Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » session 20 : le travail

Dimanche 29 janvier 2017 // 335 mars à 15h


Sur la place de la République, debout éducation populaire a tenu la 20ème session de son atelier « quelle société veut-on? » portant cette fois sur le travail.
De la création monétaire à l’appropriation de ses conditions de vie à petite échelle, audio à écouter!

Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 17ème séance de l’atelier est prévue dimanche 5 février de 15h à 17h.


CR Atelier éduc’pop session 20 : « Le Travail»

Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact.

 

Créer du travail en fonction de la demande citoyenne et des choix de chacun.e

  • Le travail doit être un moyen d’épanouissement défini comme participation à la collectivité, ce qui est essentiel pour la vie de tou.te.s (comprenant aussi la vie intellectuelle, culturelle, artistique). Le travail c’est qu’est-ce qu’on fait ensemble ? La politique, c’est comment ? Que ceux/celles qui ne souhaitent pas travailler pour produire puisse s’épanouir autrement. Le travail donne du sens à ce que l’on fait en ayant une portée collective : que les productions/créations soient valorisées avec une réappropriation personnelle sans propriété ni enjeux économiques derrières.
  • On est dans l’illusion que produire, avoir un salaire universel serait la panacée, alors que cela servirait encore le capital : le revenu de base ressemble à des bons d’achat pour enrichir les actionnaires.

 

Partage et aménagement du temps de travail

  • Le temps de travail sera choisi en fonction des activités (pas de contrat pour laisser libre cours à la collaboration) et variable au cours de la vie.
  • Le salaire minimum est un « faux sujet » car il va augmenter le coût de la vie et augmenter la différence entre français et étranger. Ce qui est intéressant dedans est que ça permet de repenser le rapport au travail comme dépendance économique avec une émancipation du salariat. Le salaire minimum ne sert plus à rien si on augmente les prix et que l’on retire les cotisations sociales. La dépendance économique va se déplacer vers l’Etat, ça ne change pas le problème de la propriété territoriale. Il y a deux façons de le financer : la redistribution (impôts…), la création monétaire. Actuellement la banque centrale créé de la monnaie et cela circule entre banques (et paradis fiscaux). Les marchés financiers créent aussi de la monnaie virtuelle. 90% de la monnaie est créée par les prêts, au sein des banques : pour 1 euro, les banques ont 13 euros d’argent virtuel, on en est au point où l’argent ne peut plus rembourser les crédits. Le capital fictif (crédits et dettes) favorise l’aliénation au système économique et retire la possibilité de faire soi-même. La banque a ce pouvoir de créer de la richesse sans travail, ce qui lui donne une toute-puissance. Pour s’approprier la création monétaire, on pourra instaurer des conseils collégiaux (ex jury citoyens) veillant aux risques d’inflation et rendant visible et compréhensible le mécanisme de la création monétaire.
  • Toutes les banques seront collectives et sans possibilité de faire du profit. Si tout le monde a de l’argent à disposition cela renverse totalement le système : créer des monnaies locales non cumulables (pas d’épargne, avec seulement une valeur d’usage : on créé ce dont on a besoin) en dehors d’un système financier global où s’institue les rapports de force.
  • 2 textes sur ce thème de Jacques Ellul : L’idéologie du travail. Droit à la paresse.

 

Production faite en fonction des besoins humains (valeur d’usage) et non du profit (valeur d’échange)

  • Est-ce que le travail doit rentrer dans le système économique, ou pas plutôt suivre la logique écologique en se détachant de la valeur marchande ? Redéfinir le travail en fonction de ce que l’on aime faire et ce dont on a besoin dans une forme non productiviste
  • Actuellement on veut un travail pour subvenir à ses besoins, pour gagner de l’argent : les plus démunis sont maintenus en dépendance. Supprimer les frontières et le salaire pour que le travail soit dans la dimension du partage et des échanges. En Pologne, des étrangers sont exploités dans les usines (travailleurs détachés) pendant une période courte : on utilise les frontières pour faire plus de profit. Le capital génère du capital tout seul, les humains ne lui sont plus indispensables mais en demeurent asservis pour vivre. On ne sait pas comment les choses sont produites et la misère qu’elles cachent.
  • On peut considérer en venant à Nuit Debout on travaille, mais en dehors du système économique. Si chacun.e fait ce qu’il/elle veut, le risque serait que certains emplois soient délaissés : on pourrait envisager des temps tournants pour les tâches les plus difficiles, ou utiliser la technologie. Que le travail indispensable à la vie de la communauté soit appris par tout.e.s, car celui/celle qui les pratique acquière une valeur. Tout ce qui produit du lien social est du travail et comprend une responsabilité. Le travail peut être défini par le plaisir qu’il procure plus que par le profit ou la compétition.
  • Dans l’histoire, la technologie a souvent favorisé les inégalités, l’urbanisme et les dominations (dépendance) : en Inde les habitants se sont endettés pour acheter des semences Mosantos. Chacun.e doit être rendu capable de faire les choses soi-même et à sa propre échelle par une appropriation collective des terres. Il n’y a pas besoin de robots ni de production industrielle si on retourne à petite échelle avec un échange de savoir-faire, le développement de lieux d’apprentissage théoriques et pratiques ouverts à tou.te.s où on fait ensemble sans division patron/ouvrier. Pratiquer permet d’apprendre à se connaitre, développer ses capacités et sa propre aptitude à vivre avec son environnement. Pas d’évaluation des compétences ni de hiérarchie.
  • Auto-limitation : l’être humain a toujours besoin de se rassurer parce qu’il ne se connait pas et attend que quelqu’un lui dise qui il est et ce qu’il peut/doit faire. Le système de reconnaissance ancre notre identité dans un rapport de domination. Le travail devrait lui permettre de se définir lui-même plutôt que de vendre à un autre sa force de travail. Marx a développé le fétichisme de la marchandise : la vie, le corps, l’esprit se vendent comme des marchandises et le marché définit la valeur de l’individu. Laisser à chacun.e la possibilité de changer son mode de vie pour gérer le partage des ressources indispensables (au lieu des « ressources humaines »). Limiter le progrès à ce qui est partageable et utile pour la collectivité à long terme. Quand on se sent responsable (et pas dépendant) de ses conditions de vie, on veut participer.

 

Participation démocratique des fonctionnaires aux politiques publiques (hôpitaux, école…)

  • Garder la technologie pour la santé et la communication : assister l’homme, pas remplacer le soin

 

Investissement dans des projets communs qui servent à tou.te.s

  • Le travail part de nos besoins : manger, se vêtir, se loger, se chauffer, apprendre, échanger, se déplacer. Pas de propriété dans les savoirs, tout doit être accessible à tou.te.s : la notion de compétition au travail arrive dès l’école, alors qu’une passion partagée collectivement ça peut être considéré comme un travail (définit comme ce qui est fait collectivement) : changer le mot « travail » pour qu’il prenne en compte la dignité de l’action et de la pensée humaine ?

À vous!

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.

l’enregistrement complet de la discussion.

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