Atelier éduc’pop 64 « quelle société veut-on? » Partie II : la Santé (4)

Dimanche 6 mai 2018 à 15h.


Sur la Place de la République, Debout éducation Populaire continue d’occuper l’espace public pour l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 64 sur la santé (3).

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet 2017 à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 65ème séance de l’atelier est prévue dimanche  13 mai de 15h à 17h Place de la République, nous continuerons sur le thème « Santé ».

 


Atelier éduc’pop 64 « quelle société veut-on? » Partie II : la Santé (4)

 

La sexualité :

  • Connaître son corps reste souvent tabou, lié à d’anciens préjugés ou à des notions culturelles et/ou religieuses, ce qui rend les débats publiques, notamment à l’école, difficiles, alors qu’il y a un vrai besoin. Le planning familial pourrait rester en étant plus ouvert, aux différents genres et comme espace de débat. Les cours de sexualité dans l’éducation nationale est importante pour la prévention des MST et les associations sont très impliquées là-dedans. Le film 120 battements par minutes montre que ces associations sont souvent débordées et demandent à l’État de l’inclure dans les programmes d’éducation. Aussi l’égalité des genres qui devrait être mise dans les programmes : risque alors que l’enseignant prenne position, ou qu’il soit pris à parti. Peut-être qu’il vaut mieux que ce soit des tierce personnes et pas l’enseignant qui interroge ces sujets pour que ce soit plus de l’information sans parti pris. Peur de la part de plusieurs minorités de venir parler, car il y a des agressions derrière, des tensions très vives…
  • La sexualité est depuis longtemps un élément politique important : cela pose des injonctions ou des répressions qui favorisent la constitution des normes. La sexualité au niveau politique est souvent pensée en fonction de la reproduction. Le politique n’a pas à se mêler de la sexualité, comme de la religion, ça concerne l’esprit. Le problème de la sexualité est fondamental depuis l’antiquité, on retrouve la représentation sexuelle comme un des piliers de la civilisation avec des courants de pensée et de pratique très divers. L’idée de passer par l’enseignement reproduit ce passage par la représentation qui est toujours orientée, fut-elle sur un mode scientifique, ça donne aussi une vision potentiellement mécanique de la sexualité. Une politique du sexe ouvre la question de la bioéthique, de l’adoption, de l’eugénisme, cela va donner un sens plus précis de la reproduction qui serait associé à la sexualité. Le politique ne devrait sur ce sujet pas avoir d’autre rôle que celui d’ouvrir des espaces neutres pour débattre de la sexualité, que cela soit modéré avec un respect des diversités. Que ces espaces permettent aussi l’accès à la prévention (distribution de préservatifs, tests MST). Ces espaces pourraient exister dès l’école, comme ça les enfants seraient habitués à s’exprimer sur ce sujet, en parler chez eux, avec leur ami.e.s…
  • Des cultures liées à des civilisations sont toujours présentes avec leur tabou et leur injonction sexuelle, de quelle droit devrions-nous leur imposer une vision séparée de la sexualité et de la reproduction, c’est une question difficile. Tout cela est lié à des enjeux de domination, et notre société a beaucoup imposé ses visions contre des civilisations qui étaient bien plus respectueuses des rapports homme-femme et ouvertes sur la sexualité. L’individualisme repose sur un mode sexuel associé au plaisir de l’individu (séparation entre acte sexuel et amour), le communisme dans l’État comme espace centralisé et la reproduction comme devoir, le modèle de la famille est une cellule dans laquelle s’exprime une autre norme (fidélité, amour…). Pour que l’État soit neutre, il ne devrait pas non plus favoriser l’individualisme, soit on enseigne tous ces modes de représentation de la sexualité, soit on laisse cela hors des champs de l’éducation et de la politique.
  • Aujourd’hui on ne peut plus dire qu’on ne savait pas, concernant les MST, si c’est le cas cela signifie qu’il y a un tabou marqué. La sexualité est vraiment un point de conflit très fort : il y a des non dits pour ne pas froisser telle représentation culturelle, religieuse. Cela produit aussi des frustrations: la communauté Incel aux États Unis refuse le féminisme en le prenant comme un empêchement de la sexualité masculine, beaucoup de ses membres se plaignent de ne pouvoir accéder à des femmes car ils se sentent exclus : 20% des hommes les plus beaux auraient accès à 80% des femmes et 80% des autres hommes devraient se partager les 20% des autres femmes. Au lieu de penser cette exclusion dans un rapport de domination politique et économique, ils le projettent contre le féminisme, dans une haine des femmes. La vision émancipatrice d’une sexualité libre produit donc de nouvelles exclusions, en cela on voit bien que la sexualité reste prise dans le rapport de domination, comme privilège… La reproduction doit rester de l’ordre de l’intimité et pas d’une politique.
  • On réduit la sexualité à une dimension de plaisir ou biologique alors qu’elle est le reflet de l’idéologie dominante, constitutive des identités et des rapports de domination, d’où la nécessité de la rendre ouverte à des débats publics pacifiques.

