Atelier debout éduc’pop « quelle société veut-on? » session 28 : Commerce international

Dimanche 9 avril 2017 //405 mars à 14h.


Sur la place de la République, nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

La 29ème séance de l’atelier est prévue dimanche 7 mai de 14h à 16h.


CR atelier éduc’pop du samedi 8 avril 2017 // 405 mars

« quelle société veut-on ? » session 28 : Commerce International

Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact.


Lecture du CR précédent

– sortir de l’UE et de l’Euro

– stop aux traités TAFTA et CETA

– arrêter la régulation du franc CFA


Plus de transparence dans la production des produits, notamment alimentaires, et des appellations

  • Problème d’un accès complexe aux informations sur la production, on ne sait pas d’où viennent les produits. Il existe des lois mais elles ne sont pas toujours drastiques, et beaucoup de contournements sont mis en place. Par exemple on trouvera une indication « France » sur le jambon mais on ne peut pas savoir s’il a été transformé en France. Beaucoup d’indications ne disent rien sur la traçabilité. L’indication sur la zone de production ne garantit pas la provenance (ex : si DE = Allemagne mais le bovin peut provenir du Périgors).
  • Divisions entre ceux qui pensent que
    • les appellations (type « foie gras du Périgord »…) n’empêchent pas des pays étrangers de les acheter et de les utiliser, , et qu’il faudrait dans l’idéal une norme internationale pour protéger ces appellations.
    • Et d’autres qui estiment au contraire que ces appellations comme AOP, AOC et IGP (indication géographique protégée) peuvent protéger le pays producteur d’origine contre les imitations. Par exemple s’il est indiqué foie gras périgourdin, il ne peut pas être produit ailleurs.
    • Une 3ème voie pense que les appellations protégés sont là surtout pour des raisons nationalistes, et qu’il faudrait faire sauter des marques déposées comme ça tout le monde pourrait produire son Gamay, son camembert. Le plus grand bénéficiaire de l’appellation Roquefort est Carrefour.
  • On dénonce aussi un problème de commercialisation des cultures (culinaires et autre), lié au fait que les gens veulent diversifier les goûts, avoir un peu d’exotisme. Une demande qui pousse la course aux appellations (cf les plats Marie qui proposent plus de 100 plats avec un poulet basquaise à partir d’un poulet qui vient du Mexique).
  • L’alimentation donne lieu à beaucoup de business, de corruption et de lobbying. Par exemple à Rungis : le producteur qui ne touchera quasiment rien des légumes qu’il aura produits vs le grossiste qui les revendra au commerçant. Ou encore la yaourt transnational : du lait frais transformé au Maroc puis envoyé en Chine. Cette multitude de lieux n’est pas au profit du consommateur au final. Et les traités transatlantiques dont personne ne veut ne vont rien arranger.
  • Autre exemple de confusion organisée : on a voulu créer un système de couleurs simples sur l’étiquetage pour se repérer, hors tout a été fait pour que ça soit plus complexe, afin de pouvoir vendre n’importe quoi.
  • Une des conséquences néfaste est que ça nous oblige à calculer, compare, voir où on y gagne, ce qui déforme l’esprit. On ne devrait pas avoir à choisir entre une marque vs une autre, mais privilégier la qualité. C’est de plus en plus difficile car beaucoup de choses se développent avec le courant du Bio, les AMAP, si on compare sans s’interroger sur l’histoire du producteur, on reste dévoyé. J’ai participé à la création d’une AMAP et j’ai demandé au producteur ce qu’il se passe s’il tombe malade, et ça sera sa femme qui devra faire 80H par semaine, donc si c’est pour qu’ils deviennent des machines, je préfère manger chimique. Ce n’est pas qu’une question concernant l’acheteur / le vendeur / le producteur, il faut se poser la question des relations entre nous et la planète ? voir comment développer la diversité ? S’interroger sur ce que je fais quand je choisis : quels sont mes critères ? financiers ? humains ? Dans l’idéal il faudrait que ce domaine de l’alimentation soit protégée, qu’il y ait une séparation claire entre la production, la distribution et les lobby / députés européens.
  • Une question se pose sur comment découvrir, acheter (un super produit indien par ex) sans passer par ces gros intermédiaires ? sans passer par Carrefour par exemple ?
  • Le commerce international intéresse car il est monopolisé par des grosses entreprises qui centralisent l’information, tout passe en réseaux fermés.

