Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » 51, partie II, thème « Gouvernement » 4

Dimanche 7 janvier 2018 à 14h30


Sur la Place de la République, debout éducation populaire a repris ses quartiers, en cette nouvelle année, pour faire l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 51 sur le gouvernement. Nous avons commencé depuis juillet 2017 la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 52ème séance de l’atelier est prévue dimanche 14 janvier de 14h à 16h Place de la République, nous commencerons le thème « paix et solidarité internationale ».


Compte-rendu de l’atelier éduc’pop 51, partie II,

thème « Gouvernement » 07/01/18

Suite à la première partie sur les assemblées constituantes, la mise en place d’un nouveau type de gouvernement, et une séance sur l’éducation politique, nous poursuivons sur les Assemblées participatives et la séparation des pouvoirs.

  • Assemblées participatives au niveau des communes (gestion du budget, projets…

Budget participatif : toutes les décisions budgétaires par secteur sont soumises à un vote citoyen et les dépenses sont transparentes.

Création de mairie communautaire : chacun.e s’investit dans les projets en fonction de son temps, de ses moyens, et de ce qui l’intéresse.

Peut-on avoir le même système qu’au niveau national ? Il y aurait un budget qui vient des décisions nationales (un ministère « redistribution des territoires ») et un budget qui vient des pots communs en fonction des projets votés.

Comment y arriver ?

  • Au niveau des Mairies on trouve le municipalisme en Espagne (ce n’est pas Podemos) : la maire de Barcelone est issue du mouvement municipaliste qui travaille au niveau local (en dehors des débats sur l’indépendance) ? Le pouvoir local est très limité en France à cause du fonctionnement hiérarchique issu du jacobinisme. Il faudrait plus d’autonomie aux habitant.e.s et ainsi plus de responsabilité et d’engagement. Le maire serait garant de la décision publique et informateur/transmetteur, il sera entouré de personnes veillant à la transparence et à ce que toutes les tâches soient effectuées dans les plus brefs délais. Les personnes seraient rémunérées au SMIC et réélues ou tirées au sort régulièrement. On pourrait passer par une démocratie directe en local comme avec la commune de Paris.

  • Problème de la corruption des élites locales : à Marseille, une rocade doit être faite depuis 50 ans pour que les poids lourds cessent de passer par la ville, mais il y a des blocages au niveau des élus. L’argent des impôts devrait être redistribué de façon égalitaire selon les territoires (nombre d’habitants, besoins et surface). Comment fait-on pour que les territoires délaissés soient réinvestis ? Avec le municipalisme, le troc et la solidarité sont mis en avant : les personnes réinvestissent des lieux inhabités et ils deviennent publics, entretenus par ceux qui y vivent et passent avec un accueil permanent. Les impôts locaux sont-ils nécessaires ? Qui s’occuperait des services publics ? On pourrait imaginer une prise en charge par les habitant.e.s de façon tournante, ce serait leur responsabilité.

  • Bookchin est le fondateur du municipalisme libertaire en s’inspirant des communes de Paris : démocratie directe avec Assemblée populaire sans représentant ni mairie, avec des syndicats de commune. Ça commencerait par être un contact entre des personnes dans la rue, la mise en place de petits projets communs : musique, maraudes, éducation populaire, ouverture de logements… Des associations aident déjà les habitants à mettre en place leurs projets avec des outils pratiques. Cela dépend des territoires où les rapports de force sont plus ou moins présents : au début de façon bénévole, puis soutien au niveau de la municipalité, il faut d’abord bien repérer les besoins sur place. Que ça commence par des actions après quoi ceux/celles qui l’observent auront envie de s’y investir ou appelleront à ce que ça se généralise aux institutions par la base. Il y aura bien entendu aussi des oppositions, des craintes, par la généralisation, de perdre son confort et ses privilèges, mais ce n’est pas du communisme ! C’est l’accès pour chacun.e à es ressources et un mode de vie décent.

