Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » : session 21 Le Travail (2)

Dimanche 5 février 2017 // 344 mars à 15h


Sur la place de la République, debout éducation populaire a tenu la 21ème session de son atelier « quelle société veut-on? » portant sur le travail (2).
De la création monétaire à l’appropriation de ses conditions de vie à petite échelle, audio à écouter!

Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 22ème séance de l’atelier est prévue dimanche 12 février de 15h à 17h sur la santé.


CR Atelier éduc’pop session 21 : « Le Travail» (2)

Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact

Lecture du CR de l’atelier précédent

 

Salariat :

  • Pas de Medef dans la société idéale puisqu’il n’y aura pas de salariat. Pas besoin non plus de syndicats, mais une instauration de règles pour les rapports humains qui sera de l’ordre de la justice puisqu’elle s’impliquera à tous les rapports humains, qu’ils soient liés au travail, à la famille, à l’école ou ailleurs.
  • En France, pour être éboueur, il faut être sans-papiers, noir ou arabe… Et c’est le même principe pour tous les emplois. On pré-construit un profil en définissant des populations précaires et des couches de société puis on met chacun.e dans une case dont on ne peut plus sortir.
  • Le salaire n’est pas en rapport avec la valeur d’usage : par exemple une infirmière a une valeur d’usage bien plus importante qu’un footballeur. Le travail c’est un moyen, pas une finalité.

 

Education et travail :

  • Apprendre aux enfants à faire les choses par eux-mêmes en les laissant développer leur créativité, et leurs modes d’échanges. Plutôt que d’apprendre pour avoir des diplômes et aller se vendre avec ces diplômes. Notre identité est définie par notre travail : le rapport que l’on a avec le travail détermine les relations que les êtres humains ont en entre eux.
  • L’éducation nationale est une des rares choses qui n’a pas évolué depuis 200 ans. Le conseiller d’orientation fixe les cases dans lesquelles vont s’inscrire les compétences de l’enfant et les accrocher au marché du travail en réduisant leur créativité. Si l’enfant n’arrive pas au niveau attendu, on va le réorienter, c’est de la manipulation de masse où tout est défini par un autre lui-même attaché au marché. Dans l’idée même d’école, on enseigne tout sauf le savoir-faire. Quand il y a une souffrance dans la classe, il faut la prendre en compte : l’écouter et la penser collectivement est une éducation en soi.
  • L’éducation produit des élites, dans le même moule. L’école c’est comme un parking/garderie pour les enfants d’ouvriers, aux mêmes horaires de travail, reproduisant le schéma. On apprend à rester sur une chaise pour assimiler du par-cœur et le restituer lors des interrogations.

 

Choix du travail :

  • Aujourd’hui, il y a du travail réservé. Un premier travail viserait à rendre connues les richesses qui existent et leur limite, autant au niveau écologique, qu’au niveau de ce qui est produit, des cultures, des langages, ce que l’on a déjà et ce qu’il y a en chacun.e. Ouvrir les yeux sur ce que nous avons : chiffrer ce dont on dispose et le répartir équitablement pour tout être vivant. Nous sommes tou.te.s propriétaires de ces richesses, le travail arriverait pour mettre en valeur cet état des lieux.
  • Confucius « choisissez le travail que vous aimez et vous n’aurez plus à aller travailler une seule fois dans votre vie ». Les sous-métiers sont liés aux pré-conceptions : un travail pénible n’est pas un travail indigne. Dans la société idéale on fera tourner les emplois pénibles comme participation à la collectivité pour développer ses compétences, on pourrait organiser notre société pour que les travaux difficiles et indispensables à la collectivité tournent sans rémunération, comme un travail collectif partagé par tout.te.s.

 

La valeur du travail

  • Le travail est le plus grand mensonge : aujourd’hui la vie d’un individu se résume à travailler pour gagner un salaire, consommer pour dépenser ce salaire (ex : on fait un crédit pour acheter une voiture qui nous permettra d’aller travailler puis on travaille pour le rembourser). En tant que SDF, on peut vivre mieux qu’en travaillant car on ne se plie pas à une contrainte liée au système économique. Le travail cache tous ces problèmes du quotidien, ce n’est pas une solution mais la clé de l’aliénation, le mécanisme du problème qui rend flou le rapport entre les gens pour imposer un rapport de domination qui a des répercussions dans toute la société. Tant que le travail se résume à obéir et nourrir le capital, il doit disparaitre « trouver des gens vivants en ce monde est devenu chose très rare, car la plupart des gens se contentent d’exister » (Victor Hugo).
  • Le problème est l’acceptation de la situation dans laquelle on est pour le moment, de confier sa vie à l’ingérence d’un individu. La richesse de la rencontre ne s’acquière pas avec le travail, bien au contraire le travail l’empêche en occupant les personnes et en les empêchant de penser de leur propre chef, ça les épuise et limite leur activité à une routine. Le travail dans la prison est l’exemple même de la fonction du travail comme apprentissage à la soumission. Engels montre que l’on n’a plus besoin de réfléchir avec le travail, que c’est la clé qui permet un contrôle des corps et des esprits.
  • Travailler ça peut être beau quand on s’y sent libre. On a l’illusion que le travail peut être émancipateur, comme on peut dire que le travail des femmes leur a permis de s’émanciper. Or, c’est justement parce que les hommes avaient un pouvoir économique prêté par la reconnaissance de leur travail, que le seul moyen pour que les femmes aient un statut d’égal devait passer par le travail. Avant d’entrer dans le marché du travail, les femmes travaillaient mais en dehors de la sphère économique (voire l’ouvrage d’Ivan Illich : le genre vernaculaire). Le tout est de considérer que chaque activité humaine est un travail et a une valeur, sans la référer à une valeur financière.
  • Proudhon a développé la révolution permanente et douce, plutôt qu’une révolution violente qui ne fait qu’un tour sur elle-même. La parole est une forme de révolution permanente, le fait que tout le monde ne puisse pas s’exprimer est aussi liée à la valeur qu’on donne à certains statuts plus qu’à d’autres.
  • Il y a beaucoup de suicides dans l’agriculture alors que c’est un métier/passion : c’est son assujettissement à la productivité qui détruit l’activité en elle-même. Sortir le travail du modèle monétaire ne va pas conduire à rien faire, bien plus à faire par soi et avec les autres sans relation hiérarchique : que ce ne soit pas l’argent qui fasse la valeur du travail. Nous pouvons avoir des conseils par métiers pour échanger les savoirs, sans que ce soit des monopoles qui définissent la valeur d’échange.

 

Le chômage :

  • Le chômage permet d’avoir une main d’œuvre soumise et toujours disponible : Marx l’appelait « armée de réserve ». C’est le résultat de la destruction du travail : on créé de plus en plus d’ordures pour déléguer du travail à des « classes inférieures » créées par le système productiviste. L’offre et la demande institue un rapport hiérarchique : c’est au détriment de la liberté en tant qu’individu. C’est le principe du sablier : on est riche si d’autres sont pauvres, et on peut inverser le sablier sans changer au fond la situation. L’offre et la demande est liée à la création du pouvoir d’achat : lorsqu’il y a deux individus sur une île déserte. Ceux qui ont plus injectent de l’argent et influencent l’offre et la demande en rendant les travailleurs dépendant : le chômage est une causalité créée par la manipulation monétaire, budgétaire et politique. Si l’offre et la demande est cassée, on aura de nouveau du pouvoir sur nos vies, nos productions et notre consommation.

À vous!

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.

l’enregistrement complet de la discussion.

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