Atelier éduc’pop « quelle société veut-on? » (Partie 2) – 45 : les richesses et les biens communs (3)

Samedi 21 octobre/600 mars à 15h.


Sur la Place de la République, debout éducation populaire a fait son atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 44 sur l’écologie. Nous avons commencé la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencé il y a 2 mois à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 46ème séance de l’atelier est prévue samedi 28 octobre de 15h à 17h Place de la République, nous poursuivrons le thème « gestion des richesses et des biens communs ».


Vous pouvez écouter un enregistrement audio de l’intégralité de l’atelier en bas de page et nous proposer vos idées en remplissant un petit formulaire de contact

CR Atelier éduc’pop session 45 « gestion des richesses et des biens communs » (3)

Partie 2 : comment à partir d’aujourd’hui arriver aux propositions récoltées

Étatiser le monde bancaire, rendre au citoyen le pouvoir de création monétaire 

  • Des expériences de monnaies locales fonctionnent bien, leur principe reste de ne pas s’étendre trop géographiquement. Par contre on pourrait en faire dans tous les départements, ça pourrait être un don à la base pour chaque personne par département, comme un salaire universel, cela va ensuite se redistribuer. C’est une création monétaire donc il suffit de décider de sa création pour que chacun puisse participer au circuit économique. On garderait l’euro pour ce qui est des échanges au niveau national et plus, il n’y aurait pas de change possible entre les deux, la monnaie locale aurait un taux fixe lié aux valeurs d’usage. La TINDA est une monnaie locale qui fonctionne, liée à une association : ce sont les adhérents qui décident, il y a une entente avec des crédits coopératifs et des mutuelles, ils ont donc un système bancaire.
  • Jusqu’à Mitterrand, c’est l’État qui avait la main sur la création monétaire, maintenant ce sont les banques mais cela ne produit pas de redistribution. Pour la monnaie locale, on pourrait donc mettre en place un établissement de prêt qui gère les échanges et transferts, ou alors que les projets soient décidés et financés en communs ce qui retire la nécessité d’une banque.
  • Est-ce que le problème n’est pas plutôt ce que représente l’argent ? Plus on imprime de la monnaie, plus elle perd de la valeur, plus les prix sont élevés. Il faudrait fixer des prix maximums pour les loyers, l’alimentation, les vêtements, à quoi devrait répondre le salaire minimum. La monnaie locale serait une monnaie constante qui ne pourrait être dévaluées, après le don de base, qui peut être renouvelé sur une année, elle circulerait via les échanges et serait nécessairement redistribuée ou mise en circulation à partir d’un certain montant par personne (pas de possibilité d’accumulation). Cela nécessite un organisme qui le gère, ça pourrait être des fonctions tournantes.
  • Il faudrait être payé au prix réel du coût de son travail. Réduire l’impact et l’importance de l’argent en développant d’autres formes d’échange : travail partagé, service contre service, troc… En fait l’argent nous rend méfiant alors que c’est lui qui permet la tromperie : s’en passer nécessite la confiance et la confiance nécessite de s’en passer le plus souvent. Tout est traduit en argent, c’est ce qui guide une grande partie de nos choix et modèle les relations sociales, professionnelles… La BCE ne rend de compte à personne ; quand les États empruntent à la BCE, il ne devrait pas y avoir d’intérêts car ils s’empruntent à eux-mêmes. Or nous sommes obligés de passer par des banques privées avec de forts taux d’intérêts. La France devrait emprunter à la Banque de France qui serait gérée publiquement. Il est obligatoire en France d’avoir un compte bancaire et le salaire doit obligatoirement être versé dessus.
  • On est passé à une monnaie fiduciaire, c’est-à-dire qu’elle n’est plus liée à une valeur matérielle. Aujourd’hui ce sont des institutions qui déterminent la valeur de l’argent, et cela s’étend de plus en plus à de l’argent dématérialisé. La privatisation de la monnaie a été actée en 1973 par Giscard d’Estaing ministre des finances sous Pompidou. La monnaie virtuelle n’a pas de valeur en soit, elle est basée sur la spéculation.
  • Proudhon voulait créer une banque du peuple, Galbraith a parlé de technostructures : l’argent est géré par des experts. Mettre en place une parité sociale chez ceux qui contrôlent la monnaie pour qu’ils prennent en compte les réalités du terrain. On est actuellement totalement impuissants face au contrôle des banques. En cas de révolution, il faudrait commencer par les banques !!
  • L’argent ne devrait pas réguler les biens communs et la forme monétaire ne devrait pas pouvoir s’accumuler. Non privatisation des ressources premières : eau, électricité, logements à vie. Les amérindiens commerçaient d’une tribu à l’autre le fruit de leur travail. Le problème du revenu universel, même s’il nous permet de nous émanciper du salariat nous laisse dans ce « tout argent » géré par les banques, il est important d’accéder directement aux ressources. Repenser le système de partage du fruit de notre travail, transformer la monnaie en propriété sociale sous contrôle des citoyens.
  • Les matières premières telles que les minerais sont seulement disponibles en petites quantités alors qu’elle sont exploitées sous spéculation : on devrait considérer ces matières comme capital imprivatisable de l’humanité, à utiliser seulement pour la nécessité de la communauté. Pour l’alimentation, les logements, l’eau, l’électricité, si cela est gratuit se pose le problème du travail humain et non humain sous-tendu. Ça passe par l’accès aux parcelles pour cultiver soi-même, aussi récupérer l’eau de pluie, générer sa propre électricité ou en commun. Plutôt que le revenu universel, rendre accès pour chacun aux ressources : c’est d »abord cela qui doit être distribué, l’argent sera secondaire. A l’époque des physiocrates, la richesse était liée à la terre.

Faites nous part de vos remarques, de vos idées de vos envies pour le monde de demain.

l’enregistrement complet de la discussion.

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