  • Si les projets viennent des habitant.e.s, ça peut se faire sur le long terme, sans rupture contrairement à la succession d’élus de bords politiques différents. En Suisse, ce sont les habitant.e.s qui prennent les décisions et construisent l’ensemble du programme politique : on pourrait le faire au local, pas avec les référendums car ils sont orientés par les médias et par la façon dont la question est posée (et qui la pose, ça a une intention…). Si l’on se rend compte que l’on est responsable de ses choix et que les décisions sont prises en collectif sans qu’une personne ne puisse biaiser le processus par un rapport de force, le débat s’installera de lui-même. Le référendum tout comme l’intérêt général font l’objet de manipulation politique : n’importe quel citoyen devrait pouvoir porter une question en local et se faire entendre (on voit que les pétitions sur le net le permettent en partie). Avec un référendum d’initiative populaire, qui mette en débat et médiatise les arguments des différents bords, on pourrait dès maintenant installer un système plus démocratique. Il faut tout de même penser à mettre des pare-feu pour que les droits humains ne soient pas remis en cause (ex la peine de mort). Les référendums au niveau local d’abord pourraient permettre d’instaurer une culture du débat publique et de la réflexion politique.

  • En Islande, chaque communauté organisait son propre ring où chacun.e pouvait participer, les décisions étaient prises en commun. Si besoin, il y avait des réunions de rng régional voire national, cela sans chef ni représentant.e (quelque personnes, toujours différentes, étaient désignées pour s’y rendre). Ça a fonctionné pendant deux siècles, jusqu’à ce que le roi du Danemark annexe l’Islande.

  • L’exemple actuel de la ZAD de Notre Dame des Landes montre que l’État français, au-delà de la question de la lutte contre l’aéroport, refuse toute expérience démocratique et autonomie locale car cela risquerait de le rendre obsolète : son but est de maintenir voire d’accentuer la dépendance aux institutions et aux produits du marché pour contrôler les comportements. Ça pose la question de la souveraineté et de la liberté sociale : n’y a-t-il pas d’espaces dans lesquels on peut expérimenter de nouvelles formes de vivre ensemble ? Si on octroie au local une souveraineté politique et économique, on acquiert une autonomie car chaque localité pourra adapter ses propres règles, ce qui ne signifie pas indépendance : on n’est pas exclu du reste du monde. Risque que l’égoïsme local (dans les territoires plus riches) prive les autres des ressources, voire produise des rapports de domination entre territoires : l’une des fonctions de l’État (normalement) est la répartition. Par exemple, l’Italie du Nord, s’en sortira beaucoup mieux que l’Italie du Sud si les deux venaient à se séparer.

  • Séparation des pouvoirs judiciaire, législatif et exécutif.

Délimiter le champ du marchandage (ce qui peut être commercialisable) et le champ du sacré (constitutionnel, inaliénable). Le sacré : les biens communs (eau, etc. voir atelier partage des richesses et des biens communs). La justice a pour fonction de défendre le sacré, le gouvernement a pour fonction de le préserver et d’améliorer les conditions des vivants.

Séparation aussi de l’État et des médias et de la finances. On pourrait dire qu’il y a 5 pouvoirs : le pouvoir médiatique doit être associé à la liberté de la presse et non contrôlable par les institutions ni marchandable et respecter les droits humains (indépendance de l’État et des acteurs économiques pour qu’ils conservent leur diversité). Le pouvoir financier ne doit pas être associé aux biens communs qui seraient du côté du sacré et du public. Que l’État n’ait que le pouvoir exécutif de faire respecter les droits et les lois avec une adaptation locale. Le pouvoir législatif ne doit pas être dominé par des élus de l’État, l’Assemblée nationale peut demeurer à condition qu’elle fonctionne en démocratie directe (et non partidaire) ou par tirage au sort de façon paritaire et égalitaire (classe sociale, âge, catégorie professionnelle, territoire..) et avec un décisionnisme collectif. Le pouvoir judiciaire doit se poursuivre avec des jurés et des procureurs tirés au sort de façon fréquente, les avocats devraient être systématiquement commis d’office, sans quoi l’argent achète déjà la finalité du procès par la rhétorique. Les Vikings ont inventé le tribunal avec 12 jurés révocables dans ce soucis d’égalité, à partir de quoi s’est constitué le notre : aujourd’hui il est remis en cause alors que la séparation des pouvoirs fait partie des droits fondamentaux en France.


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