actuellement de grands propriétaires des terres, des ressources, et des moyens de production. Le système propriétaire/locataire est aussi ancré que celui de patron/ouvrier. Une copropriété des outils de travail, de la nourriture, des logements et vestimentaire est possible de façon locale : la mise en commun réduit les dépenses individuelles et permet d’augmenter les achats de meilleurs outils (exemple d’une coopérative en Ardèche dans la production de laine, exemple de l’usine Ambiance Bois).
  • Il est difficile de trouver les informations nécessaires au lancement de coopérative, il y a des limites administratives. Il faudrait que ces initiatives soient diffusées, pas seulement ce qu’elles produisent mais leur installation et leur fonctionnement (par exemple coopcycle est en train de se créer face à deliveroo, pour sortir du modèle de l’ubérisation). La SIC permet d’inclure dans un projet des parts à des collectivités en plus des ouvriers ; en coopérative toutes les décisions sont prises en collectif (aussi les SCOP). A Paris, COPANAM est organisé par des entrepreneur qui ont choisis de mutualiser leur outils et savoir-faire. Même au niveau politique on pourrait avoir des coopératives pour la prise de décision.
  • Aux E.U., il y a une ville où les SDF sont pris en charge par une association pour être hébergés dans un foyer et retrouver une autonomie. Dans un autre programme, on donne de l’argent sans contrepartie aux personnes en besoin : le résultat a été positif, soit les personnes en mettaient une partie de côté pour l’investir, soit elles le redistribuaient autour d’elles. Commencer par donner un logement gratuitement permet de limiter les problèmes de vol, de violence, d’incivilité, de santé et ouvre un accès à la culture et à l’éducation.
  • L’eau est aussi privatisée, une commune en France applique le concept de bien commun pour l’eau : elle est distribuée presque gratuitement et chacun est plus responsable ce qui donne moins de gaspillage. On pourrait faire de même pour l’électricité, l’accès à internet, le gaz. Par exemple pour l’électricité il y a actuellement de gros groupes centralisés qui produisent beaucoup mais ont aussi un forte déperdition d’énergie dans l’acheminement alors qu’un production locale serait plus faible en production mais donnerait au final accès à la même consommation avec un meilleur rendement et en évitant tout ce gaspillage. Pour mettre en place le prix coûtant,il suffit que ce qui est produit soit limité aux besoins du nombre d’habitants desservis, puis que le coût total soit divisé entre eux. Presque toutes les lignes internet appartiennent à Orange, qui était avant France Telecom, il est donc possible de rendre public l’accès au WIFI comme c’est le cas à certains endroits : ça peut donc aussi être géré comme bien commun.
  • Il y a eu une expérience de transport gratuit en France et on s’est rendu compte qu’il y avait moins de dégradation et plus d’entraide entre les personnes, que ça réduisait le trafic routier ainsi que tout ce qu’il occasionne (pollution de l’air et sonore, accidents, incivilités…). A Vancouver, il y a des réseaux de bus qui fonctionnement gratuitement, cela fait tourner l’économie et limite le problème de désertification.
  • L’extension de la robotisation nécessite de territorialiser le travail : que les personnes travaillent dans leur cadre de vie, pour s’organiser en local en vue de faire prospérer sa région. A partir du moment où on veut des choses, on doit apprendre à s’organiser pour les obtenir et non plus demander à un tiers supérieur puis se plaindre (ex politique). La limite est peut-être plus idéologique que pratique ou juridique. Cela doit passer par l’éducation et la diffusion de ce qui fonctionne dans ce sens. Quand on pense organisation on le pense trop souvent en terme pyramidal et on perd plus de temps à chercher comment devenir chef (par la reconnaissance et la compétition) qu’à produire pour soi et le collectif. Par la désertification, nombre de personnes ont été contraintes à s’auto-organiser (car nul ne veut « gérer » ces régions, elles ne sont pas « profitables »). Cela a produit la diversification des savoirs par échanges. On est trop habitués à demander, obéir et se plaindre, c’est le politique qui gère ainsi la frustration collective. Dans le cas de prises de décisions en commun, la question de la frustration supposera l’auto-discipline et l’apprentissage positif de l’échec par la possibilité de s’investir dans différents projets. Quand on sait qu’on décide, on est plus responsable.
  • La fonction publique est actuellement attaquée contre le privé sous une critique de privilège alors qu’elle peut servir d’exemple de ce qui peut fonctionner dans la gestion des biens communs. Le problème est qu’en étant fonctionnaire, la responsabilité collective inhérente au travail lui-même (ex éducation, santé…) est souvent limitée par la verticalité des prises de décision. Plutôt qu’une nationalisation des biens communs, il y aurait la possibilité que l’accès à prix coûtant implique de s’investir dans la production/distribution de ceux-là (de façon temporaire, par ex qq heures par semaines ou deux jours par mois…) : ceux qui ne le souhaitent pas ou ne disposent pas de ce temps auraient un tarif supérieur comprenant la main d’œuvre. C’est déjà ce qui fonctionne avec les AMAP. Proudhon a défendu le mutualisme comme une miction entre société civile et État, il n’y aurait pas de séparation entre d’un côté les trois pouvoirs et de l’autre la société. En Grèce Antique, chaque cité était autonome, la justice était donnée par les citoyens tirés au sort. On peut donc garder le droit de propriété mais sans monopole : les petits producteurs s’allient entre eux pour créer des coopératives et celles-ci seront limités juridiquement (dans leur taille et leur capacité productive), la justice étant dans les mains de la collectivités puisque les textes de loi sont là. Sans État, il y a le risque que les biens publics soient délaissés, quand il n’y a pas de transition pensée, car la seule que l’on voit aujourd’hui est celle vers le privé. La richesse de l’État est souvent bloquée par la corruption, ce qui rend les espaces publics délaissés car encore propriété de l’État mais sans moyens pour payer des employés. Du coup, on pourrait proposer aux populations de gérer ces espaces en collectif sans contrepartie, l’État reste propriétaire mais n’en tire pas de profit financier, celui-ci étant d’abord l’entretien et le développement mutuel de ces espaces. Il faudrait passer par une interdiction de vente au privé des espaces publics : la propriété de l’État est celle des citoyens, cela imposerait que tout ce que laisse l’État soir repris par des collectifs sans qu’ils soient propriétaire mais avec confiance régulée juridiquement. Cela gênerait seulement ceux qui cherchent la corruption : ça nous ferait aller vers un régime de justice plutôt qu’un régime souverain. On pourrait ainsi penser un État fédéral avec des collectivités autogérées et régulées juridiquement dans le sens des girondins.
  • Au Brésil à Porto Alegre, il y a un impôt participatif avec des réunions par quartiers lors desquelles les personnes votent pour des projets en fonction de l’argent disponible, tout est transparent. La mairie a organisé cela en 3 ans sans poser des statuts particuliers, ça s’est mis en place dans le pratique avec une gestion précise des rentrées et sorties. Problème des partenariats public/privé notamment pour les hôpitaux, centres culturels, qui bloquent ensuite la prise de décision pour le social pour aller vers la rentabilité. De même, on devra interdire l’investissement privé pour aller vers l’investissement collectif participatif quand il y a des manques financiers.

