Atelier debout éduc’pop « quelle société veut-on? » session 25 : les médias (2)

Dimanche 5 mars 2017 // 363 mars à 14h.


Sur la place de la République, nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 26ème séance de l’atelier est prévue dimanche 12 mars de 14h à 16h, nous enchainerons sur le thème « Paix et solidarité internationale ».


CR Atelier éduc’pop session 25 « Les médias : transmission des informations et communication» (2) 

  • Relecture du CR précédant

Les films incontournables sur ce sujet :

Idiocratie, Requiem For a Dream, et Les Nouveaux Chiens de Garde (les médias sont les chiens qui défendent le système), la Lalande et Solution Locale pour un Désordre Global.

Culture et art comme source de communication

  • Favoriser le cinéma en plein air créé par les enfants, des personnes qu’on entend trop peu, qui sont rendues invisibles : que chacun.e ait les moyens de créer et de diffuser/partager ses créations via un lieu commun

Médias comme représentations du monde plurielles à affirmer

  • Avec les médias alternatifs, on a déjà les moyens et outils numériques (exemple de Ulule sur Youtube) : le germe a déjà poussé, le tout est de le développer ? Détruire les médias de masse est aujourd’hui possible en les rendant obsolètes, la question n’est plus d’en prendre le contrôle car on n’en a pas besoin. On peut ridiculiser cette info de masse en appelant à d’autres sources et en posant et diffusant des critiques permanentes. Le problème de youtube comprend les publicités avant les vidéos, on voit que même mes médias alternatifs servent les GAFA. Il faudrait un youtube libre (pas d’algorithme de sélection ni de conservation des données), gratuit, et sans publicité avec les directs et les replay, seulement à partir des mots-clés, des dates, et des lieux de production des vidéos. Si l’on peut accéder à tout, est-ce que l’on a besoin de connaitre la source ? D’un côté il y a souvent des intentions derrière les images qu’il vaut mieux connaitre avant d’appréhender le contenu. Mais d’un autre côté, connaitre la source oriente notre attention, prête une légitimité ou illégitimité à l’auteur et ainsi limite notre aspect critique.
  • La transmission des informations est toujours une tension entre vérité et réalité : ceci doit se poser d’abord par rapport à nous-mêmes. Qu’est ce que notre vérité ? Il y a une vérité collective imposée par des codes, des représentations et des discours auxquels on se soumet pour se reconnaitre et être reconnu.e.s. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’opérer un décalage, une adaptation limitée et évolutive avec notre propre vision.
  • Avec l’habitude, on est passif devant les informations qui nourrissent surtout le populisme (en créant des divisions dans les modes de représentation du monde, comme si celles-ci ne pouvaient co-exister..). Beaucoup de personnes n’ont pas connaissance de la nécessité critique et leur appréhension du monde dirigeant leur comportement et façon de penser est produite par les médias de masse. C’est à nous de nous rendre compte qu’il y a des inégalités, de sortir des relations aseptisées pour voir dans notre quotidien que l’égalité est faussée, que le solidarité dépend de chacun.e de nous. La fraternité doit être vécue dans l’expérience, c’est cela le pouvoir démocratique, que nous laissons à des représentants fictifs l’exercice.
