Atelier éduc’pop « quelle société veut-on » session 11 : gestion des richesses et des biens communs (3)

Vendredi 21 octobre 2016 / 235 mars à 18h


Sur la place de la République, nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire. Cet atelier qui aura lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on pour demain?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 12ème séance de l’atelier est prévue dimanche 30 octobre de 15 à 19h, nous ferons une première session sur le thème « gouvernement ».


CR Atelier éduc’pop session  11 : « gestion des richesses et des biens communs », vendredi 21 octobre //235 mars à 18h.

Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact.


Axes des sessions « gestion des richesses et biens communs »

  • Partage des richesses au service du peuple : argent, énergie, nourriture, eau
  • Socialiser ou étatiser le monde bancaire : rendre aux citoyens le pouvoir de création monétaire, supprimer les taxes commerciales et les impôts grâce à la banque nationale
  • Interdire les paradis fiscaux, empêcher la financiarisation des biens communs (rendre les services publics non privatisables par nature), fiscalité écologique
  • Remise en question des mythes de l’économie néoclassique : vers une économie post-capitaliste à inventer, rejet du principe de croissance vers un principe de mieux vivre ensemble
  • Une société sans salaire ? Une société sans argent ?

 

Partage des richesses au service du peuple : énergie, nourriture, eau

  • Partager les communs au-delà des richesses premières : argent, logement, culture, éducation, santé, transport. La rue, les magasins, les produits échangés sont des biens communs, les mots eux-mêmes, les connaissances échangées. Du coup, qu’est ce qui n’est pas un bien commun et doit rester du côté de la propriété ? Les corps ? Corps humains ou tous corps vivants (animaux, végétaux…) : à partir du moment où on est en rapport avec un autre corps que le sien, on ne peut en être propriétaire.
  • On peut construire soi-même ses quartiers d’habitation.
  • sortir du système patron/salarié ? Le système de l’actionnariat peut être repris par les salariés comme gestion de moyens de production en commun. Que chaque salarié soit propriétaire d’une partie de son entreprise en plus de sa force de travail.
  • Création de travail pour faire vivre un projet et pas pour gagner de l’argent. Deux options de création de travail dans la société idéale : soit un besoin commun auquel il faut répondre, soit la proposition de créer une nouvelle chose à partir d’une idée. Dans les deux cas, on créé des groupes de travail théorique et pratique avec les volontaires qui veulent travailler dessus, sans rapport hiérarchique les uns envers les autres. L’investissement sert à financer des projets, ceux là doivent viser un but commun : ce qui est important c’est le choix des projets, tout comme les orientations scientifiques, tout projet global et local doit être décidé démocratiquement. Trouver un autre terme que « travail » : Construire/produire…
  • On commencerait par donner un capital de départ et laisser les personnes gérer ce qui leur est donné à long terme, peut-être par tirage au sort, favoriser les échanges entre les territoires, pas de communautés fermées. Délimiter des lieux et penser sans le système de dons/contre dons. Savoir qui sait faire quoi pour développer des espaces de collaboration et de transmission des pratiques/connaissances locaux et ouverts avec des formations réciproques. Pour la santé, il faut aussi penser à une répartition équitable au niveau des territoires. Partage des savoirs au niveau de la santé et entraide pour l’accès aux soins et aux médicaments.
  • Faire disparaitre le concept d’intérêt, de profit et de brevets qui sont sous le joug de la propriété, que tout reste publique et accessible à tout.e.s, partageable.
  • Plutôt que de moins polluer, on repollue pour limiter les effets de la pollution : laisser la nature se recycler elle-même en étant le plus discret possible.

 

Socialiser ou étatiser le monde bancaire : rendre aux citoyens le pouvoir de création monétaire, supprimer les taxes commerciales et les impôts grâce à la banque nationale

