Atelier « quelle société veut-on? » 52 Partie II : Thème « Paix et Solidarité internationale »

Dimanche 14 janvier 2018 à 14h


Sur la Place de la République, debout éducation populaire a repris ses quartiers, en cette nouvelle année, pour faire l’atelier hebdomadaire « quelle société veut-on? » session 52 sur la paix et la solidarité internationale. Nous avons commencé depuis juillet 2017 la seconde partie : à partir des propositions concrètes récoltées, nous posons la question de comment y parvenir à partir d’aujourd’hui.

Nous avons lancé le premier atelier éduc’pop à Debout éducation populaire au mois d’aout 2016. Cet atelier qui a lieu à raison de 2 heures hebdomadaires vise à répondre de façon précise et développée à la question suivante : quelle société veut-on?
Avec chaque audio, nous vous proposerons un rassemblement écrit des propositions par catégories, que nous reprendrons avant chaque séance, et que vous pouvez commenter directement sur le site!

Plus nous serons nombreux/ses à participer, plus nos propositions et réflexions seront riches, et mieux nous saurons quelle société l’on souhaite construire, avant de savoir par quels moyens…

Et justement, c’est cette seconde partie « comment y arriver? » que nous avons commencée en juillet à partir des propositions récoltées lors de la première partie!

La 53ème séance de l’atelier est prévue dimanche 14 janvier de 14h à 16h Place de la République, nous continuerons le thème « paix et solidarité internationale ».


Compte-rendu de l’atelier éduc’pop 52, partie II,

thème « Paix et Solidarité Internationales » 14/01/18

  • Concordat universel

La Déclaration des Droits de l’Homme est occidentalo-centrée, il faudrait l’élargir aux autres modes de vie et  la poser avec une justice qui l’applique plus que de la poser en idéal moral lointain comme c’est le cas aujourd’hui.

Dans la Déclaration des Droits de l’Homme, il y a le problème de la propriété qui ne convient pas à tous les peuples : elle devrait être repensée en fonction de chaque culture, via des consultations et être une règle de base que chaque programme politique devra respecter sous sanctions. On ne peut pas imaginer un texte qui ait la marque de toutes les cultures, cela paraît vraiment utopiste et irréalisable : peut-être qu’un peuple ne sera pas d’accord sur un point que tous les autres accepteront, faudra-t-il alors lui imposer ? Avant cela, ça posera quand même un débat entre chaque sensibilité et une écoute/découverte de la diversité : lors de la DDH de 1793, il n’y a pas eu de consensus et ça a produit beaucoup de luttes, exils… Il faudrait donc déjà le mettre en consultation à l’échelle mondiale, et le médiatiser, que ce ne soit pas fait par les gouvernants mais par les habitant.e.s pour un réel échange interculturel, même s’il n’y a pas de texte à l’aboutissement. Peut-être qu’alors il y aura des accords pour des textes entre certains pays avec des règles appliquées.

Actuellement la DDH a une valeur tant qu’elle ne dépasse pas l’intérêt des États : c’est cette mécanique qui devrait être inversée, une fois le texte rebâti avec une culture=une voix. Logiquement ce serait le rôle de l’ONU. Le contexte international est toujours le droit du plus fort : c’est cela qui sera remis en cause par des règles strictes de consultation. Une étape avant sera de faire des jonctions entre les peuples pour que ça s’impose ensuite aux gouvernements : ça ne viendra jamais d’eux-mêmes.

 

  • Arrêter la marchandisation de l’armement

Arrêter d’abord la production d’armes ?On peut transformer les usines d’armement (d’ailleurs, elles se sont développées lors de la première guerre mondiale : beaucoup d’industries textiles et autres ont été réquisitionnées pour devenir des industries d’armes) en usines fabricant des produits dont on a besoin (retour à une autonomie pour les besoins nationaux par exemple).Comme c’est la première manne financière, il y a de gros pouvoirs en place pour la maintenir. Faudrait-il détruire les usines d’armement ? Prendre la violence contre la violence, ou de façon pacifique ? Même si c’est pacifique, il y aura une répression en face et donc de la violence à laquelle on va répondre, il faudra à un moment désarmer l’autre camp.

En Corse, on cherche maintenant plus l’autonomie que l’indépendance, avec la non violence. Ce n’est le fusil qui tue, c’est l’agressivité : commencer par apprendre à la gérer, ça fait partie de nous et on peut en faire quelque chose de constructif. Les États sont à la base de cette expansion agressive par des discours qui produisent des exclusions en interne et des ennemis en externe. On le voit actuellement où plus de gouvernements se rapprochent de l’extrême droite et développent le sentiment d’insécurité pour effectuer plus de contrôle. Il faudrait que quelques États adoptent cette démarche : déposer les armes, promulguer les visions du droit et les échanger, ce qui suppose de sortir de la crainte des autres.

Il y a un grand changement de mentalité à opérer par rapport aux armes, par exemple aux EU, Trump a assoupli la législation de l’armement malgré les tueries encore pour une question économique, et l’arme y est un droit fondamental. Leur réponse est toujours plus d’armes dans la logique où le respect est alimenté par la peur de l’autre (peur qu’il soit armé). Il y a aussi un marketing des armes : on offre une arme avec l’ouverture d’un compte, certaines sont ciblées pour les adolescent.e.s, l’apprentissage du tir fait partie de l’éducation, etc… La dimension politique est évidente : ça leur donne des personnes armées prêtes à défendre leur territoire en plus de l’armée.

