Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » Partie II – 61 : la santé

Samedi 7 avril 2018 à 15h


Sur la Place de la République, Debout éducation Populaire continue d’occuper l’espace public pour l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 61 sur la santé.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet 2017 à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 62ème séance de l’atelier est prévue dimanche 14 avril de 15h à 17h Place de la République, nous continuerons le thème « Santé ».


Compte rendu Atelier éduc’pop 61

« quelle société veut-on ? » La Santé

 

 

Rapport à la maladie :

 

Avec notre système de santé en France, quasiment tout le monde a accès à une santé très technique et ce ne serait pas accessible à l’ensemble du globe. Cercle vicieux : on est stressé, on a peur de tomber malade, on fait plein d’examens, on finit pas être vraiment malade et on se rend compte qu’on ne s’est jamais senti sain. Au lieu de penser la maladie en tout préventif et les traitements systématiques, poser un temps de réflexion, de prise de distance, ça peut commencer chez le médecin traitant et à l’hôpital. La médecine nous enjoint à être dans le contrôle du corps de la procréation à la mort, la maladie en soi n’est pas l’inverse de la santé : être en bonne santé c’est être capable de tomber malade et de s’en remettre. Prendre les maladies comme des guides, des attentions à porter à soi. Aussi dans l’éducation. 75% du soin est lié à notre environnement, soit propre à notre quotidien, le travail, nos consommations. La santé passe par nos relations : mieux se connaitre via les autres, se réparer par les affections partagées, ne pas douter sur ce dont on est capable.

Comme on cultive la terre, on cultive le corps : on traite mal de la même façon son environnement que son corps. Le traitement de la maladie est devenu un bien de consommation : la santé doit sortir du domaine commercial. On est passé d’une métaphysique de l’âme au détriment du corps à une métaphysique du corps qui nie l’âme : tout ce qui n’est pas fonctionnel n’existe pas. On a besoin d’une politique de santé qui réhabilité l’inconscient pour construire un droit du travail qui réhabilite ces éléments et limite le sentiment d’insécurité, déjà économique.

Le suicide est une question majeure dans notre société, et les principales réponses qu’on lui apportent sont d’abord fonctionnelles et médicamenteuses : on ne pose pas la question de la responsabilité collective, sociétale. La prévention doit être pensée de façon collective et non pas individualisée : créer des espaces d’échange et de construction en commun plutôt que s’isoler. Nécessité de se trouver en cohérence avec ce que l’on fait, ce qui est difficile actuellement car nous sommes dépendants et peu de choix nous est laissé. Faire un travail d’antipub pour les pub de « luttes contre la maladie » pour toucher les responsabilités collectives.

La médecine  scientifique est là où il y a de l’argent, d’où les déserts médicaux, et en même temps dans ces lieus on conserve une médecine traditionnelle et il n’y a pas cette course à la performance. Trouver un entre deux, pas un savoir qui efface l’autre. Le film Knock montre qu’un médecin fait son business en campagne en faisant croire aux personnes qu’elles sont malades et elles finissent par tomber réellement malades.

 

Le public/privé :

 

Les fonctionnaires sont indispensables pour une bonne qualité dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports… Actuellement pas assez de personnes par rapport aux besoins : plutôt que de donner des milliers aux labo pharmaceutiques, les mettre dans des emplois pour la santé, en favorisant les liens et la médecine par les plantes que l’on pourra continuer chez soi. Le chikungunya avait un traitement très efficace à base de plante à La Réunion, on l’a remplacé par une hospitalisation de plusieurs semaines avec des traitements chimiques lourds.

L’hôpital public demeure un lieu de soin indispensable qui doit être préservé, c’est une institution merveilleuse que l’humanité a construit. La baisse des budgets et le gaspillage : on nous incite à consommer des médicaments dont on pourrait se passer. La chirurgie esthétique et les ressources allouées à ce marché montre comment fonctionne le système : créer de nouveaux besoins alors que ceux de base ne sont pas du tout remplis. Le malaise dans le milieu hospitalier montre aussi que le travail dans le domaine public n’est pas supportable, des temps de pose sont absolument nécessaires pour accomplir ce travail.

On a commencé à parler du trou de la sécurité sociale en 1947, soit dès sa création.

Quand on n’arrive pas à vivre dans cette société, la réponse est l’enfermement, l’isolement et la médication ; alors que le soin, psychique mais aussi physique, passe par le collectif.

Alors que le service public est délaissé par le gouvernement pour aller vers la privatisation, quelle puissance nous reste-il ? Les manifestations, les grèves, les refus de consommer ? Il y a aussi la possibilité de nous organiser pour ouvrir des espaces qui mettent en place une solidarité écologique et alternative. Est-ce que ça n’engage pas encore plus le service public à se dégrader, en laissant aux collectifs, aux asso, la responsabilité qui jusque là était celle de l’Etat ? Car en plus ils pourraient se limiter à donner des financements à impact social, c’est-à-dire en faisant en plus entrer ces collectifs et asso dans des logiques marchandes.

Construire ces collectifs permettrait en premier de se libérer de la dictature du marché en allant vers l’autogestion et l’accès aux ressources. Ça donnerait une main tendue à un maximum de personnes et à partir de ça la mise en place d’un réseau de solidarité, à partir duquel on sera déjà tou.te.s bien plus capables d’aider les autres et de résister à l’ordre dominant. La grande difficulté à partir de là sera de limiter les guerres d’égo et la recherche de leadership qui rejoue ce qui se passe à l’extérieur. Par l’atomisation des relations, on attend chacun.e de notre côté que le service public s’améliore : à partir des espaces autogérés, on pourra lutter en semble et déjà s’apporter toutes nos compétences complémentaires. S’il y a un débordement possible, les liens seront déjà là et on aura les ressources : ce sera peut-être le passage obligatoire pour accéder à un réel service public.


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