 

Hygiène :

  • l’hygiénisme a été développé dans une réflexion de santé publique, elle est maintenant revendiquée comme un droit, ça passe par les soins du corps, l’alimentation, la pollution, l’écologie, les pratiques de corps. La responsabilité est individuelle et collective, on a trop été habitué à ce que d’autres fassent à notre place, mais qu’on nous ait demandé de construire un environnement sain fait que l’on peut à présent le revendiquer. La jeunesse y est plus sensibilisée mais pas encore assez : recyclage, ne pas jeter les choses partout, économie de l’eau et des ressources énergétiques… La pollution a commencé lors de la révolution industrielle avec la création de grandes décharges pour réguler la surconsommation. Nos poubelles partaient en Asie, Inde, Afrique pour être traitées ou jetées dans la mer : ça continue aujourd’hui malgré les obligations réglementaires, beaucoup de pays que l’on a pollué sont devenus pollueurs et ça semble un peu excessif de se mettre en position de leur enseigner l’écologie alors qu’on exploite encore les forêts et les ressources des autres pays. D’autres civilisations ont toujours été respectueuse de l’environnement en réutilisant systématiquement leur matériaux : c’est par elles que nous devrions être enseignés.
  • L’hygiénisme a été pensée par les bourgeois anglais, à la base des systèmes d’irrigation de l’eau pour contrer les maladies qui ne se limitent pas à certaines classes sociales. Ça a aussi été pensé dans une idée de production : que les travailleurs soient en bonne santé pour être productifs. Arriver à une société sans déchets suppose d’aller vers la décroissance, on se trouve avec beaucoup de déchets dont on ne sait pas quoi faire. L’industrie du plastique est largement à remettre en cause, quand on voit ce que ça produit sur les océans et sur le bord des routes. Par exemple, les couches pour bébé étaient avant des tissus lavables, on nous a dit que ce n’était pas hygiénique et qu’il fallait des couches jetables. Sous prétexte d’hygiène on nous a imposé un produit jetable, polluant, et toxique pour le bébé, alors que la question derrière est celle de la consommation. Là aussi, les consommateurs sont devenus en demande d’objets jetables pour gagner du temps, on est vraiment ancré dans cette société du tout jetable, et il n’y a pas de volonté politique de remettre cela en cause. Le temps est ici une dimension majeure, avec la promotion du divertissement qui masque encore la responsabilité et le temps nécessaire à s’occuper de soi et de son environnement.
  • Au début c’était les Etats qui traitaient les déchets et cela a été transmis aux société privées, sans respecter les réglementations : 2 bateaux sur 3 jetaient les déchets dans la mer. On ne veut pas nous faire voir la production de déchet, cela est invisibilisé alors que c’est le fruit de tous nos comportements : une prise de conscience générale passera par cette visibilité. C’est le même problème avec la privatisation des médicaments et des laboratoires pharmaceutiques : on ne voit pas tout le mécanisme destructeur qui est derrière, et cela nous arrange de ne pas le voir.
  • Les indices économiques doivent prendre en compte la production de déchet et l’accès aux ressources pour penser plus en terme de biens communs. Les politiques mises en place proposent des sanctions financières : les multinationales incluent ces sanctions dans leur budget car cela est plus rentables pour elles que de les respecter. Ce ne sont que des discours de façade qui ne touchent pas au problème de la privatisation des ressources et de la pollution des acteurs privés. On ne fait rien pour lutter contre la surconsommation, elle est bien plutôt recherchée dans nos politiques actuelles. Est-ce qu’une politique hygiéniste devrait passer par une répression contre les comportements pollueurs, qu’ils soient individuels ou collectifs ? Ça peut être un passage nécessaire pour changer les mentalités pour les déchets que nous pouvons traiter nous-mêmes.
  • Les plus gros des déchets viennent de l’industrie : exemple pour un litre de coca cola, il y a deux litres d’eau polluée. L’industrie produit des déchets pour produire de nouveaux déchets… Dans les pays africains, on vend des voitures qui ne sont plus tolérées dans les société occidentales, on vend encore nos déchets. Nécessité de passer à un autre mode de consommation qui n’a rien à voir avec l’existant, sans quoi ça continuera à se diffuser des dominants aux dominés.
  • Comment éliminer tous les déchets déjà existant? Bakounine expliquait que la société industrielle générait elle-même la destruction de son environnement : cela est encore en cours même si on le sait. La ZAD comme espace d’expérimentation devrait être développé pour démontrer que l’on peut construire une société sans déchets basée sur les communs et le respect les uns des autres.
  • Les bouteilles de verre étaient avant systématiquement consignées, cela pourrait se remettre en place sans problème et on éliminerait ainsi en grande partie le plastique et l’énergie utilisée pour le recyclage. Cela peut exister pour tous les liquides. Certains maires se sont organisés en IDF pour aller chercher les déchets laissés par terre et les rendre à leur propriétaire, cela devrait surtout être fait par les industries polluantes ! Le passage au plastique a énormément favorisé la pollution : en Kabylie, depuis le passage du verre au plastique, les montagnes sont jonchées de déchets. Revenir aux bouteilles consignées et nettoyer ces espaces commencera la dépollution.On peut aussi garder tout ce qui peut resservir.

 


 

 

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