Gérer les communs

  • Égalité des territoires : au nom de l’égalité, on voit le risque d’uniformiser les pratiques et les cultures ce qui limite la création. On peut renverser la notion d’inégalité par rapport aux richesses locales (beaucoup plus dans les zones rurales, plus de possibilités d’y faire des projets concrets, que ce soit sur le plan agricole, culturel, industriel..). On l’associe surtout aux ressources minières et commerciales (proximité de fleuves, etc). Avec une économie locale, ces territoires retrouvent tout leur intérêt: on pourrait promouvoir l’accès direct aux ressources (quasi autonomie alimentaire), l’amélioration du lien social (développement des commerces de proximité) en favorisant l’accès à la propriété (coût très bas) et en interdisant les monopoles (limiter la surface que peut acquérir un acheteur).
  • Qui décide dans le territoire ? Il y a le problème de la souveraineté (au niveau régional, national, européen), donc de l’organisation, cela doit être soutenu juridiquement. Apprendre à travailler en réseaux pour faire contre-pouvoir car les pressions extérieures seront multiples. Il y a bcp de bâtiments, granges, entrepôts qui sont vides, donc le retour dans les zones rurales présente d’abord un intérêt pour l’État et la collectivité, et ce premier pas qui ne sera pas réprimé permettra que les mentalités changent. La robotisation peut aussi pousser les personnes à s’extraire du modèle de travail/dépendance aux grandes entreprises : c’est ce que la Grèce a essayé de faire récemment et il y a eu un blocage de l’Europe. Peut-être que nous devrons passer par une lutte directe pour ne pas subir les répressions extérieures, cela suppose de développer en interne une autonomie suffisante pour qu’ils n’aient pas de moyen de pression, dans le sens de la désobéissance civile.
  • Pour financer la réimplantation de la population, cela peut passer par l’emploi : pôle emploi finance de nombreuses formations qui servent bien souvent plus de trompe-l’œil pour rendre les personnes « actives ». On pourrait par le même biais financer des projets dans les zones rurales, de façon individuelle ou collective, à court ou moyen terme (ex : rétablissement d’un réseau, aménagement de lieux délaissées..) avec beaucoup plus d’ouverture que les formations proposées actuellement.
  • Au niveau de la santé, on pourrait imaginer des lieux pluridisciplinaires d’échange de savoir et pratiques dans les zones sans médecins où les étudiants devront passer une à deux années de leur cursus et où chacun pourra aller apprendre les bases et se soigner. On gardera la fonction des hôpitaux publics et des universités dans les grandes villes, mais ces centres permettront une meilleure distribution de l’accès aux soins de bases et apporteront une autonomie. Le risque est que cela pose plusieurs niveaux de soins dans la qualité fournie, ça devra fonctionner comme interface. De même, dans la recherche médicale, les brevets seront interdits ainsi que la commercialisation privée dans le domaine de la santé : il y a un écart immense et non justifié entre le coût de fabrication et le coût final du médicament. De plus, on est trop dépendant des médoc : ces centres permettront l’accès à d’autres formes de thérapeutiques.
  • La sécurité sociale masque le problème de fond qui est celui du profit des entreprises pharmaceutiques : si tous les brevets sont publiques, l’accès au médicament comprendra seulement le prix de fabrication et de transport. Il devra être gratuit mais avec une forte diminution, grâce à une politique « sans médoc » qui traite les causes de la maladie plutôt que les symptômes en réduisant les capacités de défense du corps.

 

Nationaliser les banques ?

  • Garder les banques de proximité avec la gestion des services par les personnes elles-mêmes : les banquiers sont là pour expliquer le fonctionnement comme conseillers et non pas comme commerciaux. Supprimer les intérêts et fonctionner avec l’argent disponible et les monnaies locales avec un principe de redistribution directe et de projets en commun.

À vous!

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