Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » 70. Partie II : les médias (2)

Dimanche 22 juillet 2018 / 867 mars à 15h.


Sur la Place de la République, Debout éducation Populaire a fait l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 70 sur les médias (2).

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet 2017 à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 71ème séance de l’atelier est prévue samedi 28 juillet de 15h à 17h Place de la République, nous continuerons sur le thème « Médias ».

 


CR Atelier médias 2 (22/07/18)

 

La publicité

  • Monter une radio est difficile car cela nécessite des financements pour exister, même au niveau local, dès qu’une fréquence se libère elle est récupérée par une fréquence commerciale avec beaucoup de publicités et un contrôle sur les animateurs et les sujets traités. La publicité est aussi liée aux animateurs stars, qui en général font plutôt du divertissement abêtissant. Le CSA est très indulgent pour certaines personnalités, même quand le propos sont clairement racistes ou homophobes. La publicité rapporte beaucoup, si on les conserve mais que ça ramène de l’argent pour de bonnes émissions dans le public, ce serait déjà plus intéressant, ça permettrait des émissions de qualité. La publicité peut aussi être utilisée pour mettre en avant des pratiques et des produits alternatifs, mais cela serait à nouveau orienter les comportements.

 

  • L’espace public mérite d’être réinvesti par le traitement de l’information et la création de débats, pour forger un esprit critique. Il est plein de publicités, qui souvent ne sont même plus perçues comme de l’intoxication, rien qu’un panneau indicateur de supermarché, c’est de l’info ou de la pub ? La publicité a aussi pour sens de rendre public, c’était la réclam qui cherchait à vendre des produits, ce qui est devenu la pub. Les bloqueurs de publicité sur internet nous permettent d’éviter l’agression publicitaire, aussi les antipub qui changent les panneaux : il y a une docilité à l’égard de la pub, qui fait entièrement partie de notre société marchande, on peut penser que cela ne nous atteint pas, mais on est pris dedans sans s’en rendre compte, ça demande une résistance permanente. La pub est aussi mensongère, ce qui pose problème, cela devrait être contrôlé de façon beaucoup plus précise : quels produits sont toxiques pour nous-mêmes et la planète. Proposition d’un cahier des charges précis avec des pénalités réelles. La contre-publicité peut aussi être perçue comme une forme publicitaire, est-ce qu’il n’est pas plus efficace d’effacer les pub que les commenter ?

 

  • Faire de la télé et radio plus en direct, en lien avec les événements culturels qui se passent. Qui décide de ce qui est mis en avant ? Chaque fréquence ou chaine offrirait ce qui l’intéresse plus probablement. La publicité n’a plus sa place dans la société idéale, car nous ne sommes plus guidés par la consommation, nous devrions donc aller vers une disparition de la pub. Si c’est un média public, les informations diffusées devraient être en lien avec ce qui est public et non pas servir des intérêts privés.

 

  • Plusieurs panneaux publicitaires ont disparu dans Paris, et la Mairie de Paris a hésité à faire de l’affichage numérique, alors que Paris reste une des villes les moins polluées de publicité au monde. Sans pub, tout le dispositif de consommation s’effondrerait dans le rapport offre-demande instituée, où l’on créé dut désir sans pour autant réponde aux besoins. C’est une influence directe de la société de consommation, donc on pourrait l’orienter par des produits éthiques et responsables : soit on interdit ceux qui n’ont pas cette étique de faire de la pub, soit on dit sur la pub la réalité en ce qui concerne le produit. Que les affiches publicitaires soient remplacées par des œuvres d’art, avec une participation large pour s’approprier son environnement.

 

  • La pub est aussi dans le conformisme aux objets de consommation, notamment au collège, c’est une pression sociale permanente, le mimétisme des personnalités également. Le fait de savoir que ça existe peut produire le sentiment qu’on en manque, en plus de l’affiliation sociale. Les succès se diffusent sans publicité, par le bouche à oreille, ce n’est plus alors mensonger et ça créer du lien entre les personnes. Moins il y a d’orientation, plus les personnes échangent pour se déplacer et faire des choix. Il est nécessaire de produire un écart entre la perception du produit et son achat. Il pourrait y avoir de la pub qui vient du bas vers le haut, ce sont les consommateurs qui diraient quels objets leur conviennent, avec une critique concernant leur production, mais le risque est encore que ces consommateurs soient payés pour cela. On est déjà des porteurs de publicité par les marques : en supprimant les enseignes, il n’y aurait plus que la qualité qui compterait. Il n’y a pas de législation précise sur les enseignes : au Moyen-âge, il y avait une norme imposée pour les enseignes : on pourrait imposer un accès égal à chacun.e à l’accès publicitaire, ce qui donnerait beaucoup plus de diversité. La fin de la pub met à mort les multinationales, car c’est la pub qui permet d’écouler les produits, sans ce travail de préparation rien n’est assuré du résultat.

 

  • Goebbels disait qu’un mensonge répété des milliers de fois devient vrai, c’est l’effet du matraquage publicitaire. Les médias ont tout de même ce rôle indispensable journalistique d’informer et de dénoncer ce qui est caché, ce qui demande des moyens considérables : ça pourrait être un outil très sain au service du peuple, avec une éducation critique et l’interdiction des monopoles médiatiques. Si l’on comprend que l’on n’a pas besoin de consommer cette information parce qu’on peut la produire différemment, les monopoles s’effondreront d’eux-mêmes, d’où l’importance d’espaces de liens : la vie de chacun est déjà une œuvre d’art.

 

Culture et art

  • L’art est un média indispensable pour produire un écart au conformisme : on pourrait étudier les langues étrangères à partir des graffitis, c’est par l’art que les cultures peuvent se rencontrer, plutôt que par l’histoire de ce qui a divisé (guerres, religions). L’artisanat est aussi indispensable pour comprendre les modes de vie et les idées associées, c’est le travail des anthropologues. Les médias, comme l’art, devraient servir à lier plutôt qu’à diviser, à activer plutôt que passiver : cinéma en plein air, éducation populaire en place publique, débat télévisuels accessibles, pour sortir de la personnalisation et starification.

 

  • L’art est aussi utilisé actuellement comme publicité, car leur visibilité est associée à leurs mécènes. Pour conserver l’indépendance de l’artiste, des espaces sans commercialisation doivent être ouverts, espaces de création libre sans contrepartie financière, mais avec des actions de solidarité, car c’est un gros travail. On pourrait aussi leur laisser plus de place dans les médias télévisuels et radiophoniques.

 

  • L’art est un éveil au sens et à l’écoute de soi et des autres, dans une dimension bio-éthique. Nuit Debout a ouvert un espace de créativité, cela devrait être possible par l’engagement de chacun.e sur le long terme. Si les citoyens étaient propriétaires des médias, il y aurait beaucoup plus de choses possibles, l’objectif des monopoles n’est pas de nous faire évoluer. La prise en main de sa propre vie passe souvent par des prises de conscience brutale qui causent des morts, le confort nous attache à ne pas bouger. L’enseignement de la prise de parole et de sa diffusion peut être un moyen de réappropriation de la souveraineté, plutôt que d’être captivé par des parleurs professionnels.

 


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