  • Les « Yeager » aux USA (anarchistes américains) dénoncent l’idolâtrie dans la puissance de certains discours/orateurs, le risque que ça comporte. Pour qu’une démocratie directe puisse être appliquée, il faudrait que la critique soit suffisamment développée dans l’éducation et à tous les niveaux. C’est la classe politique qui produit les lois, le peuple est exclu et rendu passif avec son accord, aussi les médias de masse sont le seul contre-pouvoir à la classe politique, mais ils sont actuellement achetés par elle et encore plus par les lobbies qui la dirigent. Le peuple est absent du jeu.
  • La vérité est partout où il y a des contacts réels, où on se pose comme observateur, en prenant en compte que ce que l’on observe est déjà soumis à notre propre filtre de représentation qui donne un sens particulier à la réalité. Il faudrait venir sur place pour observer, puis écouter/visionner les médias de masses et les médias alternatifs et internet pour prendre en compte la complexité d’une situation. A partir de quoi on va se situer soi-même et façonner son discours « politis », puis le partager, l’échanger autour de soi pour le remettre en cause encore. On parle beaucoup d’écoute et de communication en oubliant qu’écouter est fondamental : on entend souvent que ce que l’on a envie d’entendre. Il y a une réflexion à développer sur le sens que ça a pour nous ce que l’on reçoit/perçoit.
  • Les médias parlent des effets et conséquences de ce qui se passe mais ne mettent que trop rarement en débat la cause. Ils restent dans la grille de lecture néo-libérale, et on attend d’eux qu’ils nous mâchent le travail après quoi l’on se plaint d’être manipulé.e.s. Pour ne pas s’engouffrer dans ce qu’on nous vend, c’est une question d’éducation : apprendre à ne pas être passif, plus d’analyse et de compréhension de l’histoire que du par-cœur, prendre en compte le rôle que chacun.e joue là-dedans. On pourrait faire des cours dès le primaire d’initiation à la lecture de différents articles (ou journaux télévisés) sur un fait : montrer qu’il y a une interprétation plurivoque, que l’avis de l’élève est encore une autre interprétation qui a la même valeur, que toutes ces vérités sont relatives.
  • On ne prête pas assez attention à certaines informations parce qu’elle ne sont pas vues à la télé/radio/médias de masse, c’est comme le scientifiquement prouvé, beaucoup prêtent encore une légitimité à ce qui passe sur les grandes chaines et trop peu aux médias alternatifs, il faut être sensibilisé déjà pour y accéder. En conséquence, ça sort assez difficilement d’un cercle de base. On pourrait désigner, à Nuit Debout par exemple, des orateurs tournants, avec des discours construits et sérieux, qui posent d’où et pourquoi ils s’adressent aux autres et portent des informations claires avec leurs sources. Ces discours auraient du poids, pourraient être relayés sur les médias de masse et élargir le cercle de base. C’est toujours la question de défaire le système de l’intérieur ou de l’extérieur : le risque est de le consolider plus que de l’attaquer en le prenant de l’intérieur, être très vigilant à ne pas se laisser porter par la reconnaissance. On ne sait pas s’organiser encore, on n’a pas appris à être autonomes et à développer l’auto-gestion, seulement quelques un.e.s en sont capables. La télé est au service de ce que les gens regardent et ce qu’ils regardent est ce vers quoi les monopoles (qui détiennent les grandes chaines) veulent attirer leur attention. Il n’y a jamais eu autant qu’aujourd’hui des médias qui contrôlent d’autres médias, ce rapport de force peut nous faire sortir du conformisme médiatique mais c’est une lutte qui n’est pas gagnée d’avance…

