Atelier « quelle société veut-on? » 56 Partie II : Thème « Paix et Solidarité internationale » (4)

Dimanche 4 février 2018 à 14h


Sur la Place de la République, Debout éducation Populaire continue d’occuper l’espace public pour l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 56 sur la paix et la solidarité internationale. Nous avons commencé depuis juillet 2017 la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 57ème séance de l’atelier est prévue dimanche 18 février de 14h à 16h Place de la République, nous commencerons le thème « Commerce international ».


Compte-rendu de l’atelier educ’ pop 56, partie II,

thème « Paix et Solidarité Internationales » 4 le 4/02/2018

 

 

  • Sortir de l’OTAN et e l’UE ?

 

L’OTAN a arrêté des massacres de population civile, par exemple en Bosnie et au Kosovo, donc elle a eu un rôle à remplier dans la paix internationale. De Gaulle était progressivement sorti de l’OTAN en 1964 lors de l’intervention des Etats Unis au Vietnam, Sarkozy nous a fait retourner dedans et Hollande nous en a à nouveau extraie : Macron propose aujourd’hui d’y retourner. Ce sont donc ses objectifs et la centralité e ses prises de décision qui doivent être modifiées. Que dire alors des puissances russes, chinoises, israéliennes, elles pourraient tout aussi bien peser pour rétablir la paix. L’OTAN c’est d’abord un rapport de force, le bras armé de l’OMC pour marquer la domination économico-militaire des Etats Unis, aussi bien pour les trafics légaux qu’illégaux. Depuis 1960 il y a au Congo un massacre de population sans aucune intervention extérieure : ce n’est donc pas les droits humains qui les motivent.

C’est l’ONU qui devrait jouer le rôle de maintien d’autorité internationale, mais les casques bleus sont souvent désarmés et parfois accusés de viol (exemple en Centre-Afrique en 92) ou d’abus sur les populations. Comment aider les populations sur place sans envoyer des troupes armées ? Qui définit l’ennemi de l’allié ? Il a été proposé à l’ONU des modalités de fonctionnement plus intéressantes, mais comme 5 pays ont un droit de véto, il a suffit que la Russie refuse pour tout bloquer.

En consommant les produits des multinationales, on favorise cette colonisation économico-militaire : les refuser c’est lutter contre le pouvoir de l’OTAN, encore accentué avec les traités transatlantiques. En 2005, Kofi Annan a commencé un projet de réforme de l’ONU, et les mesures que devraient prendre les Etats Membres afin de rendre les Nations Unies capables d’assurer le développement durable, la défense des droits de l’homme et la sécurité. Cela n’a pas été suivi car il y a des blocages en interne, mais c’est possible de l’imposer de l’extérieur.

Concernant la sortie de l’OTAN et de l’UE ça peut passer par le vote de nos gouvernants (par exemple Mélanchon l’avait posé dans son programme). Si on fait une propagande anti-OTAN pour favoriser la main mise des autres puissances, ça ne va pas, il faut développer une critique radicale de sortie l’Etat de guerre en montant un débat à large échelle qui informe et mobilise la population sur ces enjeux. Pareil pour l’UE, que son rejet ne nourrisse pas la xénophobie mais que l’on développe un projet alternatif concret : ce qui demande un long mais indispensable travail collectif. Axer le problème sur qui prend des décisions et proposer des solutions, comme on l’a fait à partir du local. Pour que l’ONU soit efficace, il faut lui accorder une justice indépendante et une charte éthique les membres bureaucratiques et sur terrain avec des sanctions.

Il n’y a pas de principe démocratique dans l’UE : on l’a vu avec le TAFTA, CETA, et maintenant le JITA, accord commercial avec le Japon. De même, un vote européen a refusé la pêche électrique mais comme c’est la commission européenne qui fait appliquer les décisions, rien ne bouge (c’est aussi le cas pour beaucoup de décisions du parlement). Des traités sont aussi plus forts que les constitutions des pays et permettent de déroger les droits pourtant protégés et annulent le pouvoir des populations. L’actualité montre que l’OTAN est plus une façade et que sa suppression serait bénéfique, surtout qu’elle ne permet pas de limiter les conflits, sa naissance s’est faite contre le communisme. Au niveau de l’UE, sa suppression permettrait de mettre à jour les corruptions, mais tout n’y est pas mauvais : Erasmus, la libre circulation (bien qu’à double tranchant car elle permet l’exploitation des ouvriers immigrés : la concurrence « libre et non faussée » n’est qu’un droit d’exploitation des plus gros, les pays qui n’ont pas de moyens n’ont pas le droit de participer aux programmes européens alors qu’ils en auraient le plus besoin ! De même avec la hiérarchie des diplômes, ça produit des discriminations et l’égalité est une façade).