  • Contrôle public des banques, simplification et gratuité des services, arrêts des services inutiles (actuellement en multiplication dans une logique de capitalisation des risques), voire gestion des services par les citoyens eux-mêmes (développer par les formations et le web un savoir critique par rapport à la gestion de l’argent et connaitre les modalités de prêts et d’investissements).
  • Pas de marchandisation des matières premières (NEF en France, microcrédit en Inde), pas de virtualisation de la monnaie, elle doit garder comme le langage sa fonction d’échange et non de profit.
  • des conseils se réuniraient pour décider de ce qu’il y a à financer : quitter le terme d’impôts pour celui de pots communs qui ne seraient pas prélevés quotidiennement mais seulement quand on en a besoin pour financer des projets décidés en commun, chacun participant en fonction de ses moyens aux projets ; Au niveau national, penser à l’équilibre des territoires : projets nationaux de redistribution sous formes de pots communs qui n’iraient pas dans une seule mais dans plusieurs caisses (là aussi, chacun donne en fonction de ses moyens et peut contribuer plutôt dans une caisse que dans une autre). Projets débattus et votés par les citoyens, transparence totale sur la gestion des pots communs.
  • On peut imaginer que tout se fasse par réseaux d’une localité à l’autre, et non pas de façon nationale, puisque les échanges seront favorisés sans une instance de régulation/contrôle : la qualité des produits sera déterminante dans la production locale, limitation des transports de marchandises à « ce qu’on ne peut produire ici ». les citoyens apprendront à s’autoréguler en fonction de leur besoin et des ressources disponibles. Cela passerait par la justice et les droits/devoirs

 

Empêcher la financiarisation des biens communs (rendre les services publics non privatisables par nature)

  • Interdire les paradis fiscaux
  • Les services publics : les pots communs peuvent aller vers le développement de moyens de transports moins énergétiques/polluants. Les voitures peuvent être disponibles seulement en location, pas individualisées. Possibilité de produire du gaz à partir des déchets : solutions circulaires. Favoriser les autres modes de transport : marche, vélo, chevaux, trains, bus/cars… Penser distribution équitable des territoires pour les transports plutôt que rentabilité, augmenter les réseaux de transports en commun. Ne pas supprimer tout ce qui existe déjà, reconvertir, à long terme.

 

Remise en question des mythes de l’économie néoclassique : vers une économie post-capitaliste à inventer, rejet du principe de croissance vers un principe de mieux vivre ensemble

  • La machine doit être au service de l’homme, tout comme le travail et pas l’inverse, et ainsi de toute l’économie. Détacher les dimensions économiques et politiques : l’économie néoclassique et le capitalisme ne peuvent pas aller avec le développement durable. Ne plus penser en termes de croissance, mais de gestion responsable des richesses pour des projets communs. Si on abolit le système de prêts, d’intérêts, et de profits, on retourne aux besoins présents. La croissance infinie est un produit mathématique qui n’est pas en rapport avec les ressources disponibles.
  • Que l’argent reste une matière première (type métal) à échanger.
  • Etre conscient de nos actes et de la circulation/production des marchandises. On a le pouvoir de modifier l’environnement, faire attention à ne pas détruire ce qui existe déjà. Abolir les frontières : penser local en région et global au niveau du monde. Rendre impossible que les privés achètent des territoires entiers.
  • Mythe de Darwin (qui est faux, déformation de la théorie de base) sur la survie du plus fort qui forge l’esprit de compétition capitaliste. Utiliser « plus fort » entend « plus faible » : sortir de ce schéma pour penser en termes d’équilibre des différences, pas pour aller vers une norme. L’ordre phallique a été institué depuis la relation maitre-esclave
  • Mythe de l’individualisme qui en servant son propre intérêt servirait la collectivité, c’est une forme d’idéal. Le remplacer par le mythe de la place importante que l’individu occupe dans un environnement qui circule sur lui-même ou de façon cyclique. Penser en terme circulaire plutôt qu’ascendant, on sort de l’idée de croissance ainsi que du toujours plus et de l’obsolescence programmée. Ça met en lien l’égosystème et l’écosystème vers la permaculture, un mode de production partagé (pas de propriété sur les moyens d’échange). La pensée circulaire supposerait que nous définissions nous-mêmes notre propre cercle avant de l’étendre à des cercles plus larges dans lesquels on gravite, tout en gardant son centre. L’homme cherche actuellement des solutions à l’extérieur de lui-même alors que les richesses sont à l’intérieur de soi : qu’est ce qui fait que les gens cherchent à être puissants ? Depuis la mise en place du rapport maitre/esclave, nous sommes entrés dans un ordre phallique. Ordre qui se fonde sur un principe de reconnaissance et d’aliénation à cette reconnaissance : le maitre jouit du corps de l’esclave par la force, il me maintient dans la reconnaissance de sa puissance par une aliénation physique. L’esclave jouit de son propre corps en dehors de la présence physique du maitre, il reconnait son maitre selon ses besoins fondamentaux. Le maitre dépend du corps de l’esclave pour jouir, il est aliéné psychiquement à l’esclave pour jouir de sa puissance, son corps même ne lui appartient plus, l’objet de sa jouissance étant le corps de l’esclave. L’ordre phallique a peu à peu inclus toutes les subjectivités, le maitre est aliéné au corps de l’autre pour jouir (il dépend donc de la reconnaissance de l’esclave) et l’esclave a son propre corps en partie aliéné (sa survie dépend de la reconnaissance du maitre) mais il peut jouir de la part de liberté qu’il lui reste. Peu à peu, toutes les subjectivités sont entrées dans la position du maitre, mêmes les plus exclus de celle-ci : les prolétaires, les femmes. L’esclave c’est devenu le marché lui-même (tout est valeur d’échange) : le sujet dépend du marché pour jouir, le marché est en partie aliéné au corps du sujet, mais une part de son activité s’évapore ailleurs. Sortir du processus de reconnaissance et de l’ordre phallique via la pensée circulaire pour que le plaisir ne soit plus une question de possession/consommation mais de déplacement des perceptions.
  • Peur de manquer de quelque chose : changer le rapport à l’idéal, ou bien qu’il n’y ait pas d’idéal imposé. Faudrait-il une morale dans cette société, garde-t-on la justice ? Si on garde la justice, il faut un système pénal et un système carcéral, ou alors on trouve un autre moyen (à développer dans la partie justice). On s’imagine tout le temps que l’autre va nous manipuler, on projette bcp de choses négatives qui empêchent la rencontre, et produisent de la méfiance et du repli sur soi.
  • Les institutions fixent les pouvoirs en voulant réguler : ça donne de l’esclavage. La règle serait le partage, conserver la propriété d’usage : quand on a besoin de quelque chose, on l’utilise, quand on n’en a plus besoin, on le laisse à disposition d’autre. Le salaire à vie peut être une transition pour y arriver.