Professionnalisation ou non du journalisme

  • Quand on attaque les médias, comme pour la justice, on est souvent dans des généralisations, il vaut mieux cibler nos critiques qu’être dans le « tous pourris ». Beaucoup de journalistes sont bloqués et empêchés par le système offre/demande alors que leurs intentions sont de révéler ce qui est passé sous silence. A n’importe quel évènement, il y a forcément plusieurs interprétations, l’objectivité n’appartient qu’à soi, même l’angle des caméras donne un certain point de vue et une intention sur ce qui se passe. Est-ce qu’un bon média doit être objectif ? Ne doit-il pas plutôt définir d’où il parle et pourquoi ? Assumer sa position est de l’ordre de l’honnêteté intellectuelle. Un bon média doit avoir un avis clair, franc, et justifié. Il y a une omerta des partis politiques sur les médias, par exemple sur la corruption des élu.e.s, alors qu’ils devraient être un moyen de diffuser les revendications venant de la population.
  • Il y a une grande difficulté de sortir certains sujets : des journalistes meurent pour faire éclater la vérité. Un journaliste, c’est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, un garde-fou contre le pouvoir censé nous représenter. En ce sens, le métier de journaliste peut nous paraitre indispensable car nous n’avons pas forcément le temps d’aller trouver les infos à la source ou auprès des personnes concernées. Dans la société idéale, on pourra favoriser les échanges d’info dans de grands espaces communs de médiation, il n’y aura pas besoin du métier de journaliste car chacun.e pourra se déplacer et accéder aux infos à partir de ces lieux ou de leur retransmission numérique, radio…
  • Quelle est la fonction des journalistes dans la société actuelle ? Les médias de masse s’ont pas été pensés comme théorie politique, ce qui donne une absence de critique et réflexion sur leur place/impact/limite : l’anomie est voulue, mais pas mise en discussion parce que c’est de la propagande qui ne dit pas son nom (comme toute propagande avant qu’elle soit dénoncée). Est-ce que la fonction des médias est d’aller chercher les faits à leur source puis de les diffuser ? Le problème est qu’il y a une sélection d’informations contrôlée par les orientations politiques : les moyens sont alloués par la recherche d’audience et d’impact (effet produit sur les affections et comportements, manipulation des émotions). L’objectivité n’est pas possible s’il y a une ligne éditoriale à moins que celle-ci soit systématiquement énoncée et justifiée avant la transmission d’informations.
  • Quand les médias deviennent de la propagande, comme tout ce qu’on entend/voit dans le métro et les journaux gratuits, il faut diffuser de la contre information (par exemple, entendre qu’une station de métro est fermée pour manifestation donne aux imaginaires la sensation qu’il se passe quelque chose et qu’il faut aller voir, il y a une dimension subliminale derrière chaque message, même à la RATP).
  • Les médias, c’est de la circulation d’air, il faut dégager les bouches d’aération pour que ça circule, or les bouches d’aération sont contrôlées… Même l’attaque des journalistes au nom de la liberté d’expression est inscrite dans des enjeux de pouvoir aujourd’hui. On perd le respect que l’on avait pour les sources, ça créé des divisions et chacun.e renforce sa position en annulant celle de l’autre, en la discréditant d’emblée : il y a des discours qui ne se rencontrent jamais… Soumission des journalistes à la publicité, l’actionnariat et la compétition qui doit être arrêtée. Les médias sont fondamentaux pour faire vivre une société démocratique. La société façonne les médias tout comme les médias façonnent la société : la majorité cherche les informations qui renforcent sa propre pensée. Développer l’esprit de contradiction en essayant d’argumenter une position qui n’est pas la notre, avec des jeux de rôles par exemple !
  • Les médias devraient jouer cette fonction d’agora, comme debout éduc’pop, et pas imposer une vision, favoriser la pluralité des représentations : quand on échange, ça se rééquilibre. Il y a un lien entre justice et médias dans la rétention des informations et les choix de diffusion. Ce qui est important pour notre avenir est trop rarement mis en débat : trop souvent les médias se mettent à la place de la justice, ou diffusent des informations erronées. On ne peut pas se baser sur la qualité des infos comme enjeux de financement car il vaut mieux considérer les médias comme un bien public, participatif, non soumis à l’Etat. L’histoire de I-Télé redonne confiance aux journalistes pour décortiquer l’information. La presse a pour fonction d’appeler le citoyen à être responsable, alors qu’actuellement elle le culpabilise tout en lui disant qu’il est impossible de changer le monde. Le problème réside aussi dans la fainéantise cultivée par les divertissements et le confort de la consommation, produisant plus de paresse intellectuelle : pourquoi penser si tout est pensé pour vous ?
  • Il y a celui/celle qui émet le concept et celui/celle qui l’entend, il faut être clair et transparent sur ses intentions, sans quoi on entre dans la manipulation, surtout avec les montages et l’anonymat d’internet : on est responsable du message que l’on porte et il faut l’assumer. On entend beaucoup parler d’intérêt général, il serait bien de faire de grands débats médiatisés pour en parler. Et ceci de façon locale, globale, plurielle… Pour les américains, l’intérêt général est l’addition des intérêts particuliers ; pour les français c’est une notion transcendantale (voir le contrat social chez Rousseau et Hobbes) : le tout est supérieur à la somme des parties. Si les citoyens se saisissent des médias, il risquerait d’y avoir un combat pour les intérêts particuliers : en 1945 le Conseil National de la Résistance a posé que les médias devaient être indépendants des intérêts financiers qu’ils soient particuliers ou étatiques.

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