Si un pays n’a pas d’armes, actuellement il est très vite dominé par un autre (exemple de la dissuasion nucléaire : certains pays l’interdisent à d’autres pour maintenir leur domination). La loi du plus fort c’est toujours ce qui domine et on s’appuie aussi dessus pour se protéger. Chaque nation pourrait avoir le droit de s’armer par rapport au nombre d’habitant.e.s, que ce soit équivalent et géré au niveau planétaire sur tous les territoires. Est-ce que l’arme nucléaire devrait aussi se démocratiser ? Puisqu’elle ne sera jamais abolie, ce serait un signe d’intelligence collective. Mais le risque est que ça fasse la même chose que les tueries aux EU, sauf que les dégâts seront bien pire et ça pourrait rapidement déclencher une guerre nucléaire et une destruction massive.

En Thaïlande, il y a une dictature militaire avec violation permanente des Droits de l’Homme à l’inverse des clichés liés au tourisme de diversité, de beauté et d’ouverture sexuelle. Il n’y a pas d’expression libre : on peut être arrêté si on critique le régime sur facebook, il y a de plus en plus de réfugiés politiques et de prisonniers avec une résistance durement réprimée. La monarchie thaïlandaise est très autoritaire (enlèvements, menaces, pauvreté, exploitation…). Avant 1939, le nom était Siam avant Thaï, c’était alors une dictature connue : seul le nom a été changé, pour camoufler les siamois qui restent au Nord et conservent le pouvoir : les siamois ne sont pas les thaïlandais mais ils l’occupent depuis plus de 50 ans. Le gouvernement était soutenu par les classes populaires avant le coup d’État de 2006 et il y avait une volonté plus démocratique. C’est pourquoi les classes aisées ont orchestré le coup d’État, la nouvelle constitution a réduit le pouvoir des classes populaires : un gouvernement élu par le peuple n’a plus de possibilité de se mettre en place, il va y avoir de nouvelles élections mais le gouvernement ne pourra pas élire le premier ministre. La constitution a été écrite par les militaires en 2006, et permet cette répression soutenue par les grandes puissances pour les ressources de pierres précieuses, là où beaucoup d’immigrés sont exploités et cela n’apporte rien à l’économie locale, c’est un enrichissement des oligarchies au niveau international. La question économique prévaut sur celle des droits humains (la France leur vend des armes) et les médias masquent cette réalité. Y aller en tourisme=soutenir ce régime en place, d’autant plus qu’il y a beaucoup de tourisme sexuel.

Carl Schmitt dit que ceux qui mènent la danse sont ceux qui gagnent la guerre (ça a été le cas après la seconde guerre mondiale) : c’est toujours celui/celle qui a la puissance qui va définir les droits des autres. Kant proposait une démocratie mondiale où chaque pays serait reconnu : pour qu’il y ait un ordre juste, il faut de la force. Hobbes proposait de désarmer tout le monde au profit du Léviathan qui aurait pour rôle de protéger les droits de chacun.e ; pour cela il faudrait une force mondiale qui comprenne dans ses membres tous les peuples (OTAN et ONU complètement à revoir) et fasse respecter ce qui a été défini avant (cf des droits choisis réellement de façon internationale et adaptables en fonction des cultures), donc soumis à la justice. Le problème d’une force militaire est qu’elle pourrait prendre le pouvoir n’importe quand, il faut qu’elle soit au service de la justice avec des gardes-fous clairs (notamment par la diversité de ses acteurs) : qui gardera les gardes ?

Les recherches sur l’armement coûtent des milliards pour faire plus de morts plus vite, sans aucune dimension éthique et de façon masquée : cela devrait être discuté démocratiquement. Les armes sont maintenant autorisées en France pour les sécurités privés, c’est donc un marché en extension. On rentre dans des cyber-guerres qui nous échappent encore plus et masquent les prises de décision, mais ce n’est pas pour autant que s’arrêtent les guerres directes et le grand pouvoir médiatique qui leur est associé.

Le fait d’avoir des armes n’empêche pas de se faire agresser et inversement : la Nouvelle Zélande a renoncé aux Armées, ce qui a débloqué 40% de son budget et permis de grandes évolutions sociales, écologiques et économiques. Quand on n’a pas d’arme, on ne représente pas de danger donc il n’y a pas d’agression (mais cela ne marche que pour les pays qui ne sont pas déjà colonisés). Le Traité de Westphalie s’est fait en Europe à un moment de guerres multiples : des solutions géopolitiques ont été trouvées, il faut que ce soit fait à égalité avec chaque pays (pas comme le Traité de Versailles qui n’était pas juste). Pour qu’une fraternité s’installe, ça passe souvent par un ennemi commun (on joue avec les passions), ce qui ce peut se faire au niveau international, sauf si on se créé un ennemi commun qui serait l’exploitation, la misère et la dégradation écologique.

 


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