Suffit-il de supprimer ces instances pour que la paix s’installe ? Ce serait ignorer les conflits qui existent depuis longtemps, les frustrations et les garde-fous (mais aussi les corruptions) qui se sont installées depuis… On doit forcément passer par un entre-deux avant d’accéder à la suppression de ces instances, et une autonomie locale avec des rapports de force soit équivalents (tout le monde est armé), soit contrôlés (seule une armée mondiale, sinon pas d’armes). Si on supprime l’OTAN, il faudrait apprendre à d’auto-défendre et développer la communication non violente : échanges entre population qui ne passent pas par ces instances. Si on forme une union des peuples, on n’en aura plus besoin, mais cette Union doit-elle passer par un armement des populations, peut-on inverser le rapport de force sans cela ? Ce sont les puissants qui ont une armée, et c’est cette armée qui détermine leur puissance, autant face à d’autres pays que devant leur propre population. Il y a eu des luttes pacifiques, peut-être qu’elles passeraient plus aujourd’hui par les boycott

 

  • Mettre fin aux racismes et aux discriminations :

 

 

Le racisme est d’abord entretenu par les institutions. Déplacer le rapport de force idéologique : sourire dans le métro et parler à son voisin ça participe déjà, à l’échelle de chacun.e au dépassement des frontières imaginaires. Cela perturbe les codes aseptisés et c’est une grande force parce que l’info peut à nouveau circuler, en échangeant en permanence, on peut se passer des outils numériques : ça dépend en fait de chacun.e de nous, en rapport avec mesurer la conséquence de ses actes. Le racisme est intensifié par le bras armé de l’Etat qui stigmatise certaines populations, cela provoque de la haine des jeunes contrôlés contre la police, puis contre l’Etat, puis contre la population censée représentée par cet Etat. Et dans l’autre sens, à force de voir des personnes de couleur contrôlées, une majorité de la population se dit qu’ils sont souvent en faute et finissent par se persuader qu’il faut s’en méfier, c’est la boucle bouclée… Il y a aussi une non mixité sociale qui s’est instaurée avec les cités : la pauvreté a une couleur de peau et une localisation aujourd’hui et on met ça à distance comme si c’était un fait acquis, on essentialise. De même on a laissé la délinquance s’installer pour y opposer un contrôle plus fort « justifié », alors que la délinquance est d’abord corrélée à la pauvreté. Cela permet de grillager les territoires et conforte l’idée des policiers que certaines populations sont plus « à risque » que d’autres, d’autant plus que c’est ce qu’on leur enseigne. Abandonner l’empire militaro-industriel, culturel, langagier, économique, doit être la première des choses. Sortir de cela commence par aller à la rencontre des réfugiés, sortir de ses lieux habituels, oser entrer en contact avec ceux/celles à qui on ne s’adresse jamais. La méfiance est entretenue par l’idéologie sécuritaire. Il y a un mensonge étatique qui se déploie au niveau identitaire pour faire Union Nationale et donner un ennemi commun à l’extérieur pour que le peuple s’allie avec le gouvernement. Si demain les immigrés arrêtent de travailler en France, tout sera bloqué ! Mais cela semble improbable car ils sont maintenus dans une peur et un sentiment d’illégitimité très puissant qui leur est renvoyé partout.

Le problème principal que l’on rencontre est l’essentialisation : de quelques cas, on fait une généralité. Le problème n’est pas de catégoriser, on fait cela tout le temps pour organiser nos perceptions, c’est différent quand on attribue à une personne catégorisée une essence, même quand c’est perçu de façon positive (ex : les femmes sont pacifiques »). Que ce soit pour les discriminations raciales, sexuelles, nationales, sociales, commencer par instruire l’histoire du monde plutôt que l’empire d’un Etat. On glisse de la lutte des classes à la lutte des classes pour dépolitiser le débat, en supposant que cela concerne des manières d’être, des identités plus que des rapports de domination. Il ne faut pas lutter contre la différence, elle est partout et indispensable, mais contre l’essentialisation qui fait des boucs émissaires entretenus par les médias : diviser pour mieux régner. Les thèses racistes n’ont été produites que pour assurer la domination et le servage.

En 1968, on posait la question du droit des minorités, il y a eu division entre syndicalisme fort (ouvriers qualifiés) et syndicalisme faible qui pose une impossibilité de lutter ensemble pour des intérêts communs. Il y a aussi le culte du sur-homme que l’on attendrait pour le suivre. Si l’égalité de droit était respectée en enseignée comme telle, les discriminations seraient déjà réduites, le reste du travail serait à faire avec les imaginaires. La notion de race est une notion qui n’implique pas forcément de discrimination, ça arrive quand on pose des dominations. Chaque individu est traversé par toutes sortes de discrimination, les poser de façon brute c’est encore essentialiser. On ne peut pas hiérarchiser les problèmes car il y a des intérêts multiples et complexes, on arrive à des luttes de minorités qui ne se rencontrent pas : comment trouver une unité qui les rassemble, poser un problème commun qui est justement la question du politique. Actuellement on glisse du politique au sociétal, on parle plus mais on a moins de pouvoir ;

Nos sociétés ne sont plus monolithiques mais très complexes, avec des logiques de domination multiples, ce qui fait que plusieurs minorités ne se retrouvent pas dans les luttes car elles ne s’y sentent pas représentées/concernées.

 


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