 

Revoir les conditions de production des objets nécessitant des métaux précieux et limiter nos besoins en outils numériques, informatiques. Plus de normes écologiques et sociales internationales.

  • C’est très complexe le commerce international, suffit de voir ce qui se passe pour la production des matières premières pour les outils informatiques, comme le Koltan, une terre rare, au Congo, ou le lithium nécessaire pour les batteries. C’est inévitable de les extraire ailleurs, en Afrique.
  • On pourrait produire quelques terres rares / métaux rares en France mais on ne le fait pas car cela implique d’énormes recherches et destruction, et beaucoup de pollution. Donc pas souci de ne pas polluer, on passe en Afrique ou en Chine pour le faire.
  • Il y a d’autre part une surexploitation et des stocks faits pour prévoir en cas de pénurie.
  • Dans la société idéale, on aurait beaucoup d’objets électriques sauf pour sauver des vies. La télévision ne sert à rien. Le portable, on faisait sans avant. Il y a peut être des alternatives car les conditions de production, d’extraction de ces métaux sont terribles.
  • On avait eu l’idée d’un lieu pour partager les ressources (ex téléphone, ordinateur…) pour créer du lien, échanger les savoirs., créer des plateformes communes pour éviter que chacun veuille avoir son téléphone, son ordinateur.
  • Je fais un rappel sur Bollore qui a racheté des trains dans des pays pauvres sans les entretenir, ce qui a aboutit à un accident.
  • Il faudrait surtout plus de normes écologiques et sociales. L’interdiction de travailler avant 18 ans, les 35h, les mêmes règles que pour nous.

 

Dans la société idéale, peut on se passer de commerce international ?

  • Peut être que dans l’idéal il ne faudrait pas de commerce international ? Afin d’éviter par ex d’avoir une entreprise comme Dc Martens, crée par des médecins au UK, détenue par un fond de pension américain. On ne devrait pas arriver à ce que des savoirs faires puissent être racheter par tel ou tel groupe. Il n’y aurait du coup pas de mise en concurrence, mais juste des échanges commerciaux, des partages de savoir faire. Un système sans douane, sans taxe, sans norme.
  • Je ne suis pas pour l’arrêt, car ça régit toutes les productions, et pose la question des ressources nécessaires pour du matériel médical par exemple. Le lithium fait 80% d’un peacemaker par exemple. Mais ça serait aussi embêtant de se couper des herbes médicinales. C’est plus un problème de normes au niveau des pays, de faire des normes qui soient plus basées sur le respect, l’équilibre entre les parties : pouvoir faire des échanges selon ses besoins, lancer des accords basés sur les besoins de la population, basés sur un principe de développement à long terme. Il faudrait avoir un niveau technologique plus équilibré pour avoir un commerce plus équitable, respectueux. Aujourd’hui chacun produit n’importe comment pour produire moins cher, et vendre de façon rentable. Souvent d’autres qui capitalisent sur ce qui est fait pas d’autres qui sont moins payés. Et on a d’énormes problèmes de déplacements des populations liés à la compétition entre les gens, les territoires.

 

Besoin d’une vision à long terme, pour un commerce plus équitable et plus durable