 

Une société sans argent ?

  • L’argent limite voire coupe le rapport à l’autre en donnant l’impression qu’on n’a pas besoin des autres, que l’argent est devenu une fin plus qu’un moyen, il oriente nos comportements. Une société sans argent ne serait pas « redistributive », les inégalités seront régulées par l’échange direct et la partage.
  • La multiplication végétative permet de lutter contre la pollution, c’est une expansion où chacun utilise ce qui existe déjà pour le faire perdurer.
  • Pour les pots communs servant à construire des projets, pas besoin d’argent : chacun donne de ses compétences pour y arriver, et on trouve là où il y a des ressources, ou bien on échange. C’est un processus à très long terme pour y arriver : sans argent, on définira plus facilement de quoi on a besoin et on arrêtera le gaspillage
  • Distinction entre partage et échange en fonction de la proximité : penser l’échange sans argent
  • Comment ça marche pour la santé ? Diffusion des savoirs et informations, groupes de travail antre initiés et non initiés, projets communs pour des recherches à développer en fonction des besoins : chacun prend soin de soi et des autres.
  • Comment fait-on pour gérer l’énergie, électricité, gaz, textile ? Faire circuler les savoirs pour que les compétences soient partagées (garder les moyens de communication virtuels qui favorisent cet échange de connaissance, mais comme produits à utiliser à plusieurs et à long terme, pas comme produits individuels, limiter la production en pensant ressources communes).
  • Comment fait-on pour gérer les ressources rares que l’on ne peut pas partager ? Pour les ressources rares dont on peut se passer (cacao, champagne…), privilégier leur accès local, chaque lieu ayant en fait ses ressources rares, le problème est d’en faire un profit et produit d’exploitation. Limiter les besoins, développer ce à quoi on a accès. Pour les ressources rares indispensables (cuivre, fer, gaz…), le penser sous terme de distribution mondiale équitable : chacun allant à son tour participer à sa production pour pas qu’il y ait de rapport de forces entre les territoires, favoriser les déplacements et échanges.

À vous!

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.

l’enregistrement complet de la discussion.

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