  • C’est surtout le commerce sous sa forme actuelle qui pose problème car que commercial et financier. Il y a toujours eu du commerce, du troc. Donc l’objectif est d’être plus équitable pour que les uns ne s’enrichissent pas au ruinant les autres.
  • Se méfier de la référence au passé (par exemple sur le nucléaire, ne pas l’opposer à la bougie). Beaucoup de choses entre les deux. Par exemple dans les matières à consommer, il y a 50% de culturel et 50% ce qu’on mange, important de bien digérer « mentalement » ce qu’on mange. On n’est pas obligé de vivre tous pareil, chacun peut consommer en fonction de son territoire. La question à se poser est de quoi j’ai besoin physiquement et mentalement ?
  • Sur le CI, on a besoin de s’identifier à une vision, de se projeter sur comment le CI fonctionne, après on est plus en capacité d’imaginer d’autres échanges.
  • Un des soucis principaux du CI c’est la dépendance, l’affaiblissement des populations du fait de la pollution par ex. Pleins de pays en Afrique par exemple arrivaient à subvenir à leurs besoins en produisant du mil et du sorgho, jusqu’à ce qu’on arrive pour cultiver des céréales, ce qui a aboutit à la famine et la désertification dans pleins de zones.
  • Il faudrait fabriquer les choses de manière plus durables, de façon à éviter l’obsolescence programmée.
  • Idem pour l’agriculture, il existe d’autres modes de production plus durables tels que la permaculture. Il faut apprendre à vivre notre société autrement, reprendre des modes de production et de fabrication plus anciens.
  • Certains échanges devraient échapper au commerce : tout ce qui a trait aux premiers besoins (nourriture, toit, livres). Il faudrait que certaines choses soient hors concurrence. Il y a trop de monde dans la survie.
  • Problèmes des laboratoires pharmaceutiques qui empêchent de pouvoir utiliser des plantes médicinales (alors que scandale du Médiator). Par ex il y a des antibiotiques dans la moisissure de pain, de la quinine dans le Saule.
  • Sur les médicaments, on ne peut se passer de chimiothérapie, pleins de gens dans la rue qui sont morts de ne pouvoir avoir été soignés. Problème de la nécessité de l’outil. Plus on en a besoin, plus c’est cher souvent. D’une chose utile et accessible pour tous, on en fait un outil de luxe. Il est nécessaire de se nourrir, se soigner, se loger et c’est souvent les trois fers de lance commerciaux, qui correspondent aux premiers besoins. C’est nécessaire d’avoir de l’argent pour assurer ces trois principes.
  • Quand on passe des accords avec d’autres pays, ce sont des engagements qui devraient être discutés tous ensemble. Les agriculteurs qui se sont engagés via les accords passés avec l’Europe. Idem pour Ceta et Tafta : nous nous engageons collectivement vis à vis des EU, du Canada et ça devrait être discuté, débattu.
  • On produit pour 9 milliards d’habitants alors qu’on est 6 milliards. Il y a des problèmes de famine, dont des soucis en Inde, qui sont liés à la distribution et pas la production. Il y a eu une famine en 1905 avec 1 million de morts alors qu’ont exporté plus d’un million de tonnes de riz et a importé 80% des ses tissus. Ca montre le mécanisme du CI qui ona peu changé.
  • Sur l’industrialisation de l’Afrique, on parle beaucoup d’innovation alors que la problématique sur place a plus trait au développement de technologies intermédiaires. Ca serait plus utile de produire des trucs simples que des trucs super innovants. Il y a un gros manque de volonté politique générale.
  • Les ¾ des brevets inventés par les Africains, mais qui n’en voient pas la couleur.
  • Il y a un souci d’accès aux ressources, par exemple l’accès à l’eau en Afrique. Mais les états sont « rongés » par la corruption, l’accaparation des biens. Au Kenya par exemple, il y 276 jeunes qui meurent chaque jour de l’extraction de rubis. Idem au Laos, Perou, Honduras, Mexique, des jeunes gagnent leur vie en ramassant des matériaux. Il y a des accords commerciaux qui sont des contrats esclavagistes. L’accord commercial est la face visible de l’iceberg.
  • A Madagascar, un des plus grands gisements de terres rares, minerai. 50% va à la France, 50% à la Chine donc 0 chance de développement. A l’indépendance en 60, il y a eu un accord commercial qui exigeait que Mada paye un impôt à la France jusqu’en 2010. Qui a été prolongé suite au coup d’Etat du maire de Tana qui est en venu en France pour avoir l’appui de l’Etat Français. Autour de Mada, des îles n’ont pas été rendues à Mada et beaucoup de ces gisements de ces îles exploitées par la France.
  • Beaucoup d’initiatives intéressantes comme le jeune de Garges les Gonesse qui a inventé le « ?’ » (1er truc pour rouler éléctrique) qui habitent encore là bas en HLM et reversent les bénéfices à la Maison de quartier.

À vous!

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.


l’enregistrement complet de la discussion.

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